Dar Bouazza : la fin des plages privées menace-t-elle l’attrait de la commune ?
Une plage privée à Dar Bouazza © DR
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Connue pour ses couchers de soleil spectaculaires, ses restaurants les pieds dans l’eau et son ambiance balnéaire prisée, la commune de Dar Bouazza traverse une phase de profond changement, avec la démolition récente de plusieurs plages privées dans le cadre d’une opération de libération du domaine public maritime.
Depuis plusieurs années, Dar Bouazza est devenue une échappatoire de choix pour les habitants de Casablanca. Chaque week-end, surtout en période estivale, des centaines de familles, de jeunes et de touristes locaux prenaient la route pour venir y passer quelques heures ou quelques jours au bord de l’Atlantique. Ce succès tenait en grande partie à un modèle balnéaire bien particulier : celui des plages privées.
Ces établissements, souvent installés à quelques mètres de la mer, offraient bien plus qu’un simple accès au sable : transats, restauration haut de gamme, soirées musicales, sécurité, activités pour enfants… le tout dans une ambiance conviviale et exclusive. Si leur légalité a souvent été remise en cause en raison de leur implantation sur le domaine public maritime, elles ont indéniablement contribué à faire de Dar Bouazza une destination incontournable du week-end.
Dar Bouazza : une économie saisonnière déstabilisée
La décision des autorités de démolir plusieurs de ces structures, pour restituer l’accès libre au littoral, change radicalement la donne. L’État entend réaffirmer le droit des citoyens à accéder librement à la mer, tout en mettant fin à l’anarchie foncière qui a marqué le développement de cette portion du littoral. Une démarche qui inquiète les acteurs économiques locaux.
Pour les restaurateurs et les exploitants de ces plages, c’est un coup dur. Nombre d’entre eux ont investi massivement dans des installations, souvent sans titres fonciers clairs, mais avec une certaine tolérance implicite. Ces plages représentaient une source importante de revenus, surtout en été. «Nous attirions une clientèle variée, de Casablanca, mais aussi de Mohammedia ou même de Rabat. C’est toute une économie saisonnière qui est aujourd’hui fragilisée», confie un gérant ayant vu son établissement démoli.
Les habitants de Dar Bouazza, appelés les «Darbistes», eux aussi s’interrogent. Pour beaucoup, ces plages représentaient des lieux de sortie à deux pas de chez eux, évitant les longs trajets vers Casablanca pour se détendre. «Ces établissements faisaient partie de notre quotidien. Aujourd’hui, on se sent un peu dépossédés», regrette un résident du quartier Tamaris.
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Le secteur immobilier en plein essor
Malgré cette reconfiguration du front de mer, le secteur immobilier de Dar Bouazza ne montre aucun signe de ralentissement. Contacté par LeBrief, un promoteur immobilier se veut rassurant : «La commune est en pleine expansion, c’est même une période de booste. Aujourd’hui, le prix du mètre carré peut atteindre jusqu’à 16.000 DH dans certains quartiers». Selon lui, les changements en cours s’inscrivent dans une vision de long terme visant à assainir l’urbanisme local et à préparer l’avenir.
Du côté des habitants, la prise de conscience est également bien présente. Beaucoup perçoivent cette vague de démolitions comme le début d’une transformation plus profonde, marquant la fin de certaines pratiques illégales et le début d’une nouvelle ère. Objectif ? Préparer Dar Bouazza à l’horizon 2030 avec une offre plus cohérente, plus qualitative et mieux intégrée au tissu urbain.
Toutefois, Dar Bouazza conserve d’autres atouts indéniables. Ses longues plages naturelles, ses spots de surf très fréquentés, ses écoles de sports nautiques, ses restaurants familiaux et son ambiance encore plus paisible que celle de la métropole voisine continuent d’attirer. Les promoteurs immobiliers l’ont bien compris, les projets résidentiels y foisonnent, séduisant ceux qui recherchent un cadre de vie plus calme sans trop s’éloigner de Casablanca.
Mais pour que la commune conserve son attractivité, un encadrement plus semble indispensable. La municipalité est appelée à revoir son modèle de développement. Le défi est de proposer des alternatives aux plages privées tout en valorisant le domaine public. Cela peut passer par l’aménagement de plages publiques de qualité, de zones de loisirs et d’espaces culturels.
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