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USA : l'ère Biden, entre optimisme et appréhension

Joe Biden a officiellement entamé ses fonctions de président des États-Unis ce mercredi 20 janvier. Selon plusieurs sources, l’arrivée de ce dernier au pouvoir n’impactera pas la décision de son prédécesseur, Donald Trump, de reconnaitre la marocanité du Sahara ni la nouvelle dynamique des relations diplomatiques maroco-américaines. Toutefois, Biden a promis de modifier pendant les cent premiers jours de sa présidence plusieurs mesures politiques adoptées par l’administration Trump. Une promesse qui n’a pas manqué de faire réagir plusieurs pays étrangers, qui ont tenu à exprimer leur soutien et leurs attentes par rapport à la nouvelle administration américaine.

Par H.L.B, Publié le 21/01/2021, mis à jour le 21/01/2021          Temps de lecture 7 min.
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USA : l'ère Biden, entre optimisme et appréhension

Le Maroc a suivi de très près l’élection et l’investiture du président américain Joe Biden. Ce dernier a entamé ses nouvelles fonctions ce mercredi 20 janvier à Washington dans le cadre d’une cérémonie sans précédent. Le démocrate de 78 ans, le plus âgé à être investi aux États-Unis, s’était présenté à trois reprises aux élections américaines, mais avait essuyé des échecs cuisants. Il avait par la suite occupé pendant huit ans le poste de vice-président de Barack Obama, et était considéré comme l’un des responsables les plus influents de cette administration. Et ce, en raison de l’important rôle qu’il a joué dans le retrait des forces américaines d’Irak et dans la consolidation des relations avec la Syrie et l’Ukraine, entre autres.

 

Lire aussi : USA : les moments forts de l’investiture de Joe Biden

 

Joe Biden et le Maroc

Avant l’arrivée de Biden à la tête du pays de l’Oncle Sam, son prédécesseur Donald Trump, s’était concentré lors des derniers jours de son mandat sur le renforcement des relations des USA avec le Maroc et sur la défense de la souveraineté du Royaume sur son Sahara. Une position qui, selon Jawad Kerdoudi, président de l’Institut marocain des relations internationales (IMRI), ne risque pas de changer sous l’administration Biden. «Je pense que l’administration Biden soutiendra le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour résoudre la question du Sahara. Je pense aussi qu’elle ne reviendra pas sur la souveraineté du Maroc sur son Sahara, vu les liens stratégiques entre les deux pays, et vu que la Proclamation de Donald Trump était tripartite : États-Unis/Maroc/Israël. Or le Lobby pro-israélien est très puissant aux États-Unis», estime notre interlocuteur. Rappelons que le texte de ladite Proclamation a été communiqué par les USA aux 193 États membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et, accompagné par une lettre signée par Kelly Craft, ambassadrice et représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU, le document a également été remis au président du Conseil de Sécurité et au Secrétaire général de l’ONU. La missive de Craft soulignait que pour «la diplomate américaine, la proposition marocaine d’autonomie reste le seul fondement d’une solution juste et durable au différend portant sur le territoire du Sahara»

 

Lettre de Kelly Craft, ambassadrice et représentante permanente des États-Unis auprès de l’ONU

 

Par ailleurs, le président de l’IMRI a confié à notre rédaction que le nouveau gouvernement américain contribuera au renforcement de la nouvelle dynamique des relations diplomatiques entre le Maroc et les États-Unis, «notamment sur le plan économique avec l’installation d’un Consulat général américain à Dakhla». Et d’ajouter que les relations maroco-américaines «sont historiques et reposent sur un dialogue politique et sécuritaire, ainsi que sur des échanges commerciaux et des investissements régis par l’Accord de libre-échange entré en vigueur en 2006. Ces relations d’État à État se poursuivent, quel que soit le président des États-Unis : démocrate ou républicain».

 

Lire aussi : Maroc-USA : l’avenir des relations bilatérales sous l’administration Biden

 

Les premières décisions de Biden

Alors que les décisions de Trump concernant le Maroc et son Sahara ne risquent pas d’être abandonnées, Joe Biden envisage cependant d’avorter, pendant les 100 premiers jours de son mandat, plusieurs mesures et dispositions adoptées par le milliardaire républicain. Ainsi, dès le premier jour de son administration, le démocrate a rejoint l’accord de Paris sur le climat que Trump avait unilatéralement quitté. Il compte aussi arrêter la construction du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, et de détourner les fonds de ce projet de «gaspillage d’argent» vers des efforts tels que de nouvelles mesures de contrôle aux frontières. Les États-Unis étant l’un des pays les plus touchés par la pandémie de la Covid-19, Joe Biden envisage d’accélérer le déploiement du vaccin avec pour objectif ultime de vacciner 100 millions de personnes avec au moins une première dose au cours des trois prochains mois. Autres décisions phares du nouveau locataire de la Maison-Blanche : revenir sur la décision de faire sortir les États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; abroger l’interdiction controversée d'accéder au territoire américain pour les ressortissants de certains pays à majorité musulmane ; instaurer l’obligation de porter des masques sur les propriétés fédérales et lors de voyages entre États ; étendre les restrictions nationales sur les expulsions et les saisies dues à la pandémie ; poursuivre la suspension des paiements des prêts étudiants mise en place pendant la pandémie.

 

Lire aussi : Joe Biden revient sur plusieurs décisions de Trump

 

Réactions internationales à l’investiture de Biden

Les premiers jours du mandat de Joe Biden s’annoncent très chargés, mais son engouement pour la transformation du gouvernement américain et de ses relations internationales a été bien accueilli par les pays étrangers. Après l’investiture de Biden, le Premier ministre du Royaume-Uni Boris Johnson a déclaré qu’il avait hâte de travailler avec le nouveau président. «J’ai hâte de travailler avec lui [Biden] et avec sa nouvelle administration, de renforcer le partenariat entre nos pays et de travailler sur nos priorités communes, qu’il s’agisse de la lutte contre le changement climatique, de la reconstruction après la pandémie ou du renforcement de notre sécurité transatlantique». La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, s’est réjouie que les États-Unis soient «enfin de retour», notant que «l’Europe se tient prête, pour renouer avec un partenaire ancien et de confiance». Alors que le gouvernement chinois a félicité Biden et a appelé à «l’unité» avec Washington, le média local et étatique chinois Xinhua a écrit un éditorial saluant la fin du mandat et de «la folie politique» de Trump.

De son côté, le président iranien Hassan Rouhani a salué le départ du «tyran» Trump, qui a réimposé en 2018 des sanctions punitives contre son pays après avoir décidé de se retirer d’un accord nucléaire historique signé entre Téhéran et les puissances mondiales en 2015. «L’ère d’un tyran a pris fin et aujourd’hui est le dernier jour de son règne sinistre», a-t-il martelé. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a déclaré être impatiente «de travailler avec le président Joe Biden pour renforcer les liens entre les États-Unis et l’Europe, alors que nous sommes confrontés à des défis mondiaux qu’aucun d’entre nous ne peut relever seul». Le président français Emmanuel Macron a pour sa part applaudi la décision du nouveau président américain de rejoindre l’Accord de Paris. «Nous sommes ensemble. Nous serons plus forts pour affronter les défis de notre temps. Plus forts pour construire notre avenir. Plus forts pour protéger notre planète. Bienvenue à l’Accord de Paris !», a-t-il écrit sur Twitter.

Le porte-parole du Hamas palestinien, Fawzi Barhoum, a quant à lui déclaré : «Il n’y a aucun regret au départ de Trump, car il a été la plus grande source et le plus grand sponsor de l’injustice, de la violence et de l’extrémisme dans le monde et le partenaire direct de l’occupation israélienne dans l’agression de notre peuple». Et S’adressant à Biden, il a exhorté la nouvelle administration à «inverser le cours des politiques malavisées et injustes contre notre peuple et à jeter les bases de la sécurité et de la stabilité dans la région». Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a, de son côté, appelé Biden à «renforcer» une alliance de longue date entre les deux pays, notamment pour faire face à la «menace» posée par l’Iran et pour «continuer d’étendre la paix entre Israël et le monde arabe». Enfin, le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador a déclaré qu’il partageait les priorités politiques de Joe Biden. «Je suis d’accord avec ses trois principales approches ... [s’attaquer à la] pandémie, la réactivation économique et la migration. Et bien sûr, je souhaite au président Biden de réussir». Le Mexique a également salué la décision de Biden de suspendre la construction du mur à sa frontière avec les USA.

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