Face aux récentes pluies, peut-on tourner la page de la sécheresse ?
Le barrage Youssef Ibn Tachfine sur l'oued Massa, dans la province de Tiznit © DR
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Alors que le Maroc connaît un allègement de sa sécheresse, les barrages atteignent un taux de remplissage de 39,15%, «ce qui est très bon par rapport aux sept dernières années». Toutefois, le stress hydrique et les défis liés à la gestion de l’eau restent plus que jamais d’actualité.
Entre eau du ciel et eau de mer
Concernant les réserves d’eau au Maroc, l’hydrologue Fouad Amraoui tient à faire la distinction entre les eaux conventionnelles, issues des précipitations pluviales et nivales, et les eaux non conventionnelles, qui incluent notamment les eaux marines dessalées. En effet, grâce à ses 3.500 km de côtes bordant l’Atlantique et la Méditerranée, le Maroc dispose d’un atout stratégique majeur pour le dessalement, utile aussi bien pour l’usage domestique qu’agricole et industriel.
Depuis les années 60, une politique proactive de l’eau a permis la construction de nombreux barrages, la généralisation de l’accès à l’eau potable en milieu urbain, et le développement de périmètres irrigués, souligne l’hydrologue. Il ajoute que le plan national d’alimentation en eau potable en milieu rural, lancé en 1995, a également marqué un tournant. Cependant, les périodes de sécheresse mettent toujours à mal les efforts réalisés, en particulier dans les zones les plus fragiles.
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D’ailleurs, en période de pénurie, une solidarité régional s’organise à travers tout le Royaume notamment par des transferts d’eau visant à garantir en priorité l’approvisionnement domestique, «parfois au détriment du secteur agricole». Dans ce contexte, Fouad Amraoui rappelle que les effets du changement climatique ont commencé à se faire ressentir dès 1980.
Face à ce constat, il juge que le taux de remplissage des barrages, aujourd’hui à 39,15%, soit 6,5 MM de mètres cubes, est «un bon résultat au regard des sept dernières années». Néanmoins, les barrages du Maroc avaient déjà atteint un taux de remplissage de 100% en 1996 et en 2010. Cela représente un indicateur du potentiel encore inexploité, en l’absence de pluies suffisantes.
L’agriculture, gourmande en eau… et pilier socio-économique
Avec 85 % de la consommation d’eau en période normale, l’agriculture pèse lourd dans le bilan hydrique du Maroc. Ce secteur reste pourtant vital, fournissant près d’un tiers des emplois du pays et participant à la souveraineté alimentaire. En année de sécheresse, sa dotation peut chuter au niveau que celle de l’eau potable, ce qui témoigne à la fois de l’adaptabilité, mais aussi de la fragilité du modèle.
Peut-on tourner la page de la sécheresse ? Pas tout à fait. Les données climatiques révèlent des alternances entre cycles humides et cycles secs. En effet, à l’aube des années 80, les effets du changement climatique se sont traduits par une réduction des périodes pluvieuses et une fréquence accrue des sécheresses. explique l’hydrologue. Toutefois, l’année actuelle pourrait marquer le début d’un nouveau cycle humide, capable de recharger à la fois les barrages et les nappes phréatiques, ces dernières ayant été fortement sollicitées en l’absence d’eau de surface.
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Il faut noter que le réchauffement climatique impose une tendance générale vers l’aridité, mais de manière non linéaire. Le climat marocain s’inscrit désormais dans une logique de fortes fluctuations, qui se traduisant par plusieurs années sèches, parfois suivies d’épisodes exceptionnellement pluvieux. Cette situation appelle une planification souple, résiliente et durable.
Aux origines de la sécheresse au Maroc
En plus du réchauffement climatique, le Maroc se caractérise par un climat naturellement sec, avec des précipitations irrégulières et une forte évaporation. Cette caractéristique rend le pays particulièrement vulnérable aux variations climatiques. Ces conditions devraient accentuer encore plus la rareté de l’eau, en raison de la diminution des précipitations, de l’augmentation des températures et de la fréquence accrue des sécheresses. Sans oublier que les changements climatiques perturbent les régimes hydrologiques, affectant la recharge des nappes phréatiques et le débit des cours d’eau.
L’agriculture représente une part importante de l’économie marocaine. Cependant, le secteur est gourmand en eau, notamment à cause des pratiques d’irrigation non durables et de la culture de plantes qui demandent énormément de ressources hydriques. Et ce n’est pas tout ! L’expansion des villes et le développement industriel n’ont fait qu’augmenter la consommation d’eau, générant ainsi une production accrue d’eaux usées.
Le stress hydrique au Maroc est le résultat d’une interaction complexe entre des facteurs naturels, tels que le climat aride et les changements climatiques, et des facteurs humains, tels que la croissance démographique, l’agriculture intensive et la gestion inefficace des ressources en eau. À cet égard, le Maroc a posé des bases solides en matière de gestion de l’eau. Il reste cependant essentiel de les renforcer face à un climat de plus en plus imprévisible.
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