Covid-19 : faut-il s’inquiéter du nouveau variant Eris ?

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Chikungunya : 154 cas détectés en France, dont un foyer majeurImage d'illustration © DR

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Alors que le monde tente de reprendre son souffle après des années de lutte contre la pandémie de Covid-19, un nouveau chapitre inquiétant s’ouvre avec l’émergence d’un sous-variant appelé « Eris ». Ce nouveau sous-variant a suscité des préoccupations parmi les experts de la santé et la population mondiale, en raison de sa nature potentiellement plus contagieuse et de son impact sur les efforts de contrôle de la propagation du virus. « Eris » présente-t-il un risque supplémentaire pour la santé ? Éléments de réponses avec Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé, qui nous livre son point de vue.

Un nouveau sous-variant du coronavirus, nommé Eris EG5, a récemment émergé dans le monde, suscitant des interrogations et des inquiétudes. Malgré sa forte contagiosité, les experts médicaux apaisent les craintes en indiquant que le taux de gravité et de mortalité ne devrait pas connaître une augmentation significative. Cependant, une vigilance particulière est requise pour protéger notamment les personnes vulnérables. Apparu pour la première fois en mars dernier dans certains pays asiatiques, Eris EG5 s’est rapidement propagé dans diverses régions.

Qu’est-ce que le nouveau sous-variant EG.5 ?

EG.5 représente une sous-lignée du variant Omicron du Covid-19 et est étroitement lié à d’autres variants qui ont circulé à travers le monde. Il se présente sous la forme d’une version mutée du virus.

Sa prévalence a connu une augmentation à l’échelle mondiale, passant de 7,6% des cas de Covid-19 à la fin de juin à 17,4% à la fin de juillet. De ce fait, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a officiellement désigné comme «variant d’intérêt» ce mois-ci, en raison de la hausse du nombre de cas signalés à travers le monde.

Malgré cela, l’OMS considère que le risque pour la santé publique associé à ce sous-variant demeure faible en raison de sa proximité avec des variants déjà présents. Cependant, l’Organisation a averti que cette sous-lignée pourrait éventuellement devenir prédominante, dans certaines régions ou à l’échelle mondiale, ce qui pourrait entraîner une recrudescence des cas de Covid-19.

Lire aussi : Covid-19 : une résurgence portée par un nouveau variant

Quelle est l’ampleur de la circulation d’Eris EG5 ?

Initialement confiné en Chine, au Japon et en Corée du Sud, le sous-variant EG.5 s’étend désormais en Amérique du Nord et en Europe.

En France, EG.5 constituait 26% des séquences le 17 juillet, par rapport à 15% la semaine précédente, une évolution qui est «cohérente avec la tendance mondiale», d’après Santé publique France.

Au Royaume-Uni, le nouveau sous-variant enregistre la plus forte croissance parmi les variants présents dans le pays et représente 14% des cas.

Aux États-Unis, environ 17% des cas sont attribués à EG.5, ce qui le place en tête des lignées d’Omicron sous surveillance, selon les données des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

L’OMS souligne que «plusieurs pays où la prévalence d’EG.5 augmente ont observé une hausse des cas et des hospitalisations, même si aucune preuve tangible ne lie actuellement cette augmentation à une gravité accrue de la maladie liée directement à EG.5», d’après son évaluation des risques associés au variant.

Lire aussi : Transport : les retards sont-ils plus fréquents qu’avant la crise COVID ?

Y a-t-il un risque pour le Maroc ?

À ce jour, aucun cas de contamination par la nouvelle souche EG.5 du variant Omicron n’a été signalée officiellement au Maroc.

Contacté par LeBrief, Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé, explique que la propagation d’Eris à travers le monde est due à une mutation qui lui permet de contourner l’immunité acquise par la vaccination ou la maladie. Il précise que même ceux qui ont déjà été infectés par le virus initial pourraient être sensibles à ce nouveau sous-variant.

Néanmoins, il souligne que ces personnes ne sont pas sans protection. D’après Hamdi, l’immunité acquise grâce à la vaccination ou à la maladie continue de fournir une solide défense contre les formes graves de la maladie et les décès. Cette assurance devrait encourager ceux qui sont déjà protégés à maintenir leur confiance en leur capacité à affronter la maladie, même avec l’apparition de ce nouveau variant.

En cas de symptômes comme des maux de tête, des maux de gorge, de la fièvre et de la fatigue, Hamdi insiste sur l’importance de rester à domicile et de porter un masque pour éviter de propager le virus à d’autres. Les individus vulnérables, comme les femmes enceintes, les personnes de plus de 65 ans et celles ayant des conditions médicales sous-jacentes, doivent être particulièrement vigilants. Un dépistage immédiat est recommandé en cas de symptômes, selon le chercheur, qui ajoute que pour ce groupe vulnérable, un traitement antiviral sous forme de comprimés administré pendant 3 à 5 jours en cas de test positif pourrait offrir une protection allant jusqu’à 90% contre les formes graves de la maladie et les décès.

Lire aussi : Covid-19 : face à Eris, la vigilance reste de mise

Pas de signes de virulence !

En dépit de sa propagation rapide, Eris EG5 ne présente pas de signes de virulence accrue en termes de cas graves ou de décès, rassure le docteur. Cependant, la possibilité d’une légère augmentation des cas persiste, en particulier avec les célébrations et les rassemblements estivaux, d’autant plus que l’immunité acquise pourrait s’affaiblir au fil du temps. Les espaces clos sont identifiés comme les principaux contextes de contamination, d’où l’impératif de compléter le schéma de vaccination pour maintenir la protection contre les formes graves et les décès, insiste notre intervenant.

Et, de noter que les vaccins restent cruciaux pour réduire la gravité des infections, malgré la capacité d’Eris EG5 à contourner partiellement l’immunité acquise. Tayeb Hamdi estime enfin que les mesures de protection et les avancées médicales continuent de jouer un rôle clé dans la gestion de la pandémie, et la vigilance individuelle ainsi que le respect des conseils médicaux demeurent les meilleurs moyens pour faire face à l’incertitude.

Il est à rappeler que le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Khalid Aït Taleb, a adressé, le 11 août, une circulaire aux directeurs régionaux de son département. Dans cette communication, il met en avant l’importance de détecter précocement les cas en renforçant la disponibilité et l’utilisation des tests PCR et TAR au sein des établissements de santé. Cette directive encourage également le suivi rigoureux des protocoles thérapeutiques pour la prise en charge des patients ainsi que le respect des critères d’hospitalisation. Le ministre a, par ailleurs, exhorté à intensifier les efforts en matière de vaccination en veillant à la disponibilité des vaccins et en accordant une attention particulière aux populations les plus vulnérables.

 

En conclusion, l’émergence d’Eris, ce nouveau sous-variant du Covid-19, rappelle que la lutte contre la pandémie est loin d’être terminée. Les mutations génétiques du virus continueront de présenter des défis inattendus, exigeant une réponse scientifique et communautaire coordonnée. Alors que les experts de la santé travaillent sans relâche pour comprendre la nature d’Eris et son impact potentiel, il est crucial que chacun continue de jouer son rôle en respectant les mesures de précaution pour protéger sa propre santé et celle des autres.

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