La SGMB sous le giron de Saham : «rien ne change pour le client»

Mbaye Gueye
Temps de lecture :

Moulay Hafid Elalamy a des talents cachés (vidéo)Moulay Hafid Elalamy, président du Groupe Saham ©️DR

A
A
A
A
A

Le 12 avril, le groupe Saham annonce l’acquisition de la Société générale marocaine des banques (SGMB). La holding de Moulay Hafid Elalamy a signé deux contrats pour l’acquisition de 57,67% du capital social de la SGMB et d’autres filiales. La transaction est évaluée à 745 millions d’euros. Selon l’expert international en économie, Khalid Benali; rien ne change pour les clients de la banque. Pour ce qui est des perspectives, il soutient que ce sera aux acquéreurs de définir la stratégie à mettre en place… Détails.

Le 12 avril, le groupe Saham annonce l’acquisition de la Société générale marocaine des banques (SGMB), propriété du groupe français Société générale qui a décidé de se retirer de plusieurs pays africains dont le Maroc. La holding Saham de Moulay Hafid Elalamy, magnat des affaires et ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, a signé deux contrats d’acquisition non seulement des 57,67% du capital social de la SGMB mais aussi pour l’achat de la totalité des parts de La Marocaine Vie. La transaction est évaluée à 745 millions d’euros.

Ainsi, la double transaction englobe également les entités Eqdom (financements spécialisés), Société générale de leasing au Maroc, Investima SA, Sogecapital Gestion, Sogecapital Placement et Sogecapital Bourse. Mais elle n’a rien voulu nous dire des conseils financiers mobilisés pour l’opération.

Pour réaliser cette opération, la SGMB a été accompagnée par a banque Lazard. Une large équipe a été mobilisée, emmenée par Corso Bavagnoli, entre autres. Cet énarque, diplômé des Mines de Paris et de Sciences-Po, a rejoint Lazard comme managing director en mars 2018. Il a travaillé sur différents deals clés : l’acquisition d’une participation dans Banque Saudi Fransi par Ripplewood ; la prise d’un intérêt minoritaire dans la Coface par Arch Capital ; le rachat d’Aviva France par Aéma Groupe, etc. Est également mobilisé pour la double opération marocaine, Farid Bencheikh, vice-président chez Lazard.

Lire aussi : Le Groupe Saham acquiert SGMB pour 745 millions d’euros

Il faut préciser que Lazard et le groupe Société générale ne sont pas à leurs premières collaborations puisque ils avaient collaboré dans le cadre de la cession de ses diverses filiales en Afrique notamment au Congo, au Tchad, en Guinée équatoriale, en Mauritanie, au Burkina Faso et au Mozambique.
Cette acquisition n’est pas non plus la première opération du genre pour un groupe marocain puisqu’en décembre 2022, le groupe Holmarcom avait officialisé l’acquisition de la participation totale du français Crédit agricole dans Crédit du Maroc, soit 78,7% du capital de la banque. Quant à la dernière banque marocaine encore aux mains des Français, la BMCI (BNP Paribas), son avenir fait l’objet de spéculations depuis plusieurs années…

Ce mouvement de retrait des banques françaises au profit d’investisseurs marocains n’est pas uniquement constaté au Maroc, mais également dans d’autres pays africains. Fin 2019, par exemple, la Banque centrale populaire (BCP-Maroc) a repris les participations du groupe français Banque populaire caisse d’épargne (BPCE) au Cameroun, en République du Congo et à Madagascar.

Lire aussi : Les banques françaises se retirent du continent laissant place à l’essor des banques marocaines

«Rien ne change pour le client»

Selon l’expert international en économie Khalid Benali, cette acquisition ne va pas impacter le client marocain. Les choses vont continuer à fonctionner normalement. En ce qui concerne les perspectives pour le groupe Saham, il souligne que : «Il y a les acquéreurs qui ont acquis la banque sur la base d’une vision, d’un plan d’action dans le futur et d’une vision stratégique qui prend en compte les droits et obligations des clients, conjurés ordinaires et partenaires économiques et puis un plan de dévolution pour le futur. Donc, c’est à eux de définir la stratégie sur laquelle ils vont se positionner. Ce qui est sûr que les clients vont continuer à bénéficier des services de l’établissement puisque tout est déjà en place. Le secteur bancaire au Maroc est réglementé. Et de ce fait, les nouveaux acquéreurs vont travailler dans le cadre des procédures en vigueur. C’est très important les droits et les obligations de toutes les parties actives. Donc, maintenant, pour les clients, je crois qu’il s’agit d’un simple transfert de compte, d’un placement de compte, il y aura une nouvelle appellation, un nouveau logo, une nouvelle identité visuelle», explique -t-il.

Grâce à l’expertise marocaine reconnue à l’échelle internationale, l’économiste soutient que le groupe va s’inscrire dans cet héritage. «Je dirais que les banques marocaines ne datent pas d’aujourd’hui, elles ont une ouverture sur le marché international, notamment en Afrique. Sûrement, les acquéreurs vont définir une stratégie ou bien, ils vont s’aligner avec les banques qui existent sur le marché national. Donc reprendre à zéro, ça ne sert à rien».

 

 

 

 

Dernier articles
Les articles les plus lu
Ramadan et inflation : ce que l’on paie sans le savoir

Consommation – Avant Ramadan, les prix explosent… mais pas toujours pour les raisons que l’on croit…

Sabrina El Faiz - 7 février 2026
Interdiction temporaire d’exporter la sardine : le gouvernement précise sa stratégie

Économie - Priorité au marché local : la suspension temporaire des exportations de sardine vise à sécuriser l’approvisionnement national, préserver la ressource et accompagner l’adaptation de la filière face au recul des débarquements et aux défis climatiques.

Ilyasse Rhamir - 6 février 2026
Pêche et aquaculture : le Conseil national met en avant ses résultats et ses priorités pour 2026

Economie - Renforcement de la conservation piscicole, production aquacole portée à 900 t, soutien aux pêcheurs et lancement de projets phares pour 2026, incluant salmoniculture et aquapôles.

Mouna Aghlal - 6 février 2026
Filière avicole : une situation particulièrement préoccupante ?

Économie – La FISA a publié un communiqué alarmant dressant le portrait d’un secteur avicole en déséquilibre profond.

El Mehdi El Azhary - 6 février 2026
Carburants et butane : des tensions localisées sur fond d’intempéries, le gouvernement rassure

Economie - Des tensions sur l’approvisionnement en carburants et en gaz butane ont été signalées début février dans plusieurs points de distribution du Maroc, alimentant l’inquiétude des consommateurs déjà fragilisés par les récentes intempéries.

El Mehdi El Azhary - 6 février 2026
Les ports marocains clôturent 2025 sur une hausse de 8,9% du trafic global

Économie - Les plateformes portuaires du Royaume accélèrent en 2025 avec plus de 262 millions de tonnes manutentionnées.

Ilyasse Rhamir - 6 février 2026
Voir plus
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
BTP : le Maroc bétonne ses règles

Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !

Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025
Régions : qui profite vraiment du Maroc des grands chantiers ?

Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…

Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire