Nigeria : 243 M$ pour apurer les dettes du secteur énergétique
Le gouvernement nigérian a annoncé le versement de 333,12 milliards de nairas, soit environ 243 millions de dollars, à huit sociétés de production d’électricité (GenCos) exploitant 17 centrales, dans le cadre de la première phase de son programme de règlement des dettes du secteur énergétique. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à rétablir la confiance des investisseurs et à assainir les finances de l’industrie électrique.
L’annonce a été faite le 23 juillet par Olu Arowolo Verheijen, conseillère spéciale du président Bola Tinubu pour le pétrole et le gaz, lors du Forum des investisseurs consacré au Programme présidentiel de réformes financières du secteur de l’énergie (PPSFRP). Selon elle, ce premier décaissement illustre la volonté du gouvernement de respecter les engagements pris envers les producteurs privés d’électricité.
Cette opération intervient après le lancement, en août 2025, d’un vaste plan de refinancement de 2,61 milliards de dollars destiné à apurer les dettes accumulées entre 2015 et 2023 auprès de 27 producteurs d’électricité. Le mécanisme repose notamment sur l’émission d’obligations souveraines et d’autres instruments financiers afin d’échelonner les remboursements.
En février 2026, une première émission obligataire avait permis de lever 501 milliards de nairas, dont 300 milliards en liquidités et 201 milliards sous forme d’instruments financiers, couvrant environ 22% des engagements prévus. Les autorités indiquent également avoir honoré, le 14 juillet 2026, le premier coupon de cette émission, d’un montant de 63,5 milliards de nairas.
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Une deuxième tranche d’obligations
Le gouvernement prévoit désormais une deuxième tranche d’obligations, destinée à accélérer le règlement des créances historiques vérifiées. L’objectif est de restaurer la liquidité de la chaîne de valeur de l’électricité, de renforcer la stabilité financière du secteur et de créer un environnement plus favorable aux investissements privés de long terme.
« En matière de finances souveraines, la confiance se capitalise tout autant que les intérêts », a déclaré Olu Arowolo Verheijen, estimant que le respect des engagements financiers constitue un préalable à l’attraction de nouveaux capitaux.
Le secteur électrique nigérian demeure confronté à d’importantes difficultés structurelles. Malgré une capacité installée d’environ 12.500 MW, seule une partie de cette production est effectivement disponible, tandis que les arriérés de paiement envers les producteurs privés continuent de peser sur l’ensemble de la filière.
À travers ce programme, l’administration du président Bola Tinubu espère mobiliser 15 milliards de dollars d’investissements privés afin de combler un déficit de financement estimé à 23 milliards de dollars et de soutenir la modernisation du système électrique.