Taux directeur : Bank Al-Maghrib opte pour le statu quo
Le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri © DR
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Réuni ce mardi 16 décembre pour sa dernière session trimestrielle de l’année 2025, le Conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. Une décision qui s’inscrit dans un contexte marqué par une inflation toujours contenue, une reprise économique nationale solide et un environnement international encore incertain.
Communiqué⬇️: Réunion du #Conseil de @BankAlMaghrib – 16 décembre 2025.
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Un contexte international plus calme, mais toujours incertain
Au plan international, le Conseil note un certain apaisement des tensions commerciales, notamment avec la fin du blocage budgétaire aux États-Unis. Toutefois, le niveau d’incertitude demeure élevé, en lien avec les orientations de la politique tarifaire américaine et la persistance des tensions géopolitiques.
Malgré une relative résilience observée au premier semestre 2025, l’économie mondiale devrait continuer de ralentir, avant une amélioration attendue seulement à partir de 2027. La croissance mondiale passerait ainsi de 3,2% en 2024 à 3,1% en 2025, puis à 2,7% en 2026. L’inflation mondiale, quant à elle, poursuivrait sa décélération avant de repartir légèrement à la hausse à l’horizon 2027.
Croissance soutenue et inflation maîtrisée
Sur le plan national, Bank Al-Maghrib relève la performance remarquable des activités non agricoles ainsi que des signes tangibles de reprise sur le marché du travail. Cette dynamique devrait se poursuivre à moyen terme, soutenue par un effort d’investissement soutenu et une demande intérieure robuste.
La croissance économique nationale devrait atteindre 5% en 2025, avant de se consolider autour de 4,5% en moyenne en 2026 et 2027. L’agriculture bénéficierait d’un retour à des campagnes céréalières moyennes, tandis que les secteurs non agricoles continueraient d’afficher une croissance vigoureuse, portée notamment par l’industrie, les services et les infrastructures.
De plus, l’évolution de l’inflation constitue un élément central dans la décision du Conseil. Celle-ci demeure à des niveaux historiquement bas, s’établissant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025. Cette situation s’explique notamment par l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, ainsi que par la baisse des prix des carburants et lubrifiants.
Selon les projections de Bank Al-Maghrib, l’inflation devrait s’accélérer graduellement, pour converger vers des niveaux compatibles avec l’objectif de stabilité des prix : 1,3% en 2026 et 1,9% en 2027. L’inflation sous-jacente resterait modérée à court terme avant de s’établir également à 1,9% en 2027. Les anticipations d’inflation, de leur côté, restent bien ancrées autour de 2%.
Une transmission monétaire encore partielle
Le Conseil s’est également penché sur l’impact des précédentes décisions de politique monétaire. Depuis le début du cycle d’assouplissement en juin 2024, le taux directeur a été abaissé de 75 points de base. Toutefois, la transmission vers les taux débiteurs appliqués aux crédits bancaires reste incomplète.
À fin septembre 2025, la baisse cumulée des taux débiteurs accordés au secteur non financier ne dépasse pas 58 points de base. Une situation qui invite à la prudence et plaide pour une stabilité du cadre monétaire afin de consolider les effets déjà engagés.
Tenant compte de l’ensemble de ces éléments (inflation maîtrisée, croissance soutenue mais fragile, incertitudes internationales persistantes et transmission monétaire inachevée), le Conseil a estimé que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié.
Le maintien à 2,25% vise ainsi à préserver l’équilibre entre le soutien à l’activité économique et la stabilité des prix, tout en laissant à la politique monétaire une marge de manœuvre face aux chocs externes potentiels, qu’ils soient géoéconomiques ou climatiques.
Une vigilance maintenue pour les prochains mois
Bank Al-Maghrib souligne enfin qu’elle continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture nationale et internationale. Ses décisions futures resteront fondées, réunion après réunion, sur les données les plus récentes, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés mondiaux, l’évolution des matières premières et les conditions climatiques internes.
Le Conseil a par ailleurs validé la stratégie de gestion des réserves de change, approuvé le budget de la Banque pour 2026 et arrêté le calendrier de ses prochaines réunions, confirmant ainsi une posture de continuité et de prudence dans la conduite de la politique monétaire.
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