Cover chronique HARMONIE
Anass Hajoui Publié le 15/01/26 à 10:28
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Le risque central

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Elle n’est pas passée inaperçue. L’annonce d’Aziz Akhannouch de ne pas briguer un troisième mandat à la tête du Rassemblement national des indépendants a été lue comme un signal. Pas une crise, mais un moment de vérité pour une organisation longtemps structurée autour d’une seule figure centrale.

Dans le monde des affaires, ce type d’annonce est rarement anodin. Lorsqu’un système repose fortement sur une personne, la lisibilité est forte, la communication fluide, la décision rapide. Mais cette efficacité a un revers important, car elle concentre le risque. Le jour où la figure centrale se retire, même partiellement, l’organisation doit prouver qu’elle sait fonctionner autrement que par incarnation.
Ce risque de dépendance est bien connu. Tant que le leader est là, tout tient, mais cette concentration empêche souvent l’émergence de relais solides. On gagne en vitesse ce qu’on perd en résilience.

La question dépasse le cas marocain. En France, le Rassemblement national reste étroitement associé à la famille Le Pen. Cette personnalisation a donné au parti une visibilité et une cohérence fortes. Mais elle pose aujourd’hui une question classique en stratégie, que vaut une organisation quand sa marque est indissociable d’une seule personne ?

Sortie encadrée

Dans le business, on appelle cela un test de continuité. La réussite portée par une figure doit, à un moment, se transformer en structure capable de durer sans elle. Peu d’organisations réussissent cette transition sans ralentissement, parfois sans heurts.
L’annonce d’Akhannouch n’est donc pas un retrait ordinaire. C’est le passage obligé d’un modèle centré sur une personne à un modèle qui devra prouver sa capacité à distribuer le pouvoir, la parole et la légitimité. Exactement comme une entreprise qui passe d’un dirigeant fondateur à une gouvernance partagée.

Un bon dirigeant n’est pas seulement celui qui incarne. C’est aussi celui qui prépare l’après.
C’est souvent à ce moment précis, et pas avant, que l’on découvre si l’on avait construit une organisation… ou simplement prolongé une présence.

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