Le Lenacapavir déjà sous tension face à la demande en Afrique
En Eswatini, le Lenacapavir, une injection préventive contre le VIH administrée deux fois par an, suscite une demande supérieure aux stocks disponibles. Premier pays africain à l’avoir déployé à grande échelle après une phase pilote lancée entre décembre 2025 et février 2026, le royaume d’Afrique australe ne couvre encore qu’une part limitée des besoins, alors que les populations les plus exposées restent difficiles à atteindre.
Kenya : premières injections d’un nouveau traitement prometteur contre le VIH en mars
Le ministère de la Santé indique qu’environ 3.000 personnes ont déjà reçu ce traitement dans 27 sites de distribution, après une première expérimentation sur cinq sites. Mais le stock initial est presque épuisé, dans un pays qui affiche la prévalence du VIH la plus élevée au monde, avec près de 220.000 personnes vivant avec le virus, soit 23,4% de la population selon les estimations des Nations unies.
Une montée en puissance du Lenacapavir freinée par l’offre
Les autorités sanitaires eswatiniennes assurent vouloir élargir la distribution dès que de nouveaux approvisionnements seront disponibles, sans avancer de calendrier précis. Environ deux tiers des bénéficiaires actuels sont des femmes, avec une forte présence de jeunes et de jeunes adultes, des groupes particulièrement exposés dans plusieurs pays d’Afrique australe.
Sur le terrain, les organisations de santé relèvent toutefois un écart important entre la promesse de cette prévention de longue durée et sa disponibilité réelle. Dans les quartiers précaires et les bidonvilles, où les risques d’exposition au VIH sont souvent plus élevés, l’accès aux soins, au dépistage et au suivi médical demeure plus compliqué. Cette situation alimente la crainte d’une diffusion inégale du traitement, au bénéfice d’une minorité déjà insérée dans le système de santé.