Le don d’organe : entre contraintes techniques et attentes sociales
Une table ronde a été organisée par le Syndicat des médecins du secteur libéral de la région Beni Mellal-Khénifra, en collaboration avec des juristes, des sociologues, des théologiens, des chirurgiens de la transplantation d’organes. Cette rencontre, tenue le 29 juin 2022, a connu la participation du wali de la région, Khatib El Hebil, sur le thème « Don et Transplantation d’Organes : Approche médicale, juridique, théologique et sociologique ».
La finalité du don, c’est de protéger l’humain en nous, comme le soulignait le sociologue français Marcel Mauss : «Donner ce n’est pas d’abord donner quelque chose, c’est se donner dans ce que l’on donne».
Le don de soi est, et devrait être consubstantiel à toute pratique humaine. Ceci se traduit bien dans les faits en pratique médicale et chirurgicale.
Le don a une forme de prestige ou d’honneur dans le fait de savoir donner. De même que recevoir doit s’accompagner d’humanité et d’un savoir-rendre, une sorte d’équivalent du don reçu.
L’homme est un animal économique et social qui sait calculer rationnellement ses intérêts. Mais il doit répondre à une triple obligation morale : donner, recevoir et rendre. Car au-delà de la dimension économique et sociale de cette triple obligation, il y a une force symbolique du don.
C’est la recherche de cet équilibre qui a motivé les prises de parole des médecins experts, des juges, des sociologues, théologiens, et des représentants de la société civile au cours de ce débat. Mais au-delà de cet équilibre, certaines interrogations ont émergé au cours de la discussion, malgré que la question du don de sang, des tissus et des organes ait été étudiée, débattue et codifiée, aussi bien du point de vue médical, juridique, religieux et social. www.sante.gov.ma
Pour mieux cerner le sujet, étudions-le à partir des données de la dialyse pour insuffisance rénale chronique. Au Maroc, il y a eu 32.000 dialysés en 2020, pour un total de 400 centres d’hémodialyse répartis dans tout le Royaume. La dialyse absorbe un tiers des dépenses de l’Assurance maladie obligatoire. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale consacre 25 millions de DH pour le partenariat public privé en matière de dialyse. Et les prévisions tablent sur environ 48.900 dialysés et 550 centres de dialyse à l’horizon 2030. Ces chiffres exigent une adoption urgente de stratégies de prévention et le développement de la transplantation rénale, sinon ces dépenses avoisineraient les 200.000 DH par an et par dialysé, que l’état devra continuer à débourser.
Pour étayer le sujet, il faut se pencher sur la différence entre les chiffres du Maroc et de l’Espagne, ce denier étant le leader mondial du don et de la greffe rénaux, grâce à la création de son centre national de la transplantation en 1989. Ce pays ibérique compte 40 donneurs prélevés et plus de 100 greffes par million d’habitants et par an.
Le don et la maladie constituent un « fait social total », car ils intéressent, chacun à sa manière, différentes dimensions de la société. Un des principaux objets d’étude de la sociologie de la santé est justement l’impact de la vie sociale sur le taux de mortalité et vice versa.
L’insuffisance rénale chronique constitue une pathologie qui tue à petit feu, en engrangeant d’importantes dépenses de santé, pour le patient et pour la société. Le fait de promouvoir la greffe rénale, et par conséquent la culture du don d’organes, constitue une stratégie vers la voie de l’excellence dans la prise en charge de cette affection.
Les soins de santé primaires ont joué un rôle important pour l’éradication de plusieurs maladies, malgré une certaine recrudescence de pathologies qu’on croyait disparues à jamais. C’est pour cela que l’on doit s’orienter vers une médecine prédictive, qui, en s’intéressant aux personnes en apparente bonne santé, en utilisant l’intelligence artificielle (IA), et en se basant sur des analyses scientifiques, permettrait de détecter les signes avant-coureurs d’une pathologie future et d’y répondre en amont.
Après une discussion animée, et après avoir entendu des témoignages touchants de personnes qui ont profité de la transplantation rénale et ceux qui sont en dialyse et en attente de don d’organe, des recommandations ont été proposées à la clôture de cette réunion. Ces suggestions vont toutes dans le sens d’une prise de conscience collective de l’importance du don d’organes et l’engagement des médecins, des juristes, des sociologues, et de la société civile afin de continuer à rechercher les moyens pour dépasser les difficultés techniques, juridiques et sociétales qui ralentissent l’évolution de cette pratique.
Les organisateurs ont saisi cette occasion pour retenir certaines recommandations qu’ils ont jugées importantes et qui peuvent faire l’objet d’un prochain débat. Il s’agit notamment de :
- 1. L’activation des recommandations du conseil consultatif du don d’organes et des tissus et de l’étude des connaissances scientifiques, juridiques et légales des pays pionniers dans la transplantation d’organes. Et examiner aussi leurs techniques de prélèvement, de transport et d’acheminement des organes prélevés ;
- 2. La promotion des études et des recherches socio-culturelles sur le don d’organes pour déterminer les causes qui poussent la population à refuser le don de sang, d’organes et de tissus ;
- 3. La création, au sein des centres hospitaliers régionaux, de services dédiés aux formations sur les techniques de prélèvement, conservation et transport d’organes, parallèlement à la mise en place de services bio-médicaux. Ceci rentrerait dans le cadre du chantier de la régionalisation avancée ;
- 4. La motivation de jeunes chirurgiens à se former aux techniques de transplantation d’organes ;
- 5. Le recours à une communication médicale adaptée au don d’organes, tout en sensibilisant les enseignants, les parents, les élèves et la société civile sur l’importance de cette pratique ;
- 6. Recommander la médiatisation sur le sujet, sur tous les supports médiatiques, et y consacrer des émissions afin de lutter contre des croyances et des messages non fondés véhiculés par des films « étranges » et étrangers à notre culture ;
- 7. La programmation de journées « portes ouvertes » sur le don d’organes, des tissus et du sang dans les hôpitaux régionaux et universitaires du Royaume.
Une porte vient effectivement d’être ouverte sur une réflexion courageuse concernant le don d’organes.
La religion musulmane est favorable au Don : Don de soi, don de ses biens, le partage et le respect de la vie. D’ailleurs, Aïd Al Adha n’est-il pas la symbolique par excellence du don. Le « don divin » visant à sauver l’humain !
Le prélèvement et le don d’organes sont bien codifiés du point de vue moral, juridique, éthique et déontologique. Espérons que d’ici au 17 octobre 2022, journée mondiale du don d’organe, le sujet saura sonder l’humain qui est en nous, et que certaines recommandations proposées deviennent effectives.
Et peut-être que ceux qui sont volontaires viennent remplir les formulaires juridiques nécessaires et réclamer une carte de donneur d’organes, document que l’on doit avoir sur soi comme la carte nationale et la carte du groupe sanguin.
Lire aussi : D’une crise sanitaire à une autre !
Elle est également confrontée aux défis économiques et sociaux d’un pays. Ses contraintes, notamment en termes d’approvisionnement, répercutent d’autant plus vite sur la conduite d’autres secteurs, qu’elle est peu ou prou stockable et la demande varie considérablement au fil du temps. Dans cet article, on abordera sa problématique en Mauritanie sous trois aspects : importance stratégique du secteur de l’électricité; facteurs influençant la demande; défis. Importance stratégique de l’électricité L’électricité est d’une importance vitale pour la vie quotidienne des sociétés…
Par Cheikh Ahmed ould Mohamed, Ingénieur, chef du service Etudes et développement de l’établissement portuaire de la Baie du repos de Nouadhibou en Mauritanie.Une cruelle année 2025 s’est achevée ! Nos pensées vont au grand peuple sénégalais, peuple de foi, à celui déchirant de Gaza, à tous les peuples qui cherchent des poubelles pour manger et qui ne trouvent que des débris d’ogives ou des discours creux aux voix politiques ventrues. Nous pensons aussi à ces milliers d’enfants mourants. On sait de quoi sera enceinte 2026 : de sang, d’excès de pouvoir, de rage de conquêtes, de spoliations, de bave raciale, de risques…
Par Amadou Lamine Sall, Poète, lauréat des Grands Prix de l’Académie française, Grand-Croix de l’Ordre du Mérite du Sénégal.Quel sens peut avoir la défense de la nature si l’être humain lui-même est effacé de l’équation ? C’est un cri lancé à la face d’un monde qui a perdu sa boussole morale. Car l’environnement ne commence pas avec les arbres et ne s’achève pas avec les autres formes de vie, il commence par l’être humain lui-même. Tout discours environnemental qui ignore l’extermination, la faim et la privation forcée perd sa substance et se transforme en un exercice technique froid,…
Par Mohammed Tafraouti, Activiste environnemental, spécialiste des questions oasiennes et du développement durableLongtemps perçu comme un indicateur technique réservé aux spécialistes, le taux de change s’impose aujourd’hui comme un déterminant central de la confiance des investisseurs et de la stabilité macroéconomique. Dans une économie de plus en plus ouverte, la valeur du dirham ne se limite pas à un simple rapport de conversion entre monnaies. Elle influence directement la compétitivité des entreprises, le coût des importations, la rentabilité des projets d’investissement et, in fine, la trajectoire de croissance du pays. Mais au-delà…
Par Houda Zouirchi, Professeure, HEC Business School RabatLe Centre des applications de la télédétection (CRSA) de l’Université Mohammed VI polytechnique a analysé cet événement exceptionnel à l’aide d’images satellitaires, de mesures de terrain, de modèles physiques et d’algorithmes d’intelligence artificielle, afin de fournir une évaluation précise des quantités de neige et de leur rendement hydrique. Principaux résultats Les images satellitaires ont révélé qu’une superficie de 46.148 km² était couverte de neige le 18 décembre 2025. Les mesures de terrain effectuées à la station d’Oukaïmeden (2.600 m) le…
Par Mohammed Tafraouti, Écologiste Marocain, Président du Centre Perspectives Environnemental Pour l'information et Développement.Quel bilan peut-on faire de l’existence de cette institution nationale et de sa gestion par les mêmes responsables depuis 18 ans ? Pour ce faire, nous partirons des attributions et cahier de charges du CCME fixés par le dahir royal n°1-07-208 du 21 décembre 2007 portant création du Conseil. La mission est double : Elle est d’abord consultative, avec l’élaboration d’avis consultatifs sur tout ce qui touche au vaste domaine multidimensionnel de la communauté marocaine établie à l’étranger. Elle est…
Par Abdelkrim Belguendouz, Universitaire a Rabat, chercheur en migrationIl est un principe démocratique fondamental, une règle solide dans tout système qui se réclame de la représentativité : chaque dirham de deniers publics doit être soumis à l’obligation de reddition politique. C’est le socle. Sur cette base, plusieurs distinctions s’imposent : Une entreprise médiatique lucrative n’est pas une association caritative. Un soutien public n’est pas un droit acquis. La liberté d’expression garantit le droit de s’exprimer, pas celui d’être financé par l’argent public. Dès lors, la demande formulée par un…
Par Nabil Adel, Membre du conseil national du mouvement populaire.« L’IA n’est pas une menace, mais un levier. Elle nous aide à mieux comprendre nos clients et à anticiper leurs besoins », explique Fatima Zahra El Mernissi, directrice RH dans une grande entreprise de télécommunications à Casablanca. Les promesses d’un management augmenté Dans les services RH, les logiciels d’analyse prédictive aident déjà à repérer les talents les plus adaptés à un poste ou à détecter les risques de départ. Certains dirigeants s’appuient sur des tableaux de bord alimentés par…
Par Safaa Makati, Professeur chercheur, responsable pédagogique de la filière comptabilité finance et contrôle à l'ISGACependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit
