Finances publiques : principaux points de la SCRT de juin 2023

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Trésor : un déficit budgétaire de 32,4 MMDH à fin septembre 2023Le ministère de l’Économie et des Finances © DR

A
A
A
A
A

La situation des charges et ressources du trésor (SCRT) pour le mois de juin 2023 révèle un déficit budgétaire de 27,8 MMDH à la fin du mois, d’après les informations publiées par le ministère de l’Économie et des Finances. Durant le premier semestre de l’année en cours, les recettes fiscales ont, quant à elles, progressé de 4,1%, atteignant un taux de réalisation de 53,6% par rapport aux prévisions de la LF. Par ailleurs, en dépit d’un contexte marqué par une inflation persistante à des niveaux élevés, l’activité économique nationale s’est accélérée. Voici les principaux points de la SCRT de juin 2023.

Le ministère de l’Économie et des Finances vient de dévoiler la situation des charges et ressources du trésor (SCRT) du mois de juin 2023. Il s’agit du document statistique qui présente les résultats de l’exécution des prévisions de la loi de Finances (LF) avec une comparaison par rapport aux réalisations de la même période de l’année précédente.

Lire aussi : La conjoncture économique sous la loupe de la DTFE

Un déficit budgétaire de 27,8 MMDH à fin juin

La SCRT à fin juin dernier fait ressortir un déficit budgétaire de 27,8 milliards de DH (MMDH), contre un déficit de 18,2 MMDH un an auparavant. Cette évolution recouvre une augmentation des dépenses globales (+13,8 MMDH) plus importante que celle des recettes (+4,2 MMDH).

Au détail, les recettes ont enregistré, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, un taux de réalisation de 48,5% par rapport aux prévisions de la LF, précise la même source. Comparativement à fin juin 2022, ces recettes se sont inscrites en hausse de 2,9%.

Quant aux dépenses ordinaires, elles se sont établies à près de 148,3 MMDH, enregistrant un taux d’exécution de 50,9%. Par rapport à fin juin 2022, ces dépenses se sont accrues de 1,2 MMDH, recouvrant une hausse des dépenses au titre des « biens et services » de 4,8 MMDH et des intérêts de la dette de 1,5 MMDH, ainsi qu’une baisse des charges de la compensation de 5,1 MMDH.

Ces évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire positif de 3,3 MMDH, contre 296 millions de DH (MDH) un an auparavant.

En ce qui concerne les dépenses d’investissement, les émissions à ce titre ont affiché un taux d’exécution de 48,7%. Elles ont atteint 44,4 MMDH, enregistrant une progression de près de 4,9 MMDH comparativement au 1er semestre de 2022.

En outre, le ministère fait savoir que les comptes spéciaux du Trésor (CST) ont dégagé un solde excédentaire de 13,3 MMDH, contre 21,1 MMDH à fin juin 2022.

Les ressources de ces CST tiennent compte d’un montant de 6,8 MMDH correspondant au produit de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et revenus, affecté au Fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale, contre 6,5 MMDH un an auparavant.

Lire aussi : HCP : les perspectives d’évolution de l’économie nationale demeurent modérées

Les recettes fiscales augmentent de 4,1%

Selon le document, les recettes fiscales ont progressé de 4,1% durant les six premiers mois de cette année. Ces recettes ont affiché un taux de réalisation de 53,6% par rapport aux prévisions de la LF.

Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales, se sont situés à 7,9 MMDH contre près de 8,6 MMDH l’année dernière, précise la même source.

Par nature d’impôt et de taxe, le ministère note que l’impôt sur les sociétés (IS) a enregistré un taux de réalisation de 57,7% et s’est maintenu au même niveau observé au 1er semestre de 2022. Cette évolution résulte notamment de l’amélioration des recettes issues des deux acomptes de 727 MDH et du contrôle fiscal de 585 MDH, qui ont compensé la baisse du complément de régularisation de 1,1 MMDH.

Quant à l’impôt sur le revenu (IR), il a affiché un taux de réalisation de 56,5% et une hausse de 6,4%, grâce notamment aux recettes générées par l’IR sur salaires (+1,4 MMDH), tandis que le taux de réalisation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’intérieur s’est situé à 50%.

Les recettes à ce titre se sont améliorées de près de 18,7%, dans un contexte marqué par l’amélioration de la consommation des ménages. Cette évolution de la TVA à l’intérieur recouvre une hausse des recettes brutes de près de 1,2 MMDH et une baisse des remboursements de 798 MDH.

S’agissant de la TVA à l’importation, elle a affiché un taux de réalisation de 48,7% et une baisse de 3,7%, et ce, en relation notamment avec les mesures prises pour soutenir le secteur agricole.

Pour ce qui est des taxes intérieures de consommation (TIC), elles ont enregistré un taux de réalisation de 47,5% et une légère hausse de 0,3%, recouvrant une amélioration des TIC sur les tabacs (+193 MDH) et un recul de celles appliquées sur les produits énergétiques (-212 MDH).

Les droits de douane ont été réalisés à hauteur de 50,9% et se sont inscrits en hausse de 11,2%, en relation avec l’augmentation des importations (+2,8% à fin mai 2023).

De son côté, le taux de réalisation des recettes au titre des droits d’enregistrement et de timbre s’est situé à près de 70%. Ces recettes ont progressé de 13,8%.

Lire aussi : SCRT : les recettes fiscales en hausse de 3,6% à fin avril

Trésor : le besoin de financement est à 38,3 MMDH

Le ministère relève que la SCRT a dégagé un besoin de financement de 38,3 MMDH à fin juin dernier. Ce besoin, augmenté des amortissements au titre de la dette pour 152,7 MMDH, dont 147,3 MMDH au titre de la dette intérieure, s’est traduit par un besoin de financement brut de 191 MMDH.

Le niveau des amortissements au titre de la dette intérieure résulte de la concentration des émissions intervenue, depuis la fin de 2022, sur les maturités à court terme, en raison de la préférence des investisseurs pour ces maturités dans un contexte d’anticipations haussières des taux d’intérêt, souligne la même source.

Les financements mobilisés se sont élevés à 220,2 MMDH, dont près de 187,1 MMDH sur le marché intérieur et 33,4 MMDH au titre des tirages extérieurs, y compris 25,8 MMDH mobilisés sur le marché financier international.

L’excédent des ressources mobilisées a permis de constituer un matelas pour préparer la couverture des tombées importantes de la dette du Trésor issues des émissions à court terme susvisées.

La constitution de ce matelas s’inscrit dans le cadre de la gestion proactive de la dette, dans l’objectif de réduire le risque de refinancement. L’excédent de trésorerie fait l’objet d’opérations de placement dans le cadre de la gestion active de la trésorerie afin d’optimiser le coût de financement des besoins du Trésor.

Par ailleurs, le document affirme que l’exécution de la LF au cours du 1er semestre de l’année en cours se déroule dans un contexte marqué par la persistance de l’inflation à des niveaux élevés, quoique qu’en ralentissement, et ce, malgré la baisse des prix des matières premières et de l’orientation restrictive des politiques monétaires.

En dépit de ce contexte, l’activité économique s’est accélérée, sous l’effet notamment d’une hausse relative de la valeur ajoutée agricole et le renforcement des activités non agricoles, tirées notamment par l’industrie, le tourisme et le transport, soutient la même source.

Lire aussi : Budget général : 10 MMDH de plus au chevet du pays et du citoyen

Pour rappel, alors que la situation produite par la Trésorerie générale du Royaume (TGR) a un caractère fondamentalement comptable, la SCRT appréhende, comme le préconisent les normes internationales en matière de statistiques des finances publiques, les transactions économiques réalisées au cours d’une période budgétaire en décrivant, en termes de flux, les recettes ordinaires, les dépenses ordinaires, les dépenses d’investissement, le déficit budgétaire, le besoin de financement et les financements mobilisés pour la couverture de ce besoin.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
IA et finance : vers une automatisation totale de la décision économique

Economie - L’IA transforme profondément la finance, du trading algorithmique à l’analyse de données massives, en passant par l’évaluation des risques, l’automatisation des décisions et l’émergence de nouveaux défis éthiques, réglementaires et de cybersécurité.

Mouna Aghlal - 14 mai 2026
Aïd Al-Adha 1447H : une offre de bétail largement suffisante

Économie - Offre de bétail estimée entre 8 et 9 millions de têtes pour Aïd Al-Adha 1447H, dépassant largement la demande.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
Les femmes de l’arganier sont-elles assez valorisées ?

Économie - Au cœur de la filière argane, les femmes rurales jouent un rôle central. À travers les coopératives, elles transforment un savoir-faire ancestral en levier d’autonomisation, tout en soutenant le développement économique des territoires.

Ilyasse Rhamir - 14 mai 2026
ICSBP-UIR : Rabat Business School met l’accent sur l’économie durable

Economie - RBS abrite la 3e édition de de l'ICSBP, les 14 et 15 mai 2026, sous le sigle de maintenir une énomie et entreprenariat durable.

Mouna Aghlal - 14 mai 2026
Entre innovation et éthique, l’IA bouleverse les modèles d’affaires

Economie - À Rabat Business School, Marina Dabić a alerté sur les défis éthiques et humains liés à l’essor rapide de l’IA générative.

Mouna Aghlal - 14 mai 2026
Récoltes, Sahel, consommation : les raisons de la détente sur les marchés marocains

Consommation - Les marchés de gros nationaux connaissent un léger repli suite à une offre abondante et un reflux des exportations régionales.

El Mehdi El Azhary - 14 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire