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Anass Hajoui Publié le 29/01/26 à 10:22
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Quand le récit pèse

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Les grands événements ne se jouent jamais uniquement sur le terrain. Ils se jouent aussi après, dans ce qui reste, ce qui circule, ce qui s’impose comme lecture dominante. Le récit n’est pas un vrai commentaire, c’est un prolongement du rapport de force.

La décision disciplinaire rendue par la CAF en défaveur du Maroc en est une illustration claire. Elle ne tombe pas dans le vide. Elle s’inscrit dans un environnement, un climat, une accumulation de signaux. Et ces signaux sont largement façonnés par ce qui a été dit, montré, relayé.

Dans ce type de contexte, le lobbying ne se limite pas aux couloirs ou aux réunions fermées. Il commence bien avant, dans l’opinion, les médias, la manière dont un pays est perçu au-delà de ses frontières. Les décisions ne se prennent jamais uniquement sur des faits.

Les réseaux sociaux accélèrent ce mécanisme. Ils fabriquent des angles, sélectionnent des images, imposent des lectures rapides. Des incidents isolés deviennent des symboles et une fois ce récit installé à l’échelle continentale, il pèse sur les arbitrages, même lorsqu’ils se veulent techniques ou disciplinaires.
C’est là que le rôle des médias devient stratégique. Pas des médias tournés uniquement vers l’intérieur, mais des médias capables de porter un récit au-delà du territoire national. Défendre l’intérêt national suppose une capacité d’influence qui dépasse le cadre local ou régional. Un pays qui ne parle qu’à lui-même laisse les autres parler pour lui.

La CAN a montré que le Maroc sait organiser et réussir. La décision de la CAF rappelle autre chose : réussir ne suffit pas. Il faut aussi savoir défendre, influencer et installer un récit à la hauteur des enjeux. A ce niveau, la communication n’est plus un accompagnement, elle devient un outil stratégique.

Dans un monde où les décisions se prennent autant sous l’effet des perceptions que des faits, l’intérêt national se joue aussi dans la capacité à peser sur le récit. Et ce récit, s’il reste cantonné aux frontières, arrive toujours trop tard.

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