Au départ, personne n’avait osé miser sur eux tant l’aventure semblait suicidaire. Ils ont décidé de couper le cordon ombilical qui les reliait à l’ancienne puissance coloniale. Et comme si cela ne suffisait pas, ils ont également pris leurs distances avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’Alliance des États du Sahel (AES) accusait l’organisation d’être inféodée à la France.
Durant cette période, la CEDEAO avait exigé le retour à l’ordre constitutionnel. Face au refus des membres de l’Alliance des États du Sahel (le Mali, le Burkina Faso et le Niger), l’institution sous-régionale avait suspendu les transactions commerciales avec ces pays, gelé leurs avoirs dans les banques centrales et commerciales. Elle les avait également suspendus de toutes les aides institutionnelles et financières. C’était de l’isolement pur et simple, alors que, dans certains pays comme le Mali, le débat sur la transition battait son plein.
Toutes ces décisions prises n’ont pas servi à grand-chose, si ce n’est à diviser davantage une région déjà fragilisée par les attaques terroristes. Entre-temps, ces derniers se sont regroupés autour d’une organisation sous-régionale.
Vingt mois se sont écoulés depuis la création de la Confédération des États du Sahel. Nos chers militants tiennent toujours les rangs. Et, pour marquer le coup, ils ont dévoilé l’hymne de l’AES, traduit dans les langues nationales des différents pays membres. Cette décision s’inscrit dans une logique de continuité, après la mise en place d’un drapeau, la création d’un passeport communautaire et d’une armée fédérale composée de 5.000 soldats. Sans oublier la pose de la première pierre de la future institution financière, dénommée Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).
Les membres de l’AES voient les choses en grand, avec un capital de 500 milliards de FCFA (environ 762 millions d’euros). Cette banque doit incarner l’ambition de la Confédération de reprendre la main sur le financement de ses priorités de développement.
Il faut noter que, depuis l’officialisation du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, certains membres leur font les yeux doux. Cela met en évidence les contradictions et le manque de leadership de nos institutions.
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