Bourses, diplômes, encadrement : ce qui change en 2025

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Bourses, diplômes, encadrement : ce qui change en 2025Image d'illustration.© DR

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Avec 93% des demandes de bourses satisfaites, près de 4.000 demandes d’équivalence de diplômes traitées en 2024 et un renforcement du recrutement des enseignants-chercheurs, le ministère de l’Enseignement supérieur affiche des avancées notables. Mais des défis persistent, notamment en matière de financement des aides étudiantes, de simplification des démarches administratives et d’encadrement pédagogique.

L’enseignement supérieur marocain connaît des évolutions majeures pour améliorer l’accès aux études et garantir une meilleure reconnaissance des diplômes étrangers. Lors de son intervention à la Chambre des représentants, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a présenté trois axes clés : l’attribution des bourses, l’équivalence des diplômes et le renforcement de l’encadrement pédagogique. Si les chiffres montrent une progression, des ajustements restent nécessaires pour améliorer l’efficacité et l’équité du système.

93% des demandes de bourses satisfaites : un progrès notable

L’année universitaire en cours affiche un taux de satisfaction de 93% pour les demandes de bourses, avec 174.000 étudiants bénéficiaires sur 187.000 demandes déposées dans les délais impartis. Ce chiffre témoigne d’une amélioration de la couverture des étudiants en situation de précarité.

L’attribution des bourses repose sur une décision conjointe entre le ministère de l’Économie et des Finances et celui de l’Enseignement supérieur. Le critère principal reste l’éligibilité définie par le Registre social unifié (RSU), garantissant une prise en compte des besoins des étudiants tout en respectant le budget alloué.

Lire aussi : Le ministère a satisfait 93% des demandes de bourses universitaires

L’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles (ONOUSC) joue un rôle central dans le versement des bourses aux étudiants inscrits dans un établissement public. Toutefois, le système repose exclusivement sur le budget général du ministère, ce qui pose la question de la diversification des sources de financement.

Vers une diversification du financement des bourses

Conscient des limites budgétaires, le ministre a souligné l’importance d’impliquer d’autres acteurs pour garantir la pérennité et l’élargissement des aides aux étudiants. Parmi les pistes envisagées figure la contribution des collectivités territoriales et des conseils régionaux, conformément aux principes de la régionalisation avancée.

Cette approche permettrait d’adapter les aides aux réalités économiques et sociales des différentes régions du Maroc. En effet, la précarité des étudiants varie en fonction du territoire, et une gestion décentralisée des bourses pourrait améliorer leur répartition et leur impact.

Lire aussi : Enseignement supérieur: 75% des postes budgétaires consacrés aux enseignants chercheurs

Une autre piste explorée concerne le mécénat universitaire et le financement privé. De nombreuses entreprises investissent déjà dans des programmes de formation, mais leur contribution aux bourses reste marginale. Encourager le secteur privé à soutenir les étudiants pourrait renforcer la solidarité entre les entreprises et le monde académique, tout en garantissant des profils mieux adaptés aux besoins du marché du travail.

Équivalence des diplômes : un processus en accélération

Outre les bourses, l’équivalence des diplômes représente un enjeu crucial pour les étudiants marocains formés à l’étranger. En 2024, près de 4.000 demandes ont été déposées auprès du ministère, couvrant une diversité de filières de l’enseignement supérieur.

Le ministre a précisé que 3.700 dossiers ont été traités par les commissions sectorielles, qui statuent sur trois types de décisions :

• Octroi direct de l’équivalence, lorsque le diplôme est conforme aux standards nationaux.

• Exigence d’un examen d’évaluation, pour les diplômes nécessitant une validation des compétences.

• Imposition d’un stage complémentaire, notamment pour certaines professions réglementées.

Ce processus repose sur une réglementation rigoureuse, tenant compte des volets administratifs, pédagogiques et professionnels. Il implique également l’avis des départements ministériels et des ordres professionnels concernés, garantissant ainsi une évaluation fine de chaque diplôme en fonction de la spécialité.

Simplification et digitalisation des procédures

Si le nombre de demandes d’équivalence augmente, le ministère s’efforce d’accélérer leur traitement. Pour ce faire, plusieurs mesures ont été mises en place :

• Augmentation du nombre de réunions des commissions sectorielles, permettant un traitement plus rapide des dossiers.

• Élargissement de la liste des établissements étrangers reconnus, ce qui dispense leurs diplômés de la procédure standard d’équivalence.

Lire aussi : Éducation : le ministère accélère la régularisation des fonctionnaires

• Mise en place d’une plateforme numérique, facilitant la soumission et le suivi des demandes.

• Révision des missions de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité (ANAEQ), qui prendra en charge l’ensemble des opérations liées aux équivalences.

Cette transition numérique vise à alléger la charge administrative des étudiants et à améliorer la transparence du processus. Toutefois, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la communication autour des critères d’équivalence et l’harmonisation des standards de reconnaissance des diplômes étrangers.

75% des postes budgétaires consacrés aux enseignants-chercheurs

L’amélioration du système universitaire marocain ne passe pas uniquement par le financement des étudiants, mais aussi par le renforcement de l’encadrement pédagogique. Selon le ministre, 75 % des postes budgétaires du département de l’Enseignement supérieur ont été consacrés aux enseignants-chercheurs.

Au cours des trois dernières années, le nombre de postes budgétaires alloués au ministère est passé de 700 à près de 1.760, permettant un recrutement plus important de professeurs qualifiés. En parallèle, le ministère a fait appel à des professeurs vacataires et visiteurs et a alloué des budgets spécifiques aux heures supplémentaires pour chaque université.

Pour pallier le manque d’encadrement dans certaines filières, le gouvernement mise aussi sur l’enseignement à distance, l’utilisation de ressources pédagogiques numériques et le renforcement de l’infrastructure des réseaux internet dans les institutions et cités universitaires. Ces solutions visent à améliorer la qualité de la formation tout en offrant plus de flexibilité aux étudiants.

Quels défis pour l’avenir ?

Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent. D’une part, le financement des bourses reste tributaire des ressources publiques, limitant leur expansion. L’implication des collectivités territoriales et des entreprises privées pourrait constituer une solution durable pour élargir le nombre de bénéficiaires.

D’autre part, la procédure d’équivalence doit encore gagner en fluidité. Si la digitalisation représente un pas en avant, l’harmonisation des critères d’évaluation des diplômes demeure un enjeu majeur. L’instauration d’accords bilatéraux avec les pays partenaires du Maroc en matière d’éducation pourrait simplifier davantage le processus et réduire les délais de traitement.

Lire aussi : Réforme de l’éducation : entre avancées concrètes et nouveaux projets ambitieux

Enfin, le recrutement des enseignants-chercheurs doit se poursuivre pour répondre à la demande croissante en encadrement universitaire. L’adoption des nouvelles technologies d’enseignement ne doit pas se faire au détriment de l’interaction humaine essentielle à la formation des étudiants.

Les efforts du ministère de l’Enseignement supérieur en matière de bourses, d’équivalence des diplômes et d’encadrement pédagogique témoignent d’une volonté de moderniser l’université marocaine. Toutefois, pour que ces dispositifs répondent pleinement aux attentes, une plus grande diversification des financements, une simplification accrue des démarches administratives et un renforcement continu du personnel universitaire restent indispensables. L’avenir de l’enseignement supérieur dépendra de la capacité du système à conjuguer accessibilité, qualité et innovation.

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