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Coronavirus : le Maroc au stade 2 de l'épidémie

Alors que le stade 2 de l'épidémie vient d'être déclaré, et que les Marocains sont appelés à se placer en isolement volontaire, le personnel de santé tire la sonnette d’alarme. La possibilité d’un ordre de confinement général semble de plus en plus probable, le Maroc s'apprête d'ailleurs à interrompre tout le trafic aérien. En parallèle, les scientifiques du monde entier sont lancés dans une course contre la montre pour trouver un traitement contre le virus.

Par Khansaa B., Publié le 19/03/2020, mis à jour le 19/03/2020
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coronavirus personnel de santé

Le nombre de cas diagnostiqués au Coronavirus ne cesse d’augmenter jour après jour. Hier, le ministère de la Santé a annoncé cinq nouveaux cas atteints du COVID-19 au Maroc. Aujourd'hui, sept nouveaux cas de coronavirus ont déjà été enregistrés, portant ainsi le nombre total des contaminations à 61.

Mercredi, la région de Rabat-Kenitra était la plus touchée par l’épidémie, comptant 14 cas confirmés, suivie des régions de Casablanca-Settat et de Fès-Meknès, avec 12 cas chacune, Marrakech-Safi (5 cas) et Souss-Massa (4 cas), a annoncé Khalid Aït Taleb, ministre de tutelle. Les régions de Beni Mellal, Tanger-Tétouan Al Hoceima et l’Oriental ont enregistré 2 cas confirmés chacune, alors qu’un autre cas été détecté dans la région de Guelmim-Oued Noun, explique le communiqué du ministère de la Santé.

Bien que la plupart de ces cas soient d'origine externe, certains cas locaux ont commencé à apparaître, a déclaré le ministre. Le ministre a souligné que l’apparition de cas d’infection locale signifierait que le pays passe du premier au second stade dans l'évolution de la pandémie. «Les prochains jours seront décisifs», a-t-il déclaré. Le passage à cette nouvelle étape dans la propagation du virus devrait inciter le pays, les autorités et les citoyens à redoubler d’efforts pour limiter les risques de propagation du virus COVID-19, a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité de rester chez soi et de ne sortir qu’en cas de nécessité absolue.

Pour éviter l'entrée sur le territoire de nouveaux cas, les autorités marocaines avaient pris la décision de fermer tous les ports ainsi que toutes les lignes aériennes internationales. Médias 24 souligne qu’à l’issue du rapatriement d’étrangers bloqués au Maroc, qui prend fin ce jeudi 19 mars, le royaume sera coupé du reste du monde. Aucun vol international en provenance et à destination du Maroc ne sera plus effectué. Cependant, estimant que le Maroc se prépare à un confinement général dans les jours à venir, le journal prévoit que tous les aéroports du royaume fermeront d’ici quelques jours.

 

Le personnel de santé vit dans l’angoisse

Selon le ministre, «1362 personnes ont été en contact avec les cas confirmés». «Le nombre de cas confirmés peut ne pas susciter d’inquiétudes, mais l’apparition d’épicentres constitue une période transitoire, entre le passage de la première à la deuxième phase». En préparation à un «élargissement» des contaminations, le ministre a tenu à rassurer quant aux infrastructures de santé. À ce titre, il a souligné que 1640 lits de réanimation, dont 250 lits qui ont été exclusivement créés en prévision de l’épidémie, ont été mobilisés à cet effet. De plus, 44 établissements hospitaliers sont équipés pour la prise en charge des cas confirmés dans le pays. L’Association nationale des cliniques privées (l’ANCP) indique que plusieurs cliniques ont décidé de soutenir l'effort public, notamment en mettant à disposition leurs matériels spécialisé, nous apprend La quotidienne. Du personnel médical devrait être mobilisé pour aider les équipes en place.

Cependant, ce jeudi 19 mars, le quotidien arabophone Assabah nous rapporte que le personnel de santé tire la sonnette d’alarme sur leur manque de moyen et surtout sur le manque de masques et de gants de protection. Citant un infirmier d’un établissement hospitalier à Meknès, le quotidien a annoncé que l’ensemble de la profession fait face à une pénurie d’équipements pour se protéger du Coronavirus.

 

La recherche de traitement et de vaccin progresse

Les groupes pharmaceutiques et les laboratoires de recherche à travers le monde se sont lancés dans une course contre la montre pour développer un traitement et un vaccin efficace contre ce virus, rapporte France 24. Le premier essai clinique pour tester un vaccin a débuté lundi à Seattle, aux États-Unis. Selon les autorités sanitaires américaines, le vaccin, qui se nomme mRNA-1273, a été développé par des scientifiques des Instituts nationaux de santé américains (NIH) et de l’entreprise de biotechnologies Moderna, basée à Cambridge dans l’État du Massachusetts. «L’essai clinique ouvert va inclure la participation de 45 adultes volontaires en bonne santé âgés de 18 à 55 ans pendant environ six semaines», ont indiqué les Instituts nationaux de santé américains (NIH) dans un communiqué. Afin de déterminer si le vaccin est efficace et sécurisé, les participants devront passer par différentes phases qui prendront au minimum une dizaine de mois. La Chine et l'Europe sont également sur les rangs. Néanmoins, un vaccin testé et approuvé en vue d'une commercialisation ne devrait pas intervenir avant le milieu de l'an prochain.

En Chine, le traitement antiviral nommé Remdesivir, qui est déjà dans la dernière phase d'essais cliniques, serait efficace dans la lutte contre la maladie.

En Espagne, depuis ce lundi 16 mars, 200 personnes porteuses du coronavirus et environ 3000 personnes en contact avec les infectés participent au premier essai clinique visant à prévenir la transmission du Coronavirus, rapporte Catalan News.

Sanofi, qui s’est associé au ministère américain de la Santé veut utiliser une «technologie de recombinaison de l’ADN» pour créer une nouvelle entité cellulaire à même de provoquer une réponse immunitaire. De plus, après des essais jugés «prometteurs» sur des patients atteints du Coronavirus, il s’est avéré que l’anti-paludique Plaquenil pourrait être utilisé pour traiter ce virus. Selon France 24, le groupe pharmaceutique français s’est dit prêt à offrir des millions de doses aux autorités sanitaires françaises.

Au regard d’une étude aux résultats encourageants menée sur ce médicament, le gouvernement marocain s’est activé pour sécuriser ses stocks, rapporte Telquel. Selon la même source, le ministère de la Santé a passé une «commande d’achat couvrant l’ensemble du stock de Nivaquine, un antipaludéen produit au Maroc par le laboratoire français Sanofi». Selon une source proche du laboratoire «l’approvisionnement de ce produit, ainsi que ses conditions utilisation, sont désormais du ressort exclusif du gouvernement». Et d’ajouter que «les autorités ont réclamé une production supplémentaire du même antipaludéen». Ce dernier est commercialisé au prix public de 12 dirhams la boîte de 20 comprimés.


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