Or : l’Afrique de l’Ouest à l’épreuve du repli des cours

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Or : le repli des cours commence à mettre à l’épreuve la rente des États ouest-africainsL'or © DR
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Le recul des cours de l’or commence à se répercuter sur les recettes minières des États d’Afrique de l’Ouest, après plusieurs années de hausse ayant encouragé plusieurs pays producteurs à renforcer leur fiscalité sur le métal jaune. Les redevances, directement liées à la valeur des ventes, constituent l’un des principaux mécanismes utilisés pour accroître la part de la rente minière captée par les finances publiques.

Le cas d’Endeavour Mining fournit un premier indicateur de cette évolution. Le groupe canadien a déclaré, jeudi 30 juillet, avoir versé 118,2 millions de dollars de redevances aux États où il opère en Afrique de l’Ouest au deuxième trimestre 2026, contre 125,2 millions au trimestre précédent. Le montant reste supérieur aux 103 millions de dollars enregistrés au quatrième trimestre 2025, mais marque une inflexion après plusieurs trimestres de progression.

Cette évolution intervient dans un contexte de correction des prix de l’or. Le prix moyen réalisé par Endeavour est passé de 4.810 dollars l’once au premier trimestre à 4.348 dollars entre avril et juin. Cette baisse a pesé sur le chiffre d’affaires du groupe et, mécaniquement, sur les montants de redevances calculés à partir de la valeur des ventes.

L’impact varie toutefois selon les régimes fiscaux. En Côte d’Ivoire, où Endeavour exploite notamment Ity et Lafigué, la réforme entrée en vigueur en 2025 prévoit une redevance de 8% lorsque le prix moyen de l’or dépasse 2.000 dollars l’once. Le recul des cours réduit donc la base taxable, sans entraîner de baisse du taux tant que le prix reste au-dessus de ce seuil.

Lire aussi : Au Ghana, la réforme des redevances sur l’or fragilise confiance et investissements

Des perspectives incertaines

Au Burkina Faso, le dispositif est davantage sensible aux fluctuations du marché. Le régime progressif prévoit notamment un taux de 8% à partir de 3.000 dollars l’once, augmenté d’un point pour chaque tranche supplémentaire de 500 dollars. Une baisse suffisamment importante peut ainsi réduire simultanément la valeur des ventes et le taux applicable.

Cette situation illustre une limite des réformes engagées par plusieurs producteurs ouest-africains durant le cycle haussier de l’or. Si elles ont permis aux États de mieux capter la rente lorsque les prix étaient élevés, leurs recettes restent exposées à une éventuelle correction durable du marché.

Vendredi 31 juillet, l’or évoluait autour de 4.100 dollars l’once. Les perspectives restent néanmoins incertaines, entre le soutien potentiel des achats des banques centrales et des anticipations de prix nettement plus élevés en fin d’année. Pour les États producteurs, l’évolution des cours sera donc déterminante pour mesurer la capacité des nouvelles règles fiscales à sécuriser durablement les recettes minières.

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