Au Tchad, les violences conjugales demeurent largement tolérées

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Au Tchad, les violences conjugales restent un phénomène massif et encore largement admis dans une partie de la société, selon des données récentes d’opinion et des statistiques sanitaires de référence. Le pays d’Afrique centrale, confronté à de fortes inégalités entre les sexes, cumule aussi des niveaux élevés de mariages précoces et de violences faites aux femmes.

Une enquête démographique et de santé menée en 2014-2015 indique que trois femmes sur 10 âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, tandis que plus de deux sur 10 déclarent avoir été victimes de violences sexuelles. Dans le même temps, moins de la moitié des Tchadiens estiment que la violence au sein du couple n’est jamais justifiée, ce qui met en lumière la persistance de normes sociales permissives.

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Les violences conjugales au Tchad, entre poids des normes sociales et défi public

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de vulnérabilité des femmes et des filles au Tchad. Le pays figure parmi ceux où le mariage des enfants demeure très répandu : près de deux tiers des filles y sont mariées avant 18 ans. Ces unions précoces renforcent souvent la dépendance économique, limitent l’accès à l’éducation et réduisent les possibilités de recours pour les victimes de maltraitance.

Au-delà des chiffres, le problème pose à la fois une question de santé publique et de droits humains. Les conséquences touchent la santé physique et mentale, la scolarisation, l’autonomie financière et la participation des femmes à la vie sociale. Dans un pays où les services de protection restent inégalement accessibles entre zones urbaines et rurales, le signalement des abus demeure difficile et les mécanismes de prise en charge restent souvent insuffisants.

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