Quelles cultures bénéficient des récentes précipitations ?
Un champ agricole (illustration) © depositphotos
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Les récentes précipitations ont apporté un soulagement aux agriculteurs, profitant à l’ensemble des cultures. Selon Rachid Benali, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER), les grandes cultures, le maraîchage et l’arboriculture ont profité de ces pluies tant attendues. Les pâturages, eux aussi, se sont régénérés, assurant une meilleure alimentation du cheptel dans les semaines à venir.
L’impact positif des précipitations s’étend également aux ressources en eau. Grâce à la recharge des nappes phréatiques et des barrages, l’irrigation pourra être réduite à certains moments, soulageant ainsi la pression sur les ressources hydriques. L’olivier et d’autres arbres fruitiers bénéficieront durablement de cette amélioration hydrique, favorisant une meilleure production.
Toutefois, une ombre plane sur ce tableau encourageant : la hausse des températures. « Dans certaines régions, le mercure dépasse déjà les 25°C, accélérant l’évaporation de l’eau et fragilisant les cultures », explique Benali. De plus, les écarts marqués entre les températures diurnes et nocturnes risquent d’affecter la croissance des plantes.
Les effets du changement climatique se manifestent aussi dans la gestion des traitements agricoles. Des températures trop élevées compliquent l’application des engrais, notamment azotés. Face à ces défis, les agriculteurs espèrent des journées plus fraîches et, idéalement, quelques nouvelles pluies pour préserver les acquis de cette embellie hydrique.
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Quid des cultures d’exportation ?
Les récentes précipitations constituent une aubaine pour les zones agricoles dédiées à l’exportation. « La pluie est toujours bénéfique. Un arbre a besoin de pluie. Peu importe l’irrigation que l’on apporte, l’eau de pluie reste primordiale », souligne le patron de la COMADER.
Au-delà de leur impact direct sur les cultures, ces pluies contribuent également à la recharge des nappes phréatiques et des barrages, un facteur essentiel pour les zones agricoles comme celles de la région d’Agadir, où se concentrent de nombreuses exploitations tournées vers l’export. Une amélioration des ressources en eau profiterait ainsi à l’ensemble du secteur, qu’il s’agisse de cultures destinées au marché international ou à la consommation locale.
Dans un contexte où l’eau est devenue un enjeu stratégique pour l’agriculture marocaine, ces précipitations sont une véritable bouffée d’oxygène. Toutefois, la gestion durable des ressources hydriques reste essentielle pour garantir la pérennité de ces cultures face aux défis climatiques.
Campagne agricole : un début de saison mitigé
Malgré les dernières précipitations, il est encore trop tôt pour dresser un bilan de la campagne agricole, nous dit Benali. « On ne peut pas parler de bilan, loin de là. Donner beaucoup d’eau sur une courte période, puis plus rien, ce n’est pas viable. Une plante est un être vivant : elle a besoin d’un apport régulier en eau, d’un climat tempéré et de conditions favorables tout au long de son cycle. Dans notre cas, on peut parler d’un départ mitigé », précise notre interlocuteur.
Si certaines cultures profitent des pluies, d’autres ont déjà subi un retard important en raison du manque d’eau en début de saison. « Les cultures d’automne, notamment les céréales, ont été compromises dès le départ. Ce qui est perdu est perdu », constate-t-il.
À ce stade, la situation reste donc incertaine. La récolte des céréales, qui commencera en mai, ainsi que celle des légumineuses et de l’olivier plus tard dans l’année (octobre et novembre), dépendront fortement des conditions climatiques à venir. « Nous avons encore besoin de pluie, d’irrigation et de températures modérées pour espérer une bonne production », insiste Rachid Benali.
En attendant, les agriculteurs restent en alerte, scrutant le ciel et espérant que la météo joue en leur faveur dans les semaines à venir.
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