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Réfugiés syriens : le ton monte entre la Turquie et l’Union européenne

Les forces de sécurité grecques ont utilisé mercredi des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre des centaines de migrants essayant de traverser la frontière gréco-turque. Ce déplacement massif fait suite à la décision d’Ankara de ne plus empêcher les réfugiés de se rendre en Europe. Une démarche très controversée qui vise à faire pression sur l’Union européenne, pour que ces membres soutiennent les ambitions géopolitiques du président turc, Tayeb Recep Erdogan, dans la région d’Idlib en Syrie.

Par H.L.B, Publié le 04/03/2020, mis à jour le 04/03/2020
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Le ton monte entre la Turquie et l’UE

Plus de 10 000 migrants tentent de franchir la frontière grecque depuis que la Turquie a déclaré, jeudi dernier, qu’elle ne respecterait plus l’accord qu’elle a signé en 2016 avec l’Union européenne (UE), rapporte Reuters. Ledit accord avait pour objectif de mettre fin aux flux migratoires vers l’Europe en échange de milliards d’euros d’aide. Ainsi, la Grèce et l’UE accusent la Turquie d’encourager délibérément les réfugiés à traverser la frontière européenne. Une démarche qui, selon eux, vise à faire pression sur Bruxelles pour qu’elle offre plus d’argent à Ankara, mais surtout pour qu’elle soutienne les ambitions géopolitiques du président turc, Tayeb Recep Erdogan, dans le conflit syrien. D’après le journal turc Daily Sabah, Erdogan a précisé ce mercredi que «si les pays européens veulent résoudre le problème, ils doivent soutenir les efforts de la Turquie pour trouver des solutions politiques et humanitaires en Syrie».

Selon Asharq Al Awsat, la Turquie, qui accueille déjà 3,6 millions de réfugiés syriens et qui fait face à un nouvel afflux dû à la recrudescence des combats dans le nord-ouest de la Syrie, affirme que l’UE n’apporte pas une aide suffisante pour faire face à l’ampleur de la crise des réfugiés syriens. De plus, poursuit la même source, les responsables turcs ont dénoncé la maltraitance que subissent les migrants de la part des autorités grecques. Ils déplorent que ces dernières aient tué un migrant et blessé cinq autres personnes, ce mercredi, à la frontière. En réponse, le porte-parole du gouvernement grec, Stelios Petsas, a affirmé : «la Turquie diffuse de fausses nouvelles... Je rejette catégoriquement cette affirmation».

Crise humanitaire

Ce mercredi, lors de la réunion hebdomadaire du parti Justice et développement (AKP), Erdogan a souligné que la Grèce et l’UE doivent se conformer à la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 par les Nations Unies et respecter les migrants qui arrivent sur leurs terres, rapporte Euronews. «Nous appelons notamment la Grèce et tous les pays de l’UE à traiter avec respect les réfugiés qui sont venus sur leur territoire, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme», a-t-il lancé.

Très préoccupés par l’escalade des tensions au niveau de la frontière gréco-turque, les dirigeants de l’UE ont promis, de leur côté, de débloquer 700 millions d’euros pour aider la Grèce à gérer la crise des migrants. Ils ont également exhorté la Turquie à retarder l’annulation de l’accord de 2016. Selon la même source, les 27 pays membres du bloc craignent une répétition de la crise des migrants de 2015-2016, lorsque plus d’un million de réfugiés sont arrivés en Europe occidentale via la Turquie et les Balkans, mettant à rude épreuve leurs services de sécurité et de protection sociale.


Pour rappel, la Turquie a décidé d’ouvrir ses frontières avec l’Europe après que 55 soldats turcs ont été tués en février par les forces du régime à Idlib, au nord-ouest de la Syrie. Ces derniers ont été mobilisés dans la région pour protéger les civils locaux dans le cadre de l’accord turco-russe de 2018, qui interdit les actes d’agression et de violence dans cette province. Toutefois, ces derniers mois les échanges d’hostilités entre le régime de Damas, soutenu par Moscou, et les rebelles syriens, alliés d’Ankara, ont mis fin à ce traité. C’est d’ailleurs suite à l’exacerbation de la crise syrienne qu’Erdogan et son homologue russe, Vladimir Poutine, vont se rencontrer ce jeudi 5 mars à Moscou. Le dirigeant turc espère réviser les termes de l’accord de 2018 avec Poutine pour instaurer un cessez-le-feu durable à Idlib.


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