Dangote investit 2,5 milliards de dollars dans une usine d’engrais en Éthiopie

Temps de lecture :
Dangote investit 2,5 milliards de dollars dans une usine d’engrais en ÉthiopieAliko Dangote © DR
A A A A A

Le groupe Dangote a annoncé, jeudi 28 août, la signature d’un accord avec Ethiopian Investment Holdings (EIH), principal fonds souverain d’Afrique, pour la construction d’une usine d’engrais à Gode, dans le sud-est de l’Éthiopie. Ce projet, estimé à 2,5 milliards de dollars, prévoit une capacité annuelle de 3 millions de tonnes. Dangote détiendra 60% du capital, contre 40% pour l’État éthiopien.

Selon le Premier ministre Abiy Ahmed, cette future unité devrait contribuer à renforcer l’autosuffisance agricole du pays et à réduire sa dépendance aux importations d’engrais.

Reproduire le modèle nigérian en Éthiopie

Avec ce projet, Aliko Dangote ambitionne de répliquer en Éthiopie le modèle déjà lancé au Nigeria. Son usine d’urée de Lekki, alimentée par 100 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour, affiche une production annuelle de 3 millions de tonnes, couvrant 65% des besoins nigérians et permettant des exportations vers l’Afrique de l’Ouest.

La construction de l’usine éthiopienne devrait s’étaler sur 40 mois. Aucun calendrier précis n’a pour l’instant été annoncé, mais l’accord prévoit un approvisionnement en gaz depuis les champs voisins de Calub et Hilala, découverts dans les années 1970.

Le défi de l’approvisionnement gazier

Ce point demeure toutefois le maillon faible du projet. Le développement de ces gisements a longtemps stagné, notamment après le retrait, il y a trois ans, de la société chinoise Poly-GCL, incapable de respecter ses engagements en matière de production de gaz naturel liquéfié. Des retards d’exécution et des difficultés de financement avaient alors freiné l’exploitation des réserves.

La construction de l’usine d’urée suppose donc de relancer le développement de ces champs gaziers stratégiques. Pour Aliko Dangote, cet investissement s’inscrit dans la recomposition de son empire, désormais recentré sur trois pôles : la raffinerie de Lekki, les engrais et la pétrochimie.

Recommandé pour vous

Or : l’Afrique de l’Ouest à l’épreuve du repli des cours

Le recul de l’or commence à peser sur les redevances minières en Afrique de l’Ouest. Les nouvelles règles fiscales renforcent la rente publique, mais restent exposées aux cours.

Minerais critiques : Washington et Pékin lorgnent les ressources ouest-africaines

Riches en minerais critiques, les pays d’Afrique de l’Ouest attirent les convoitises de Pékin et de Washington, engagés dans une compétition croissante.

Croissance économique : l’Afrique face à la menace climatique

La BAD alerte qu’un nouvel épisode d’El Niño pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars à l’Afrique et réduire de 2% le PIB des pays les plus touchés.

Chine-Afrique : les investissements explosent en 2026

Les investissements de la Chine en Afrique ont bondi de 254% au premier semestre 2026, confirmant le rôle stratégique du continent dans le Nouvelle route de la soie.

Moody’s confirme la solidité financière de la BOAD

Moody's confirme la note Baa1 de la BOAD avec perspective stable, confortant sa capacité à financer son plan stratégique 2026-2030 de 6.500 milliards de FCFA.

Gazoduc Maroc-Nigeria : le projet entre dans sa phase de structuration financière

Le Maroc ouvre des discussions avec l'US EXIM Bank et la Banque mondiale pour financer le Gazoduc Maroc-Nigeria, un projet régional de 26 milliards de dollars.
pub