La banque centrale agira en fonction de la direction de l’économie

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Abdellatif Jouahri

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Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5% à l’issue du conseil du 15 décembre. La banque centrale va continuer à pousser les banques à répercuter les deux baisses de mars et juin sur les taux débiteurs et à continuer à garantir des conditions favorables pour le financement des entreprises. Selon ses dernières prévisions, le PIB devrait décrocher de 6,6% en 2020 avant de rebondir à 4,7% en 2021 sous l’hypothèse d’une campagne céréalière normale après deux années de sécheresse. Malgré le choc provoqué par la crise sanitaire, il y a certains signes positifs. Par contre, la situation dans le secteur du tourisme reste préoccupante.

Tous les regards étaient tournés ce mardi vers la banque centrale qui tenait son conseil de politique monétaire. Alors que la situation sanitaire joue des tours à la reprise de l’activité économique, le monde des affaires attendait les éclairages de la banque centrale et possiblement de nouvelles mesures de soutien. À l’arrivée, les administrateurs de Bank Al-Maghrib ont décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, le jugeant approprié dans le contexte actuel. Ce n’est pas une grande surprise puisque les sondages effectués avant la réunion anticipaient un statu quo.

Lire aussi :Bank Al-Maghrib temporise avant de possibles nouvelles mesures en décembre

Soutenir les crédits

La banque centrale va toutefois continuer à pousser les banques à répercuter les deux baisses du taux directeur sur les taux débiteurs. Il est important pour elle de continuer à garantir des conditions favorables pour le financement des entreprises. Les taux moyens débiteurs se sont établis à 4,30% au troisième trimestre en baisse de 79 points de base par rapport à la même période en 2019 et de 28 points de base par rapport au deuxième trimestre 2020. Cette baisse est principalement imputable aux taux fixés pour les crédits Oxygène et Relance. Il sera intéressant de voir le comportement des taux au premier trimestre 2021 lorsque certains dispositifs de soutien vont prendre fin et face à la hausse des créances en souffrance.

Ces dernières ont atteint 79,7 milliards de DH à fin octobre, soit un taux de créance en souffrance de 8,5% contre 7,6% à fin 2019. La Banque centrale qui a tenu une réunion avec le GPBM au début du mois va faire un nouveau point avec le secteur dans les prochaines semaines pour évaluer la situation des bilans et des mesures à prendre pour soutenir l’économie.

Lire aussi :Damane Oxygène et Relance seront désactivés en 2021

Décrochage de la croissance

Selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib, le PIB devrait décrocher de 6,6% en 2020 avant de rebondir à 4,7% en 2021 sous l’hypothèse d’une campagne céréalière de 75 millions de quintaux après deux années de sécheresse. Malgré le choc provoqué par la crise sanitaire, il y a certains signes positifs comme la résilience des transferts des MRE. Les envois des Marocains de la diaspora devraient atteindre 65,6 milliards de DH en fin d’année, en hausse de 1,6%.

Par contre, la situation dans le secteur du tourisme est assez préoccupante. 2/3 des recettes de voyage se sont évaporés sous l’effet de la crise et elles se limiteront à 29 milliards de DH selon les prévisions de la banque centrale. Celle-ci n’entrevoit pas un retour à la situation pré-covid avant au moins 2023. L’impact de la chute des recettes de voyage sur les réserves de change a été largement compensé par le tirage de la LPL et les opérations du Trésor sur le marché financier international.

À la fin de l’année, les avoirs officiels de réserve totaliseraient 321,9 milliards de DH et couvriraient 7 mois et 26 jours d’importation de biens et services.

lire aussi :Première levée en dollar depuis 7 ans

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