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Covid-19 : un corps médical marocain épuisé et en colère

La colère du corps médical marocain a atteint son paroxysme la semaine dernière. La décision du ministère de la Santé de suspendre leurs congés, leurs demandes de congé et d’écourter leurs vacances a poussé ces derniers, déjà exténués par la charge de travail engendrée par le Covid-19, à dénoncer qu’ils ne sont pas des «robots». De son côté, Khalid Aït Taleb, ministre de la tutelle, a annoncé qu’une «prime exceptionnelle» sera «bientôt» octroyée aux professionnels de ce secteur, et ce en reconnaissance pour leurs efforts louables durant cette crise saniatire.

Par H.L.B, Publié le 10/08/2020, mis à jour le 10/08/2020
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un corps médical marocain épuisé et en colère

Le personnel soignant marocain dépassé par la crise sanitaire du nouveau coronavirus. Manque d’effectifs, exacerbation de la pandémie, augmentation du nombre de cas graves et manque de reconnaissance, tous ces facteurs ont épuisé les professionnels de la santé, qui sont au premier front face au Covid-19. Toutefois, c’est la décision du ministère de la Santé de suspendre leurs congés, leurs demandes de congé et d’écourter leurs vacances, et ce pour maîtriser au mieux l’actuelle situation épidémiologique, qui a provoqué l’ire de ces derniers. Les Inspiration Éco rapporte, ce lundi 10 août, que la semaine dernière «dans le cadre d’une manifestation nationale, une centaine de médecins et infirmiers ont troqué leurs blouses pour des pancartes» dénonçant : «le congé est un droit».

Malika Gadabe, infirmière au service de chirurgie à l’Hôpital Moulay Rachid, a précisé au journal que «le personnel de santé est démoralisé et perturbé, et voilà qu’on lui interdit de prendre des vacances». De son côté, Youssef Alout, un technicien de radiologie, déplore que le corps médical a besoin de repos pour pouvoir se préparer pour une éventuelle deuxième vague épidémique, lançant : «nous ne sommes pas des robots». Ce dernier a aussi tenu à rappeler que conformément à l’article 40 de la Constitution «tout fonctionnaire qui exerce sa fonction a droit à un congé annuel payé. La durée du congé est fixée à 22 jours ouvrables par année pendant laquelle le fonctionnaire a exercé sa fonction, le premier congé n’étant accordé qu’après douze mois de service».

 

La réaction du ministère de la Santé

Face à la colère des professionnels de la Santé, le ministère de la tutelle a décidé d’ouvrir le dialogue avec leurs syndicats, notamment l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT). De par cette initiative, le département d’Aït Taleb a tenté d’apaiser les esprits des différentes composantes de ce secteur. C’est ainsi, qu’après plusieurs concertations entre les différentes parties prenantes, que le ministre a annoncé dans la soirée du vendredi 7 août qu’une prime exceptionnelle sera «bientôt» consacrée au personnel soignant pour ses efforts durant la période du Covid-19.

D’après la livraison du jour d’Aujourd’hui le Maroc, cette démarche a été actée à l’issue du dernier round des discussions entre la tutelle, l’UMT, la FDT et la CDT. Le journal explique que l’indemnité en question sera allouée «sur la base de critères de mérite et de répartition objectifs et transparents, selon les responsabilités et les missions accomplies lors de la crise du Covid-19 sur les différents plans locaux, régionaux et centraux, et parallèlement au degré d’exposition aux dangers du virus». La méthode de calcul et de répartition de cette prime sera transmise aux centrales syndicales, qui à leur tour, disposeront de «72 heures (au maximum) pour examiner les suggestions soumises et présenter leur avis avant la mise en œuvre finale des rétributions financières pour tous les professionnels de santé (sans exception)».

Enfin, bien que l’initiative du ministère de la Santé ait réussi à convaincre quelques fonctionnaires du secteur de la Santé, plusieurs autres l’ont jugée insuffisante, voire même «médiocre». Ces derniers exigent encore leur droit aux congés, surtout que depuis plus de quatre mois ils vivent dans la peur de contracter le virus, ou pire encore de le transmettre à leurs proches. Ils soulignent également qu’ils ont perdu plusieurs de leurs confrères à cause du Covid-19, et qu’il est temps que le gouvernement mette à leurs dispositions davantage de moyens pour assurer leurs protections.


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