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Projet de loi 22.20 : l'USFP se désolidarise avec Benabdelkader

Fustigé par les Marocains à cause de son projet de loi controversé sur les réseaux sociaux, Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, doit également faire face à la colère de son propre parti, l’Union socialiste des forces populaires (USFP). Une réunion, initiée par 11 membres de l’USFP, est prévue dans les jours à venir pour discuter des répercussions dudit projet de loi quant à la réputation du parti, ainsi que les éventuelles sanctions que pourrait subir le ministre.

Par H.L.B, Publié le 12/05/2020, mis à jour le 12/05/2020
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L'USFP se désolidarise avec Benabdelkader

Depuis le 28 avril 2020, le projet de loi n°22.20 attise la colère des Marocains. Ce texte très controversé, approuvé par le gouvernement le 19 mars sans être publié dans le Bulletin officiel, stipule que «toute personne qui appelle au boycott d’un produit ou d’un service spécifique en public ou par le biais de réseaux sociaux, portant ainsi atteinte à l’ordre public, doit écoper d’une peine de prison allant de six mois à trois ans et d’une amende allant de 5000 à 50.000 dirhams». Rappelons que c’est Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, qui est à l’origine de ce projet de loi. Face à l’indignation générale qu’a suscitée cette législation, Saad Dine El Otmani, chef du gouvernement, a demandé au ministre de consulter le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le Conseil national de la presse (CNP), le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), ainsi que toutes les organisations des droits de l’Homme et de la société civile, afin d’amender les articles susceptibles de porter atteinte à la liberté d’expression et d’opinion. De son côté, Benabdelkader a décidé de repousser les travaux sur ledit texte, et ce jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire.

 

L’USFP tourne son dos à Benabdelkader

En plus des militants pour les droits de l’homme et d’expression, le ministre de la Justice doit également faire face à la colère de son propre parti vis-à-vis du texte de loi qu’il a présenté. Selon Al Ahdath Al Maghribya, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a condamné le projet de Benabdelkader, soulignant qu’il est «en contradiction totale avec les valeurs et principes défendus par le parti». Ainsi, 11 membres du bureau politique de l’USFP ont adressé une lettre au premier secrétaire du parti, Driss Lachgar, exigeant «une démission de Benabdelkader, ou au moins le gel de son adhésion au parti». Les signataires de cette correspondance, notamment Essadia Bensahli, Mina El Talbi, Rihhab Hanane, Chokrane Amam, Abdelhamid Fatihi, Jaouad Chafik, Younes Moujahid, Abdelmaksoud Rachdi, Mohammed Mellal, Salah El Manouzi et Hassan Najmi, réclament la tenue d’une réunion d’urgence de l’instance dirigeante du parti.

Contactée par nos confrères de Médias24, Hanane Rihhab, députée socialiste, a dénoncé que «le camarade Benabdelkader a commis plusieurs fautes graves», l’accusant d’avoir présenté le texte sans consulter «l’état-major du parti». Selon elle, «l’impact de ce scandale poursuivra certainement le parti à l’avenir». Et de déplorer que le ministre «n’a pas non plus adopté l’approche participative requise par la Constitution». Elle explique que «ce type de texte requiert de larges consultations avec les différents organismes syndicaux, des droits humains et de la société civile». La députée soutient qu’une «grande partie du contenu du projet est inadmissible, en ce qu’elle porte atteinte à la liberté d’expression et aux droits de l’homme». Rihhab juge, enfin, qu’il serait préférable que l’USFP se désolidarise «complètement et définitivement des agissements commis par le ministre de la Justice», et d’engager contre lui «les mesures internes et organisationnelles à cet effet».


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