Explosion des noyades au Maroc : qui sont nos maitres nageurs ?

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Explosion des noyades au Maroc : qui sont nos maitres nageurs ?Plaque "interdiction de nager pour cause de courant fort" à la plage Enahla à Ain Sebaa © LeBrief.ma

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L’été au Maroc, c’est l’appel irrésistible de l’océan, la quête de fraîcheur sous une chaleur accablante et le rendez-vous annuel de milliers de familles, de jeunes et d’enfants sur les plages du Royaume. Pourtant, derrière cette carte postale estivale se cache une autre réalité, bien plus sombre : une hausse spectaculaire des noyades, qui endeuille chaque année des dizaines de familles. Chaque été, les plages marocaines accueillent des millions de vacanciers venus chercher un peu de fraîcheur et de détente. Mais derrière ces instants de légèreté, un danger grandissant guette : la noyade.

L’été 2025 restera marqué par une hausse alarmante des cas de noyade, un phénomène qui interpelle les autorités, les sauveteurs et les citoyens. En l’espace de quelques semaines, les chiffres ont littéralement explosé : plus de 9.400 personnes ont été recensées en difficulté sur les plages du Royaume, soit plus du double par rapport à l’année précédente. Mais comment expliquer une telle recrudescence ? Entre effets de la canicule, fréquentation des plages non surveillées, comportements imprudents de jeunes baigneurs et manque de formation du grand public aux gestes de premiers secours, les causes sont multiples et parfois liées. Dans ce contexte, il devient impératif de dresser un état des lieux précis de la situation : comprendre les causes profondes de cette explosion de noyades, analyser les limites du dispositif de secours en place et mettre en lumière l’importance capitale de la formation,

Une situation préoccupante : les chiffres et les causes

Selon la Direction générale de la Protection civile, entre mai et juillet 2025, 9.413 personnes en difficulté ont été recensées sur les plages marocaines. Si 9.365 ont pu être sauvées, 31 sont mortes et 17 restent portées disparues. Ce chiffre représente une hausse de plus de 100% par rapport à la même période en 2024, où 3.743 cas avaient été enregistrés.

Les causes sont multiples. En premier lieu, une vague de chaleur exceptionnelle a incité une affluence massive vers les plages, parfois non surveillées, augmentant mécaniquement les risques. Ensuite, de nombreuses plages ont été ouvertes à la baignade sans encadrement adéquat, exposant davantage de zones à des incidents.

Lire aussi: Hausse alarmante des noyades : plus de 9.400 personnes, selon la Protection civile

Certaines villes sont particulièrement touchées, notamment Kénitra, Tanger, Asilah, Témara et Berkane qui voient leurs statistiques multipliées par six, voire plus. À l’inverse, seule Casablanca-Anfa enregistre une légère baisse, bien que ses chiffres restent très élevés.

La Protection civile a renforcé ses effectifs et équipements sur le terrain, mais souligne que « le principal obstacle reste le comportement des baigneurs ». Les jeunes de moins de 20 ans sont les principales victimes, souvent par imprudence ou par méconnaissance des règles élémentaires de sécurité. Des expérimentations de technologies de surveillance sont en cours, notamment à Agadir.

Lire aussi: Noyade, l’hécatombe silencieuse de l’été

La formation des sauveteurs et l’importance des premiers gestes

La réalité du terrain reste pourtant complexe. Les maîtres-nageurs sont des saisonniers employés uniquement du 1er mai au 30 septembre, et leur nombre reste limité : environ 34 pour chaque arrondissement, ce qui peut sembler insuffisant au regard de l’affluence sur les plages marocaines.

Toutefois, un membre de la Protection civile rapporte que « pas n’importe qui peut secourir une personne en train de se noyer, il y a des techniques spéciales. Dans le cas contraire, on risque une double noyade ». Ce constat souligne une vérité alarmante : en voulant aider sans savoir, on peut aggraver la situation.

À cela s’ajoute un autre facteur de danger, souvent ignoré : la pollution. Les plages non surveillées sont fréquemment situées à proximité de zones industrielles. Leur eau est parfois contaminée, rendant les conditions de baignade non seulement risquées sur le plan physique, mais aussi sanitaire.

Lire aussi: Vers la fin du désordre sur les plages marocaines

Dans ce contexte, il est important de se pencher sur la formation des maîtres-nageurs. D’après notre source à la Protection civile, les apprentis passent par trois étapes avant d’être proclamés maîtres-nageurs. La première étape concerne la nage : concrètement, le candidat doit effectuer 50 mètres de nage libre en moins d’une minute, plonger du quai et parcourir au moins 20 mètres sous l’eau, rechercher et remonter un corps immergé à 2,50 mètres de profondeur, ainsi que plonger, rechercher un mannequin, le soutenir correctement et le tracter sur 15 mètres.

Les candidats au concours de maître-nageur doivent réussir à lancer une bouée de 3,5 kg sur une cible située à 12 mètres, dans un canal de 2 mètres de large. Ils doivent également parcourir une distance de 40 mètres en barque à rames, à l’aller avec deux rames et au retour avec une seule. Par ailleurs, le concours des maîtres-nageurs comprend aussi des épreuves relatives au secourisme et à la communication.

 

Les noyades de l’été 2025 sont bien plus qu’une simple statistique : elles reflètent un problème systémique. Les autorités font leur part en renforçant les dispositifs de surveillance, en testant de nouvelles technologies et en augmentant les effectifs. Mais cela ne suffira pas sans une implication plus large de la population. L’apprentissage des gestes de secours dès l’école, ainsi que des campagnes de sensibilisation massives, devraient devenir une priorité nationale.

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