Sénégal : une nouvelle direction pour maîtriser la dette

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Sénégal : le gouvernement veut renouer avec le secteur privéLe drapeau du Sénégal © DR
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Le Sénégal a nommé un banquier à la tête de sa nouvelle structure de gestion de la dette publique, dans un contexte où le pays cherche à reprendre la main sur un endettement estimé à 132% du PIB. Par décret présidentiel, Babacar Touré, ex-dirigeant d’Afrika Banque Sénégal, a été placé le 11 juin à la tête de la Direction générale des financements et de la dette, un organe unique appelé à centraliser une mission jusqu’ici dispersée entre plusieurs administrations.

Le profil de Babacar Touré tranche avec celui des hauts fonctionnaires habituellement chargés des finances publiques. Après dix ans passés au sein d’Afrika Banque Sénégal, dont plus de trois ans à la direction, il arrive avec une expérience du secteur privé considérée comme un atout dans la relation avec les créanciers et les marchés.

Pour plusieurs observateurs, ce choix traduit une inflexion assumée de la stratégie sénégalaise. L’économiste Seydina Alioune Ndiaye, selon RFI, y voit un message adressé aux banques et aux partenaires internationaux. La création de cette direction unique vise en effet à améliorer la lisibilité, la coordination et le suivi des engagements financiers de l’État.

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Une autorité unique pour gérer la dette

Jusqu’à présent, la chaîne de gestion de la dette publique était éclatée entre quatre entités distinctes : la Direction de la dette publique, la Direction de l’ordonnancement des dépenses publiques, la Direction de la coopération économique et financière et le Comité national de la dette publique. Rattachées à différentes tutelles, ces structures rendaient plus complexe la compilation des données, la surveillance des risques et la conduite d’une politique cohérente d’emprunt et de remboursement.

Avec ce nouvel organe, le Sénégal se rapproche également d’une vieille recommandation de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, formulée dès 2007, qui appelait les États membres à confier la dette à une autorité unique afin de garantir une gestion plus rigoureuse des finances publiques. Cette orientation a ensuite été reprise par le Fonds monétaire international, qui en avait renouvelé le principe de 2023.

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