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Coronavirus : la situation reste sous contrôle

Dans son bilan bimensuel relatif à la situation épidémiologique au Maroc, le ministère de la Santé dresse l’état des lieux de la pandémie de la Covid-19. Le ministre de tutelle, quant à lui, a fait un passage remarqué sur Radio 2M pour aborder la stratégie de gestion de cette pandémie. Il a ainsi répondu à plusieurs questions concernant notamment la situation épidémiologique, les vaccins, l’hydroxychloroquine... Par ailleurs, les professionnels font état d’une pénurie de certains produits (gants en latex, masques FFP2 et masques chirurgicaux) sur le marché privé.

Par Khansaa B., Publié le 30/09/2020, mis à jour le 30/09/2020
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Coronavirus : les indicateurs se stabilisent

Alors que la pandémie du nouveau coronavirus ne cesse de se propager sur le territoire marocain, le ministère de la Santé a dressé le bilan bimensuel relatif à la situation épidémiologique au Royaume, rapporte Aujourd’hui Le Maroc. Présenté ce mardi 29 septembre par Abdelkrim Meziane Bellefqui, chef de division des maladies transmissibles à la Direction de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère, ce bilan présente les statistiques liées à l’évolution des chiffres clés du coronavirus au Maroc pendant deux semaines.


Ainsi, Meziane Belfkih a souligné que pendant les deux dernières semaines, le Maroc a franchi le cap symbolique des 100.000 cas d’infection, ainsi que le plafond des 20.000 cas actifs et des 2.000 décès. Dans le détail, entre les trois périodes s’étalant du 15 au 30 août, du 31 août au 14 septembre et du 15 au 28 septembre, le nombre de cas d’infection est passé de 22.158 à la mi-août, à 26.804 lors de la première moitié du mois de septembre, puis à 29.428 lors de la deuxième moitié du mois. Le responsable a souligné qu’il s’agit d’une augmentation de près de 10% entre les deux dernières périodes. En ce qui concerne le nombre de décès, Belfkih a signalé une moyenne de 500 décès par quinzaine de jours lors de ces trois périodes. Au niveau mondial et continental, le Maroc se classe 31e dans le monde et 2e en Afrique en ce qui concerne le nombre de contaminations et 39e mondialement et 3e en Afrique pour ce qui est du nombre de décès, a-t-il dévoilé.


Des indicateurs qui étaient au vert jusqu’à cet été, mais qui se dégradent depuis. Belfkih a révélé que le taux de reproduction (R zéro) de la Covid-19 au Maroc est stable à 1,2 depuis trois semaines. Le ministère vise à faire baisser ce taux à moins de 1, a ajouté Belfkih. Le responsable a ajouté que le taux d’incidence cumulé est de 328 par 100.000 habitants, précisant que le taux de guérison est de 81% et le taux de létalité de 1,8% avec pas moins de 2.113 décès recensés.


Rappelant la décision du département de la Santé d’autoriser à tous les laboratoires privés d’analyse de biologie médicale à faire le dépistage moléculaire par RT-PCR du SARS-CoV2 avec ou sans tests sérologiques, Belfkih a noté qu’avec plus de 165.000 tests Covid-19 par semaine et 23.500 tests par jour, le Royaume occupe la 31e place au niveau mondial et la 2e en Afrique en ce qui concerne le nombre de tests. Le pourcentage des résultats positifs est en augmentation, passant de 5,9% le début du mois à 9,7%, a-t-il souligné.


 

Khalid Aït Taleb sur Radio 2M


Par ailleurs, invité sur Radio 2M dans l’émission "Faites entrer l’invité", Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, a répondu à plusieurs questions concernant la gestion de la pandémie au Maroc, rapporte TelQuel.


Dans cette sortie médiatique rare, le ministre a souligné que le Maroc en est toujours à la «première vague», dont la hausse de contaminations est liée «à l’apparition de petits phénomènes ponctuels et de clusters». «Pendant la première vague, tous les malades vulnérables étaient protégés. Depuis la levée du confinement, ils ne le sont plus, il y a plus de liberté et c’est normal. Ce sont des résultats attendus, ce n’est pas une surprise pour nous», a-t-il lancé. Cependant, malgré tout, le ministre estime que «la situation reste sous contrôle». «Le Maroc compte parmi les pays qui ont les chiffres les plus bas. C’est vrai que le nombre de cas positifs augmente, mais ceux concernant les cas graves et de décès se stabilisent. C’est de bonne augure», a-t-il expliqué au micro de la journaliste Fathia Elaouni, soulignant que les 60-79 ans restent les plus touchés et les plus présents.


Pour ce qui est des produits 100% marocains, le ministre a indiqué que les respirateurs artificiels et les tests PCR sont en train d’être testés pour être «validés, enregistrés et autorisés». Concernant les tests, Aït Taleb a expliqué qu’il «fallait en vérifier la fiabilité et la conformité technique et il y a tout un processus pour les valider, chose qui a été faite. De plus, il y a eu un accompagnement de la société marocaine les produisant. Aujourd’hui, nous avons même passé des marchés avec elle».


En ce qui concerne le traitement contre le coronavirus, le ministre a expliqué le choix du Maroc de maintenir l’utilisation controversée de la chloroquine malgré la décision de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de suspendre les essais cliniques avec cette molécule, par mesure de précaution. Selon Aït Taleb, l’OMS «a suspendu les essais cliniques, mais pas arrêté le protocole». Il a ajouté que «la prescription d’un médicament revient au médecin», soulignant que «chaque pays a sa souveraineté». Le ministre a également confirmé que l’hydroxychloroquine sera bien vendue en pharmacie, sur ordonnance, pour les maladies chroniques et pour la Covid-19.


En revanche, s’agissant de la prévention, le ministre a souligné que son département mettra en place de nouvelles mesures. Parmi ces dernières, figure la vaccination de masse contre la grippe saisonnière, «gratuitement» accessible aux personnes vulnérables, qui commence mi-octobre, a rappelé Aït Taleb. Cette campagne qui intervient à l’occasion de l’arrivée de la période hivernale antigrippale inclura «des vaccinations en masse pour les personnes vulnérables et les professionnels».


Enfin, le ministre a réaffirmé qu’au Maroc, qui a d’ailleurs conclu le 3 septembre dernier un accord de coopération avec la Chine, un vaccin pourrait être produit très prochainement. Et ce en cas de réussite des essais cliniques pour le vaccin chinois produit par Sinopharm CNBG. Ceci émane d’une volonté royale de faire du Maroc et de ses citoyens les «premiers bénéficiaires» des vaccins, a-t-il souligné.


 

Pénurie de certains dispositifs médicaux


D’un autre côté, Médias24 rapporte que les professionnels des dispositifs médicaux ont lancé l’alerte sur l’éventualité d’une pénurie de plusieurs dispositifs médicaux, notamment les gants en latex, les masques FFP2 et les masques chirurgicaux sur le marché privé. Citant différentes sources, le journal indique que ces produits se font de plus en plus rares dans les pharmacies et chez les revendeurs depuis quelque temps. Toutefois, les raisons de cette pénurie diffèrent pour chaque produit, ajoute le quotidien.


Pour les gants en latex, qui ne sont pas produits au Maroc, cette pénurie est due à la forte demande mondiale pour le latex, un produit jugé essentiel dans la prévention de la transmission des virus en général. Tout comme la demande pour ce produit, son prix a également significativement augmenté depuis le début de la pandémie, notamment sur le marché marocain. «Au Maroc, c'est à partir de 85 dirhams chez les revendeurs», contre 40 dirhams avant la pandémie.


En revanche, en ce qui concerne les masques FFP2 et chirurgicaux, «le problème est local, il n’y a pas de pénurie à l’international», souligne Médias24. Afin d’encourager la production locale, le ministère de l’Industrie exige depuis le mois de juin une licence pour l’importation de ce type de masques. Toutefois, le Maroc ne fabrique que les masques de protection grand public et les masques chirurgicaux, dont la production n’a démarré qu’en septembre. «La production des FFP2 ne se fait pas encore localement. Le ministère a donc stoppé l’importation d’un produit dont il n’existe pas de substitut au Maroc», explique le journal. Ainsi, la situation risque d’empirer si les procédures administratives d’importation ne sont pas simplifiées.


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