Tunisie : Sonia Dahmani à nouveau condamnée à deux ans de prison
L’avocate tunisienne Sonia Dahmani a de nouveau été condamnée, lundi 25 mai, à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis, a indiqué son avocat. Cette nouvelle décision fait suite à des propos tenus à la radio en 2023, dans lesquels elle critiquait la situation dans les prisons tunisiennes.
L’affaire a été engagée après une plainte de l’Administration générale des prisons. Sonia Dahmani, qui avait été libérée fin novembre après plus de 18 mois de détention, demeure actuellement en liberté conditionnelle. Son avocat a annoncé avoir interjeté appel de cette cinquième condamnation.
Figure critique du pouvoir en Tunisie, Sonia Dahmani a déjà été condamnée à quatre reprises, avec des peines allant d’un à deux ans de prison.
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Des poursuites sur fond de déclarations ou publications dans les médias
Ces poursuites concernent toutes des déclarations ou publications dans les médias. Elle avait d’abord été sanctionnée pour des propos jugés offensants sur le racisme en Tunisie, puis pour avoir ironisé à la télévision sur les migrants subsahariens. En avril, elle avait encore été condamnée pour avoir dénoncé l’existence de cimetières et d’autobus réservés aux personnes noires dans certaines régions du pays.
L’avocate était devenue un symbole des poursuites visant des voix critiques après son arrestation en direct sur France 24 en mai 2024. Son dossier est examiné au titre du décret 54 sur les « fausses informations », un texte promulgué par le président Kaïs Saïed et régulièrement contesté par les défenseurs des droits humains. Ces derniers estiment qu’il sert à poursuivre des journalistes, avocats et opposants.