Épargne : en manque de confiance, les Marocains renforcent leur bas de laine

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

Compte sur carnet

A
A
A
A
A

Deux produits tirent un grand bénéfice du contexte actuel : le compte courant et le compte sur carnet. Le premier affiche un encours de 615 milliards de DH en hausse de 9,2% sur un an alors que le compte sur carnet a accumulé 4 milliards de DH supplémentaires sur un an pour atteindre 169 milliards de DH. Il est clair que les ménages les plus modestes dont les revenus ont significativement chuté en raison de la crise sont davantage dans une posture d’aller puiser dans leur bas de laine pour tenir le temps que l’économie redémarre. Pour le reste, tant que la visibilité ne sera pas meilleure, la consommation restera grippée, soutenant la hausse de l’épargne.

Dans une année où les finances des Marocains ont été mises à rude épreuve par la crise sanitaire entrainant des réductions, des baisses et des pertes de revenus, difficile de mettre de l’argent de côté.

Questionnés au deuxième trimestre, en pleine vague de la crise sanitaire, seulement 14,8% des ménages s’attendaient à épargner au cours des douze prochains mois. Trois mois plus tard, ils étaient moins nombreux, soit 12,4% à indiquer être capable d’épargner. Toutefois, les placements dans les produits de masse ont plutôt bien résisté.

L’argent qui dort sur les comptes

Le compte sur carnet a accumulé 4 milliards de DH supplémentaires sur un an pour atteindre 169 milliards de DH à fin octobre. Le premier placement des Marocains, qui n’en est vraiment pas un, consiste à laisser dormir l’argent sur le compte courant. Les avoirs dans les comptes chèques et comptes courants totalisaient 615 milliards de DH à fin octobre contre 563 milliards de DH à la même période en 2019. Le confinement puis le maintien du couvre-feu dans certaines villes, une activité économique au ralenti limitent les occasions de consommer.

Baisse des dépenses et manque de perspectives

Les dépenses des ménages étaient encore en baisse au troisième trimestre selon les dernières statistiques disponibles. Cela se voit aussi sur l’évolution du crédit à la consommation. La production de crédit à la consommation a chuté de 24,7% sur les neuf premiers mois de l’année. Les incertitudes qui entourent les perspectives économiques ne favorisent pas les dépenses, les ménages préférant renforcer leur bas de laine pour affronter la conjoncture. Avant la pandémie, les ménages évoquaient régulièrement la crainte du chômage. Ceci s’est renforcé compte tenu de la violence de la crise et des dégâts causés sur le marché du travail. Le taux de chômage a atteint 12,7% au troisième trimestre. La reprise lente de l’activité entrainerait encore des destructions d’emplois dans les mois à venir.

Au niveau des autres produits de placement, la collecte de l’assurance-vie reste stable par rapport à 2019. Certains particuliers ont profité de la chute de la Bourse en mars pour acquérir des actions à des prix très bas. Aujourd’hui, s’ils décidaient de se retirer, ils empocheraient des gains non négligeables en fonction des titres.

Une analyse plus fine donnerait une meilleure lecture du comportement d’épargne des ménages en 2020. Il est clair que les ménages les plus modestes dont les revenus ont significativement chuté en raison de la crise sont davantage dans une posture d’aller puiser dans leur bas de laine pour tenir le temps que l’économie redémarre. Pour le reste, tant que la visibilité ne sera pas meilleure, la consommation restera grippée, soutenant la hausse de l’épargne.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Le Maroc mise sur le gaming pour faire émerger des licornes

Économie - Le Maroc renforce sa stratégie dans le gaming marocain pour faire émerger des licornes technologiques. Les enjeux à connaître en un coup d’œil.

Ilyasse Rhamir - 21 mai 2026
Engrais phosphatés marocains : le Congrès américain relance le débat sur les droits compensateurs

Économie - Le Congrès américain examine la suppression des droits sur les engrais phosphatés marocains.

Ilyasse Rhamir - 21 mai 2026
Tanger accueille les premières Assises maritimes nationales sous le signe de l’ambition atlantique

Économie : Le jeudi 21 mai 2026, Tanger a abrité l'ouverture des travaux de la première édition des Assises Maritimes Nationales.

Wissal Bendardka - 21 mai 2026
1er juin 2026 : la DGI rappelle les échéances fiscales à ne pas manquer

Économie : La DGI a lancé le 21 mai 2026 un rappel à destination de plusieurs catégories de contribuables, les invitant à respecter la date butoir du 1er juin 2026

Wissal Bendardka - 21 mai 2026
ANEF : quelles solutions face à la désertification dans les oasis ?

Économie - L’ANEF déploie des projets mêlant protection de la biodiversité, lutte contre l’ensablement et développement de l’aquaculture.

Ayoub Jouadi - 21 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire