Aïd Al-Adha : où en sont les prix des légumes, fruits et viandes ?
Des acheteurs devant un étal de légumes © FADEL SENNA / AFP
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À 48 heures de Aïd Al-Adha, chaque dirham compte, même si le roi Mohammed VI a invité les Marocains à s’abstenir du sacrifice rituel. Une chose est certaine : cette fête sera célébrée. Comme à l’accoutumée, les citoyens surveillent de près leur portefeuille, car la tendance inflationniste des prix sur les marchés se poursuit. Le dernier bulletin hebdomadaire des prix de gros des fruits, légumes et viandes rouges à Casablanca en témoigne. Selon cette note, les prix affichent une évolution contrastée entre les fruits et les légumes, avec à la fois des hausses spectaculaires et quelques signes d’accalmie.
Dans la catégorie des légumes, les prix semblent s’être stabilisés. Les tomates, produit de base dans l’alimentation marocaine, s’échangent entre 2,50 et 8,50 dirhams le kilo, une amplitude justifiée par la diversité de la qualité et de l’origine des produits. D’autres légumes essentiels, comme les carottes (1,50 à 3,30 DH/kg), les pommes de terre (2,00 à 3,80 DH/kg) ou encore les oignons blancs (1,20 à 3,00 DH/kg), restent dans des fourchettes de prix relativement accessibles pour les ménages.
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La courgette (2,00 à 3,80 DH/kg) et le chou-fleur (2,00 à 3,00 DH/kg) affichent une stabilité relative, sans hausse alarmante. Il en va de même pour le concombre (2,00 à 3,00 DH/kg).
Cependant, certains légumes restent nettement au-dessus de la moyenne. C’est notamment le cas de la citrouille, dont le prix atteint 7,00 DH/kg, ou encore des aubergines, plafonnant à 4,50 DH/kg. Ces niveaux de prix plus élevés peuvent s’expliquer par une production réduite ou des contraintes logistiques.
Les fruits s’envolent : l’avocat atteint des prix records
À l’inverse, le segment des fruits enregistre des hausses plus marquées, avec des écarts notables entre les prix plancher et plafond. Le cas le plus frappant reste celui de l’avocat, dont le prix peut atteindre 37,00 DH/kg. En dépit d’une production nationale en augmentation, la forte demande sur les marchés intérieur et international, combinée à une récolte inférieure aux prévisions, a contribué à cette flambée des prix.
Les fraises, très prisées à cette période de l’année, affichent des prix allant de 13,00 à 23,00 DH/kg, une fourchette qui reflète à la fois les productions locales et les volumes exportés vers l’Europe. La pastèque, fruit emblématique de la saison chaude, se vend entre 3,00 et 5,00 DH/kg, signe que les premières récoltes en provenance du sud commencent à arriver sur les étals.
En revanche, certains fruits demeurent relativement abordables. C’est le cas de l’orange locale (2,50 à 3,50 DH/kg) ou encore de la pomme locale (5,00 à 7,00 DH/kg). Ces prix modérés favorisent un accès plus large pour les consommateurs, malgré la pression persistante sur le pouvoir d’achat.
Les bananes locales (8,00 à 11,00 DH/kg) et les pommes importées (10,00 à 12,00 DH/kg) restent un poste de dépense important pour les familles. Ces niveaux de prix s’expliquent notamment par les coûts d’importation et les frais liés à la conservation.
Une flambée des prix de la viande
Au bas de l’affiche, le marché de la viande connaît également des tensions. Le prix du bœuf varie entre 87,00 et 110,00 DH/kg, tandis que celui de la viande ovine atteint 120,00 à 135,00 DH/kg. Cette flambée des prix s’explique par l’afflux des Marocains vers les boucheries, suite à l’annulation du rite sacrificiel.
Il faut également noter qu’aucun dispositif réglementaire n’a été mis en place par les autorités compétentes. Sans oublier la fermeture des abattoirs, ce cocktail laisse le champ libre à la spéculation. Une situation préoccupante, notamment pour les ménages, dont le pouvoir d’achat se retrouve encore davantage fragilisé.
Le marché de gros de Casablanca reste un baromètre précieux de l’économie agricole nationale. Les prix enregistrés dans son dernier bulletin soulignent l’importance de maintenir un équilibre entre le soutien à la production et l’accessibilité pour les ménages. Face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés, des solutions structurelles sont indispensables pour préserver la sécurité alimentaire et le pouvoir d’achat.
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