Stress hydrique : ce qu’il faut retenir de la réunion du PNAEPI 20-27

Mbaye Gueye
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Stress hydrique : ce qu'il faut retenir de la réunion du PNAEPI 20-27Image d’illustration © DR

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Face à la pression croissante sur les ressources en eau, le gouvernement marocain accélère la mise en œuvre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027. Réuni sous la présidence du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, le comité de pilotage a passé en revue les avancées du programme, mis l’accent sur les projets de dessalement et réaffirmé la priorité accordée à la sécurité hydrique, notamment en milieu rural.

C’est dans un contexte de tension accrue sur les ressources hydriques que le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé la réunion du comité de pilotage du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 (PNAEPI 20-27). Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des projets en cours et de définir les ajustements nécessaires pour garantir une sécurité hydrique durable à l’échelle du Royaume.

Cette rencontre s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement : le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit ; le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka ; le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari ; le ministre délégué au Budget, Fouzi Lekjaa ; ainsi que le directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

                       Lire aussi : Le Maroc sort d’un stress hydrique aigu

Parmi les axes majeurs du programme figure le recours accru au dessalement de l’eau de mer. Le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé que les projets en la matière avancent à un rythme soutenu, avec pour objectif d’atteindre une capacité annuelle de production de 1,7 milliard de m³ d’ici à 2030, dans une déclaration faite à la MAP. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie globale visant à diversifier les sources d’approvisionnement en eau, face à la baisse continue des précipitations et à la montée des températures.

Outre le dessalement, le programme prévoit également la reprogrammation de certains projets de barrages et l’accélération des travaux sur plusieurs ouvrages prioritaires. Conformément aux orientations royales, il s’agit de renforcer la résilience du pays face aux aléas climatiques en améliorant la capacité de stockage et la gestion des eaux de surface.

À ce jour, la retenue des barrages au niveau national atteint 4,3 milliards de m³, soit un taux de remplissage de 37,4%. Malgré cette amélioration relative, l’exécutif appelle à la vigilance, notamment durant la saison estivale, en intensifiant les campagnes de sensibilisation à l’usage rationnel de l’eau.

Mesures d’urgence et mobilisation locale

La pression sur les ressources en eau demeure particulièrement aiguë dans certaines régions rurales, où les populations souffrent encore d’un accès limité à l’eau potable. Pour répondre à cette urgence, le gouvernement a décidé de renforcer les moyens logistiques, notamment par l’acquisition de camions-citernes supplémentaires, tout en accélérant la mise en œuvre de projets d’infrastructure.

Lire aussi :COP28 : stratégie intégrée du Maroc pour la gestion de la pénurie d’eau

Nizar Baraka a insisté sur la coordination étroite entre les différents départements concernés pour garantir une alimentation en eau continue, notamment pendant l’été. Des mécanismes proactifs sont déployés à l’échelle régionale et locale, articulés autour de la rationalisation de la consommation et de la mobilisation de nouvelles ressources.

Par ailleurs, le programme (PNAEPI 20-27) comprend également la mise en eau de huit grands barrages, le développement des interconnexions entre bassins hydrauliques, ainsi que la réutilisation des eaux usées traitées, autant de leviers destinés à améliorer l’efficacité du système hydrique national.

Une vision agricole durable et ambitieuse

Le volet agricole du programme a également été largement abordé lors de la réunion. Le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a souligné l’ambition du gouvernement de couvrir 80% des besoins nationaux en irrigation, conformément aux Hautes Directives Royales. Pour cela, des projets structurants sont en cours, notamment dans les domaines du dessalement dédié à l’agriculture et de la construction d’infrastructures hydrauliques d’envergure, qualifiées d’ « autoroutes de l’eau ».

Parmi les projets phares figure le raccordement hydraulique de deux interconnexions : la première reliant les bassins hydrauliques de Sebou et Bouregreg, la seconde reliant les barrages Dar Khrofa et Oued Makhazine. Ce chantier stratégique, entièrement dédié à l’irrigation, permettra d’approvisionner les zones agricoles. À travers cette initiative, le gouvernement entend non seulement renforcer la sécurité hydrique agricole, mais aussi assurer la pérennité des activités agricoles dans les régions les plus exposées à la sécheresse.

Dessalement de l’eau de mer : Agadir à l’avant-garde de la lutte contre le stress hydrique (Wall Street Journal)

Ahmed El Bouari a également précisé que les besoins spécifiques de chaque bassin hydraulique ont été identifiés grâce à des visites de terrain, ce qui a permis de proposer des solutions adaptées à chaque territoire.

Le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 (PNAEPI 20-27) illustre la volonté du Royaume de faire face aux défis de l’eau avec une approche intégrée, anticipative et territorialisée. À travers une coordination renforcée entre les départements ministériels, des investissements massifs et une stratégie à long terme, le Maroc affirme son engagement en faveur de la sécurité hydrique, pilier essentiel du développement durable du pays.

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