Retour du Maroc sur le marché obligataire pour financer le Mondial
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Le Maroc fait son retour sur le marché des obligations en euros après cinq ans d’absence, en émettant des titres pour financer la Coupe du Monde de football qu’il co-organisera en 2030.
L’opération consiste en la vente de titres à quatre et dix ans, d’une valeur totale de 2 milliards d’euros (soit 2,2 milliards de dollars). L’offre a attiré une demande record, avec des offres excédant les 6,75 milliards d’euros, a rapporté Bloomberg. Cette levée de fonds dépasse de 500 millions d’euros les prévisions initiales.
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L’objectif est de financer les préparatifs pour la Coupe du Monde 2030, que le Maroc organisera aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Pour soutenir cette initiative d’envergure, la banque centrale a une nouvelle fois abaissé ses taux d’intérêt, afin de rendre l’emprunt local plus abordable et encourager les investissements.
Les conditions de l’émission sont plus favorables que prévu. Le spread final pour l’obligation à quatre ans a été fixé à 155 points de base au-dessus du midswap (Ndlr : une méthode de référence et de détermination du taux d’intérêt variable payable sur une obligation à taux variable ou un instrument financier similaire), alors qu’il était initialement estimé à 190 points de base. Quant à l’obligation à dix ans, son spread est de 215 points de base au-dessus du midswap, également plus faible que prévu.
Cet emprunt qui vise à financer la Coupe du Monde 2030, un événement sportif mondial qui attire l’attention de millions de spectateurs, suscite des interrogations. Pour le professeur en économie Nabil Adel, une question demeure : comment cette somme sera-t-elle utilisée concrètement ? En effet, aucune précision n’a été donnée sur la répartition exacte de ces fonds et sur les secteurs spécifiques qui bénéficieront de cet investissement. Cela suscite des interrogations sur la rentabilité et la gestion des fonds publics.
Une dette qui soulève des inquiétudes
Au-delà de ces considérations à court terme, il estime que le gouvernement doit expliquer aux Marocains comment il compte financer la Coupe du monde 2030. En effet, l’emprunt de 2 milliards de dollars est une étape importante, mais il soulève la question de l’endettement du pays. Le gouvernement devra démontrer que les retombées économiques de la Coupe du Monde pourront compenser cette dette pour éviter que le Maroc tombe dans une spirale financière comparable à la crise grecque qui a suivi les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004, prévient-il.
Selon lui, il est essentiel de noter que les retombées économiques de la Coupe du Monde ne se limitent pas à la simple augmentation du tourisme ou à la création d’emplois temporaires. Il s’agit d’un enjeu beaucoup plus large, qui nécessite de garantir que l’événement générera un surplus économique capable de soutenir les investissements réalisés.
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Le professeur se dit préoccuper par la dépendance croissante du Maroc à la dette. Le gouvernement semble avoir opté pour une solution facile en empruntant, mais cela soulève des questions sur la viabilité à long terme de ce modèle économique. Au lieu de se reposer uniquement sur l’endettement, le gouvernement devrait chercher à mettre en place des solutions créatives pour générer une croissance économique durable. Si la Coupe du Monde peut offrir une occasion de stimuler l’économie et d’améliorer les infrastructures, elle ne doit pas devenir un fardeau financier pour le pays à long terme.
Même si la Coupe du Monde 2030 offre une opportunité de développement pour le Maroc, la gestion de cet investissement reste incertaine. Le pays doit éviter de tomber dans le piège du surendettement et veiller à ce que les retombées économiques de l’événement puissent réellement financer les investissements réalisés. Les autorités marocaines doivent être transparentes et fournir des projections claires sur les coûts et les retours attendus.
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