Conjoncture : l’économie mondiale et marocaine face aux incertitudes
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En 2025, l’économie mondiale évolue dans un climat contrasté. Celui-ci est marqué par un ralentissement de la croissance et des tensions commerciales persistantes, mais aussi par des signaux positifs sur certains marchés. Face à cela, le Maroc fait preuve de résilience, soutenu par la vigueur de sa demande intérieure, la relance de l’investissement et la reprise de plusieurs secteurs stratégiques, allant de l’agriculture au tourisme. Toutefois, les déséquilibres extérieurs et budgétaires demeurent des défis majeurs pour la stabilité macroéconomique.
Un contexte international marqué par des tensions
Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 3% en 2025, légèrement en hausse par rapport aux projections d’avril mais toujours en dessous des tendances historiques. Les tensions commerciales et géopolitiques continuent de peser sur l’investissement et la confiance. Aux États-Unis, la croissance devrait ralentir à 1,9%, tandis que la zone euro affiche une reprise modeste de 1%, portée par l’Espagne, alors que l’Allemagne et l’Italie restent en difficulté.
Sur les marchés, le pétrole Brent s’établissait à 68 dollars le baril au 25 août, en baisse de 15% sur un an, reflétant une offre abondante et une demande atone. Les métaux précieux ont, en revanche, bondi de 40% pour l’or, profitant de leur statut de valeur refuge. Les prix alimentaires mondiaux connaissent des trajectoires contrastées, notamment avec le recul du sucre et des céréales, mais une forte hausse des huiles végétales et des produits laitiers.
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Dynamique positive de la demande intérieure et redressement des secteurs productifs
Au Maroc, la consommation des ménages reste soutenue par des mesures publiques de renforcement du pouvoir d’achat et une inflation contenue. Les crédits à la consommation ont augmenté de 2,8% à la fin du mois de juin, les transferts des MRE ont atteint 55,9 MM de DH en fin de juin, et 132.000 emplois rémunérés ont été créés au deuxième trimestre de cette année.
L’investissement connaît également un regain, tiré par les projets structurants et les dépenses d’équipement du budget de l’État, en hausse de 6,2% à fin juillet. Les flux d’IDE progressent de 28%, les importations de biens d’équipement de 14,9% et les crédits à l’équipement de 20,5%, confirmant l’élan de modernisation de l’appareil productif national.
Le secteur primaire bénéficie d’une bonne campagne agricole 2024-2025, avec une production céréalière estimée à 44 millions de quintaux, en hausse de 41%. Le secteur secondaire affiche une amélioration de 3,4% de la valeur ajoutée au 1ᵉʳ trimestre dans l’industrie manufacturière, le phosphate brut a augmenté de 15,1% à fin juin et l’électricité de 6,1%. Le secteur tertiaire profite de la reprise du tourisme, avec 11,6 millions d’arrivées à fin juillet, une hausse notable de 16% et une hausse de 9,6% des recettes voyages à fin juin.
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Déficit budgétaire et échanges extérieurs sous pression
Sur le plan des finances publiques, le déficit budgétaire s’est aggravé à 55 MM de DH à fin juillet, contre 40,2 MM de DH un an plus tôt, en raison d’une progression des dépenses plus rapide que celle des recettes. Les échanges extérieurs montrent une hausse des exportations de 3,1%, tirée par les phosphates, l’agroalimentaire et l’aéronautique, mais les importations progressent davantage avec 8,9%, creusant le déficit commercial de 18,4% et réduisant le taux de couverture à 59,3%.
Le financement de l’économie reste dynamique. En effet, les crédits au secteur non financier ont augmenté de 4,4% à fin juin, après seulement une hausse de 1,2% un an plus tôt. La Bourse de Casablanca confirme sa bonne santé, avec des hausses de 32,9% pour le MASI et 35,4% pour le MASI 20 depuis fin décembre 2024, reflétant la confiance des investisseurs.
En définitive, la note de conjoncture d’août 2025 met en lumière une économie marocaine sur une trajectoire globalement favorable, portée par la consommation, l’investissement et la reprise sectorielle. Mais cette dynamique positive reste fragilisée par l’ampleur du déficit budgétaire et la détérioration de la balance commerciale.
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