Aller au contenu principal

Vaccins et vaccination contre la Covid-19 : les objectifs du Maroc

Le Maroc cherche à atteindre l’autosuffisance en termes de production du vaccin contre la Covid-19, selon le ministère de la Santé. Khalid Aït Taleb a souligné que le Royaume vise non seulement à approvisionner son marché local, mais également ceux de l’Afrique subsaharienne et de l’Afrique du Nord. Alors qu’il a affirmé que le pays se prépare à lancer la campagne de vaccination en décembre, son département a révélé de nouvelles précisions à ce sujet. S’agissant de l’obligation de vacciner l’ensemble des citoyens, bien que certains experts sont pour une vaccination massive, d’autres expriment quelques réserves.

Par H.L.B, Publié le 27/11/2020, mis à jour le 27/11/2020
Teaser Media
Vaccin et vaccination Covid-19 : les objectifs du Maroc

«Le Maroc ambitionne d’atteindre une autosuffisance dans la production de tous types de vaccins et d’assurer l’approvisionnement de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb». C’est en tout cas ce qu’a affirmé Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, dans une interview accordée à l’agence de presse russe Sputnik. Le ministre a déclaré que le pays cherche à produire toutes sortes de vaccins grâce à une «plate-forme de production vaccinale de haute technologie dans la ville technologique Mohammed VI de Tanger». Il a précisé que le site en question permettra de développer des vaccins fabriqués au Maroc, mais que le pays vise également à développer la production vaccinale à l’Institut Pasteur de Casablanca. «Il faudra quelques mois pour que ces projets voient le jour, mais il se peut qu’à la fin de l’année prochaine, nous commencions déjà la production de nos vaccins», a-t-il annoncé.

Aït Taleb a rappelé aussi que le Maroc participe pour la première fois à des essais de vaccins multicentriques, notant qu’il s’agit «avant tout d’un transfert d’expertise et d’un atout pour le pays», rapporte L’Opinion. Il a indiqué que, pour garantir des doses suffisantes à sa population, le Royaume a diversifié ses sources d’approvisionnement, car les vaccins sont une «denrée rare». Et de soutenir que «la capacité de production est limitée pour répondre aux besoins du monde entier», d’où l’importance de ne pas se limiter à l’utilisation d’un vaccin spécifique. Surtout, poursuit-il, que «chaque sérum offre un type d’immunité particulière et le mélange des immunités permet d’atteindre une immunité de groupe assez rapidement». De même, le responsable a souligné que le Maroc a signé plusieurs accords de collaboration pour obtenir des doses de vaccins, notamment avec le laboratoire chinois Sinopharm et l’anglo-suédois Astrazeneca. «Les essais cliniques de leurs vaccins sont très probants. Si tout va bien, on aura les premiers arrivages d’ici décembre. Pour les autres laboratoires (notamment Pfizer), les négociations sont toujours en cours», assure le ministre, en avançant qu’il s’entretiendra la semaine prochaine avec son homologue russe au sujet de l’acquisition de doses du vaccin russe Sputnik-V.

 

On en sait un peu plus sur la stratégie de vaccination

Lors de cette même interview, Khalid Aït Taleb a expliqué que pour ce qui est de la campagne de vaccination anti-Covid-19, l’objectif est «qu’elle soit très courte –ne dépassant pas les trois mois–, qu’elle touche 80% des plus de 18 ans –la population à risque en premier–, et qu’elle offre une vaccination large pour un retour à la normalité le plus tôt possible, soit l’année prochaine». Et d’ajouter : «si l’on arrive à atteindre ce seuil (de 80%), même s’il y a des cas de contamination, le virus disparaîtra automatiquement de manière spontanée».

De son côté, Hespress Fr, qui se penche sur la stratégie marocaine de vaccination en se basant sur un récent document du département de la Santé, révèle plus de détail à ce sujet. Selon le journal digital, ladite stratégie se déclinera en «quatre périodes de 21 jours chacune (schéma vaccinal : 2 doses à 21 j d’intervalle), soulignant que chaque période est dédiée à un groupe défini en vue de maitriser les flux». «La cadence de vaccination sera de 150 et 200 actes vaccinaux par vaccinateur (laboratoires et structures habilitées à effectuer le vaccin) et par jour», fait savoir la même source. Ainsi le ministère de tutelle prévoit de vacciner lors de la première période un total de «10.234.000 individus avec une moyenne d’actes par jour de 568.556». Lors de la deuxième période, ce sont 17.529.000 personnes qui seront vaccinées avec en moyenne 810.000 d’actes par jour, tandis que 14.590.000 Marocains recevront l'injection du vaccin durant la troisième période, à raison de 810.000 actes par jour.

 

Quid d’une vaccination massive au Maroc

Bien que le département de la Santé et son ministre se réjouissent à l’idée de préparer et de lancer la campagne de vaccination anti-coronavirus au Maroc, certains experts du secteur ont exprimé quelques réserves. Dans son hebdomadaire, TelQuel a interrogé trois experts à ce sujet. Pour Adil Lotfi, président du Réseau marocain pour la défense du droit à la santé, chacun est libre de vouloir ou non se faire vacciner, «il faut laisser la liberté de choix à chacun». Jamal Hafid, président de la Société marocaine d’immunologie, estime pour sa part que «le vaccin est la seule solution pour faire disparaître le virus». Il suggère à nos confrères «qu’il faut qu’au moins 60% de la population soit vaccinée pour atteindre une immunité collective suffisante». Cependant, Abdeljabbar El Andaloussi, professeur-chercheur en immunologie, martèle qu’on «peut contrôler la pandémie autrement qu’en vaccinant tout le monde». Selon lui, «les autorités sanitaires savent que la production de ces vaccins a été très rapide et qu’il y a donc un risque. Quelle que soit leur efficacité, on ne peut pas prendre de risque». Enfin, El Andaloussi juge qu’il serait plus judicieux d’avoir recours à une vaccination ciblée plutôt que massive, afin de minimiser les risques d’effets indésirables.

Gestion de la pandémie : le Maroc est parmi les premiers pays d’Afrique

Dans une note sur l’approche de l’impact de la pandémie et les effets de son mode de gestion sur la croissance, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) souligne que «le Maroc a déployé un effort considérab...

Éducation : où en est la réforme ?

Dans le cadre d’une réunion tenue le vendredi 15 janvier et présidée par le Chef du gouvernement Sa...

Vaccins anti-Covid-19 : pourquoi tant de retard ?

Les nouvelles ne sont pas bonnes. Les premières livraisons des vaccins d’AstraZeneca et de Sinophar...

Abdellatif Kabbaj élu Personnalité de l’année du secteur du tourisme

En partenariat avec la Confédération nationale du tourisme (CNT) et l’Office national marocain du tourisme, le journal en ligne spécialisé Tourisma Post a mené un sondage pour élire la personnalité de...

Le maintien de l’heure d’été toute l’année est-il bon pour la santé ?

Il y a de cela plus de deux ans, le gouvernement de Saad Dine El Otmani a instauré et maintenu l’he...

Campagne agricole 2020-2021 : rien n'est encore joué

Grâce aux précipitations qu’a connues l’ensemble du Royaume la semaine dernière, l’année agricole 2...