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De manifestations à émeutes, la crise sociale aux États-Unis s’empire

Aux États-Unis, les manifestations se poursuivent pour la sixième nuit consécutive après le décès de George Floyd. De plus en plus intense chaque jour, ce mouvement de protestation dénonce les violences policières contre la communauté afro-américaine et le racisme institutionnel profondément ancré dans le pays malgré l’abolition de l’esclavage (il y a quelques années...). La situation a été aggravée par la crise sanitaire et économique qui ravage le pays, ainsi que par les propos du président américain, Donald Trump. Un effet domino qui risque de plonger le pays dans sa pire crise sociale depuis celle de 1968.

Par Khansaa B., Publié le 01/06/2020, mis à jour le 01/06/2020
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De manifestations à émeutes, la crise sociale aux États-Unis s’empire de jour en jour

Dans la nuit de dimanche à lundi, de nouvelles manifestations se sont déroulées dans de nombreuses villes américaines, pour la sixième nuit consécutive. À Minneapolis, ville où George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, a été tué lors d’une interpellation policière violente, des milliers de manifestants se sont rassemblés, provoquant une intervention massive des forces de l’ordre, notamment des policiers et des soldats de la Garde nationale. Tim Waltz, gouverneur de l’État du Minnesota, où se trouve la ville en question, a souligné que le déploiement des soldats de la Garde nationale vise à rétablir l’ordre dans les rues. «La situation à Minneapolis n’a plus rien à voir avec le meurtre de George Floyd. Il s’agit désormais de s’attaquer à la société civile et d’instaurer la peur», a lancé le gouverneur.

«La colère qui a explosé à Minneapolis après la mort de George Floyd s’est rapidement propagée dans tout le pays», écrit le Monde. Outre cette ville de l’État du Minnesota, les émeutes éclatent partout aux États-Unis. Des milliers de citoyens d’au moins 75 autres villes américaines ont protesté contre la mort de George Floyd. Dénonçant les violences policières contre la communauté afro-américaine et le racisme institutionnel. Les manifestants ont bravé les couvre-feux nocturnes imposés par les autorités de plusieurs villes, forçant ces derniers à faire appel à la Garde nationale. Cette dernière a été déployée dans 15 États et dans la capitale, rapporte BFMTV.

À Washington, la tension est montée d’un cran. Une foule de manifestants s’était rassemblée vendredi soir devant la Maison-Blanche en scandant des slogans, en allumant des feux et en brandissant des pancartes. Suite aux affrontements qui se tenaient devant sa résidence, le président américain Donald Trump a dû être emmené dans son bunker souterrain, a dévoilé CNN, citant un fonctionnaire de la Maison-Blanche. Le média américain a rappelé que «si la Maison-Blanche connaît une alerte de niveau rouge, le président doit être transféré au Centre des opérations d’urgence avec sa famille».

De nombreux responsables locaux ont exhorté les manifestants à la retenue, soulignant qu’ils comprennent leur colère. Confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat, Donald Trump a, quant à lui, fustigé les «anarchistes», souligne le Temps.ch. Accusant les «gauchistes radicaux» et la mouvance radicale «antifa» (antifasciste), qu’il a annoncé vouloir inscrire sur la liste des organisations terroristes, a promis de rétablir la paix et l’ordre et de «stopper la violence collective». Appelant les maires et les gouverneurs «libéraux» à s’endurcir, l’occupant du bureau ovale a souligné que «traverser les frontières des États pour inciter à la violence est un CRIME FÉDÉRAL», ajoutant que «le gouvernement fédéral interviendra et fera ce qui doit être fait, ce qui comprend l’utilisation du pouvoir illimité de nos militaires et de nombreuses arrestations». «Nous pouvons avoir des troupes sur le terrain très rapidement si jamais ils veulent nos militaires», a-t-il tweeté.

 

Racisme institutionnel aux États-Unis

Selon l’Écho, les manifestations, de plus en plus intenses chaque jour qui déferlent dans le pays «rappellent que le racisme hérité de l’esclavage n’a jamais disparu». Citant la mort de Éric Garner et Michael Brown en 2014, Timothy Thomas en 2001 à Cincinnati et Rodney King en 1991 à Los Angeles, le journal souligne qu’il ne s’agit pas de la première couverture médiatique intense ni des premières manifestations de masse visant à dénoncer les violences policières. Les violences policières sont en effet la sixième cause de décès des jeunes Afro-Américains. Le mouvement #BlackLivesMatter (La vie des noirs compte), était né peu après la mort de Garner en 2014, afin de dénoncer les violences policières envers cette communauté.

Cependant, l’affaire de George Floyd, symbole d’un mal profondément ancré dans le pays, a pris des proportions inimaginables. La situation a été aggravée par une crise sanitaire et économique sans précédent qui angoisse les personnes les plus vulnérables, notamment les plus pauvres et les minorités raciales, qui «n’ont pas grand-chose à perdre», souligne l’Écho. De plus, Donald Trump, qui est en pleine campagne électorale, rejette la faute sur les démocrates et appelle à réprimer tout débordement. Une rhétorique qui ne fait qu’enflammer les choses.


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