Corruption : fin de partie pour Mohamed Karimine et Aziz El Badraoui

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Fin de partie pour Mohamed Karimine et Aziz El Badraoui : des peines de prison lourdes prononcéesL'homme d'affaires Aziz Badraoui et l'ancien parlementaire Mohamed Karimine © DR

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Le tribunal des crimes financiers de Casablanca a rendu son verdict dans une affaire qui aura tenu le pays en haleine pendant plus d’un an. L’ancien président du Raja de Casablanca, Aziz El Badraoui, et l’ex-député et président de la commune de Bouznika, Mohamed Karimine, ont été condamnés respectivement à 6 et 7 ans de prison ferme. Un troisième accusé, un ingénieur retraité, a écopé de 4 ans.

Un scandale mêlant politique, affaires et gestion publique

Tout commence en février 2024. À la suite d’une plainte déposée par des conseillers municipaux de Bouznika dénonçant une série d’irrégularités financières autour du contrat de gestion des déchets attribué à la société Ozone, dirigée par El Badraoui, la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) ouvre une enquête. Celle-ci révèle un schéma complexe mêlant conflit d’intérêts, surfacturations et abus d’influence.

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Au cœur du dossier : l’ancien président de la commune, Mohamed Karimine, surnommé « l’empereur de Bouznika », aurait facilité à son « ami » El Badraoui, également son associé dans une société d’exploitation de carrière, l’obtention de documents permettant à Ozone de réclamer une révision tarifaire favorable. Résultat : un jugement obtenu contre la commune elle-même, permettant à l’entreprise d’empocher indûment 20 M de DH.

Déférés une première fois en février 2024, Karimine et El Badraoui sont placés en détention préventive à la prison d’Oukacha, à Casablanca. Malgré un premier renvoi du juge d’instruction, le parquet décide d’élargir les charges retenues, notamment pour abus d’influence et détournement de fonds publics, en s’appuyant sur les articles 129, 250 et 252 du Code pénal.

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Le procès s’ouvre le 13 février 2025 devant la Cour d’appel de Casablanca. Lors de la première audience, El Badraoui, visiblement affaibli après plusieurs mois en détention, fait une apparition remarquée. Défendu par une équipe d’avocats dirigée par Me Mohamed Hissi, l’ancien président du Raja tente de convaincre le tribunal de son innocence. En vain.

Un verdict sans appel

Après des mois de débats, de témoignages et d’expertises comptables, la Cour a finalement tranché. Mohamed Karimine est reconnu coupable d’abus d’influence et de détournement de fonds publics. Il est condamné à 7 ans de prison ferme. Aziz El Badraoui, pour sa complicité active dans cette affaire, écope de 6 ans. Quant à l’ingénieur retraité, impliqué dans la validation des documents incriminés, il est condamné à 4 ans.

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Ce jugement marque une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption au sein des collectivités locales et de la gestion déléguée des services publics au Maroc. L’affaire Karimine–El Badraoui aura servi de révélateur d’un système opaque où connivence politique et intérêts privés se sont entremêlés au détriment des deniers publics.

À Bouznika, comme dans le monde du football, la nouvelle a provoqué stupeur et consternation. L’image de l’ancien président du Raja, jadis figure médiatique et entrepreneur prospère, désormais derrière les barreaux, reste un symbole fort de cette chute brutale.

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