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Crise du Covid-19 : les défis du ministère des Affaires étrangères

Entre l’opération de rapatriement des nationaux bloqués aux quatre coins du monde, les Marocains résidant à l’étranger (MRE) désirant rentrer dans leurs pays et l’incertitude autour de la réouverture des frontières du royaume, le département de Nasser Bourita n’a pas de temps pour procrastiner. Alors que le rapatriement des ressortissants se poursuit, les MRE coincés au Maroc depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire réclament une intervention royale. De son côté, l’Espagne annonce qu’elle n’accueillera les voyageurs en provenance du Maroc que si le royaume ouvre ses frontières aux voyageurs espagnols.

Par H.L.B, Publié le 30/06/2020, mis à jour le 30/06/2020
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Crise du Covid-19 : les défis du ministère des Affaires étrangères

Le ministère des Affaires étrangères a du pain sur la planche. En effet, depuis la déclaration du premier cas de contamination au coronavirus, le royaume a adopté des mesures drastiques pour contenir la propagation de la pandémie. C’est dans ce cadre-là qu’il a fermé toutes ses frontières et qu’il a suspendu toutes ses lignes aériennes et maritimes, et ce depuis le 14 mars 2020. Ces démarches, bien qu’elles aient contribué à la stabilisation de la situation épidémiologique du pays, elles ont néanmoins engendré d’autres complications, notamment des nationaux piégés dans des pays étrangers eu encore des Marocains résidant à l’étranger (MRE) bloqués dans le royaume.

 

L’opération de rapatriement des Marocains se poursuit

Ainsi après avoir passé plus de 3 mois loin de leur patrie, les nationaux bloqués à l’étranger regagnent progressivement le Maroc. Depuis le 21 juin 2020, le ministère des Affaires étrangères a accéléré l’opération de rapatriement de ces ressortissants, en donnant la priorité à ceux en situation de vulnérabilité, à savoir les personnes âgées ou celles qui souffrent de maladies chroniques. L’objectif de cette démarche est de ramener chaque semaine 5000 à 6000 Marocains. La Royal Air Maroc assure actuellement une trentaine de vols hebdomadaires au départ de 17 pays, dont la France, la Turquie, la Serbie, la Hongrie, la Tunisie, la Mauritanie, les Émirats arabes unis, le Portugal, la Suisse, la Pologne, les Pays-Bas, le Sénégal, la Belgique, l’Italie, l’Autriche et le Royaume-Uni. Cette semaine, entre le 28 juin et le 4 juillet, le processus de rapatriement devrait bénéficier aux ressortissants bloqués en Allemagne, en Égypte, en Turquie et dans les pays du Golfe, entre autres.

Par ailleurs, ce lundi 29 juin, 155 Marocains ont été rapatriés de France à bord d’un vol spécial. Ils ont atterri à l’aéroport Menara de Marrakech, indique Challenge. La même source précise que les mesures de prévention ont toutes été respectées lors de cette opération (port du masque, distanciation physique, désinfections...). Les passagers ont par la suite été conduits vers des hôtels et des stations touristiques de la ville, où ils doivent subir une période de quarantaine avec un suivi sanitaire régulier et des tests de dépistage du Covid-19.

 

Les MRE bloqués au Maroc protestent

Alors que le gouvernement travaille d’arrache-pied pour ramener les nationaux de l’étranger, les MRE bloqués au Maroc dénoncent quant à eux avoir été oubliés par les autorités. D’après Hespress Fr, pour manifester leur mécontentement et leur frustration, ces derniers ont organisé le lundi 29 juin une protestation devant le siège du Parlement à Rabat pour réclamer une solution rapide à leur situation. Un des coordinateurs de cette manifestation a déploré que «des voyages de retour exceptionnels ont été organisés en coordination entre les différentes ambassades et consulats étrangers et le ministère des Affaires étrangères, mais qu’ils ont surtout permis aux ressortissants étrangers de rentrer dans leurs pays et seules quelques places restantes ont été accordées aux Marocains, pas plus 30 ou 40 places». Et de marteler : «Nos revendications sont claires et sont les mêmes depuis 3 mois : des réponses et des informations pour nous expliquer comment nous allons repartir vers notre pays de résidence». Les MRE exigent également une réouverture urgente des frontières afin que les personnes concernées puissent organiser leur retour. De plus, ils ont sollicité l’intervention du roi Mohammed VI pour leur venir en aide.

 

Incertitude autour de la réouverture des frontières du royaume

Pour le moment, les autorités marocaines n’ont toujours pas fixé une date pour la réouverture des frontières du pays. D’après Médias24, plusieurs opérateurs nationaux et internationaux du transport aérien et du tourisme exigent une réponse immédiate du royaume à ce sujet. Par ailleurs, la porte-parole du gouvernement espagnol, Maria Jesus Montero, a déclaré ce mardi que l’Espagne n’ouvrira ses frontières avec le Maroc que si les deux pays établissent un accord réciproque pour permettre aux personnes originaires de la péninsule Ibérique d’entrer dans le royaume. En d’autres termes, l’Espagne n’accueillera les voyageurs en provenance du Maroc que si ce dernier ouvre ses frontières aux voyageurs espagnols. Morocco World News rapporte que Montero a expliqué : «Quand le Maroc le jugera bon, nous collaborerons avec ses autorités pour établir des contrôles afin que le transit des voyageurs ne devienne pas une menace sanitaire».

En outre, L’Économiste indique qu’un communiqué officiel de l’Union européenne (UE), datant de ce mardi 30 juin, annonce que les 27 pays du bloc ont décidé d’ouvrir leurs frontières à une liste de 15 nations, qui comprend le Maroc, dès ce mercredi 1er juillet. La situation épidémiologique liée à la maladie Covid-19 a été jugée suffisamment stable pour une reprise des voyages dans lesdits pays. La liste en question, qui sera actualisée toutes les 2 semaines, comptent l’Algérie, l’Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie, l’Uruguay et la Chine (mais sous condition). Les États-Unis, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie et Israël ne figurent pas quant à eux dans la sélection de pays approuvée par le bloc.


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