Barrages : après six ans de sécheresse, le Maroc confronté à l’abondance de l’eau
Bassin de Sebou @ DR
A
A
A
A
Les barrages ne se limitent pas à une seule mission. Ils remplissent plusieurs fonctions stratégiques, rappelle Fouad Amraoui, hydrologue. Leur rôle principal consiste à stocker les eaux issues des crues des oueds afin de constituer des réserves mobilisables pour l’alimentation en eau potable, les usages industriels et l’irrigation agricole lorsque les ouvrages sont situés à proximité de périmètres irrigués.
L’hydrologue souligne également la fonction de protection contre les inondations. En période de fortes pluies, les barrages permettent de retenir les volumes excédentaires et de limiter l’impact des crues sur les villes et communes situées dans des zones topographiquement basses. À cela s’ajoutent la production d’énergie hydroélectrique, qualifiée de renouvelable et propre, ainsi que la régulation des écoulements de surface, favorisant la recharge des nappes phréatiques et la préservation des écosystèmes fluviaux.
Un pays marqué par six années de sécheresse sévère
Selon Fouad Amraoui, le contexte actuel ne peut être compris sans revenir sur les six années de sécheresse récurrente qu’a traversées le Royaume. Ces épisodes, marqués par des déficits pluviométriques annuels de 30 à 40%, ont fortement affecté les réserves hydriques nationales.
Jusqu’en septembre dernier, le taux de remplissage moyen des barrages ne dépassait pas 25%, une situation critique qui a contraint les autorités à gérer une rareté extrême de la ressource. Cette pénurie a entraîné une pression accrue sur les nappes phréatiques, devenues, selon l’hydrologue, « le seul recours disponible en dehors des barrages », au prix d’une surexploitation préoccupante.
Lire aussi : Barrages : les apports en eau dépassent 5,8 milliards de m³
La situation s’est radicalement inversée au cours des deux derniers mois. Fouad Amraoui fait état d’épisodes pluvieux intenses et quasi ininterrompus, touchant l’ensemble des bassins hydrauliques du pays. Ces pluies, parfois torrentielles, ont été observées notamment lors de l’ouverture de la saison, avec des précipitations marquées dans la région de Rabat Salé Kénitra.
Le résultat est spectaculaire. Les taux de remplissage des barrages se sont améliorés de manière significative, atteignant aujourd’hui près de 60% à l’échelle nationale, avec plus de 9 milliards de mètres cubes stockés, selon l’analyse de l’hydrologue.
Les barrages du Nord proches de la saturation
Les bassins du Nord figurent parmi les plus arrosés du pays et concentrent l’essentiel de cette abondance. Fouad Amraoui souligne que le barrage Al Wahda, le plus important du Royaume, affiche désormais un taux de remplissage avoisinant 86% à 90%, avec à lui seul près de 3 milliards de mètres cubes d’eau stockés.
Il précise que cet ouvrage reçoit actuellement jusqu’à 100 millions de mètres cubes par jour. Une situation qui oblige les gestionnaires à procéder à des lâchers d’eau contrôlés, d’autant plus que les transferts quotidiens, notamment via l’« autoroute de l’eau » reliant le Sebou au Bouregreg, restent très inférieurs aux volumes entrants.
Cette dynamique explique également, selon l’hydrologue, le niveau très élevé du barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, qui alimente la région de Rabat et se rapproche de sa capacité maximale. « Nous sommes passés d’une gestion de la sécheresse à une gestion de l’abondance », résume Fouad Amraoui. Un changement de paradigme qui impose une extrême prudence dans la décision d’ouverture des vannes, afin d’éviter des risques d’inondation dans certaines localités situées en aval des barrages.
Lire aussi : Barrages : les réserves atteignent 7,58 milliards de m³, un record depuis 2021
Cette situation, qualifiée d’exceptionnelle, illustre selon lui l’importance stratégique des interconnexions entre bassins et barrages, qui permettent de redistribuer l’eau excédentaire vers d’autres régions et de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, notamment pour les grands pôles urbains.
Au-delà de la gestion immédiate, Fouad Amraoui insiste sur la nécessité de tirer parti de ces périodes d’excès hydrique pour recharger les nappes phréatiques. Ces dernières ont fortement souffert ces dernières années du manque de précipitations et de la surexploitation. Il plaide également pour l’élaboration de cartes d’inondabilité des villes, afin d’anticiper les risques et d’adapter les infrastructures urbaines, notamment les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et les canaux de délestage.
Si les chiffres officiels confirment une nette amélioration du taux de remplissage des barrages à l’échelle nationale, Fouad Amraoui rappelle que cette abondance ne doit pas conduire à un relâchement. Dans un contexte de changement climatique marqué par une alternance de sécheresses sévères et d’épisodes pluvieux extrêmes, la gestion de l’eau doit rester anticipative, intégrée et territorialisée.
Société - La France interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Maroc doit-il suivre cet exemple ? Bénéfices, risques et limites d’une telle mesure à la lumière de l’expertise de Imane Kendili, psychiatre addictologue.
Ilyasse Rhamir - 2 février 2026L’aéroport international de Marrakech-Menara a franchi en 2025 pour la première fois le cap des 10 millions de passagers, enregistrant une hausse de 10,09% par rapport à l’année précédente, selon le bilan de l’Office National des Aéroports (ONDA).
Wissal Bendardka (stagiaire) - 2 février 2026Société - Le port espagnol de Tarifa a de nouveau suspendu, lundi, ses connexions maritimes avec Tanger, en raison des intempéries et de la dégradation des conditions météorologiques dans le détroit de Gibraltar, ont indiqué les autorités portuaires de la baie d’Algésiras.
El Mehdi El Azhary - 2 février 2026Société - En raison des dégâts constatés et des risques liés aux récentes intempéries, les cours ont été suspendus dans plusieurs régions.
Mouna Aghlal - 2 février 2026Société - Tanger devient la ville la plus chère du Maroc, dépassant Casablanca, Rabat et Marrakech, selon Numbeo.
Mouna Aghlal - 2 février 2026À l’occasion de la Saint-Valentin, le Groupe Kenzi Hotels invite les couples à vivre des instants d’exception à travers ses établissements emblématiques.
Wissal Bendardka (stagiaire) - 2 février 2026Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.
Hajar Toufik - 8 octobre 2025Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.
Sabrina El Faiz - 12 avril 2025Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.
Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !
Sabrina El Faiz - 23 août 2025Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.
Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !
Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025