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Crise libyenne : nouveau coup dur pour le process de médiation

Dans la soirée du lundi 2 mars, Ghassan Salamé, a annoncé sa démission du poste d’émissaire des Nations Unies en Libye. En poste depuis près de 3 ans, l’ex-ministre de la Culture du Liban a expliqué que c’est pour des raisons de santé qu’il a décidé de se retirer de la médiation entre les factions libyennes rivales. La démission de Salamé intervient après l’échec des pourparlers de Genève, qui ont réuni 5 officiers de l’armée nationale libyenne autoproclamée (ANL) et 5 représentants du gouvernement d’entente national (GEN).

Par H.L.B, Publié le 03/03/2020, mis à jour le 03/03/2020
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Crise libyenne : nouveau coup dur pour le process de médiation

Nouveau coup dur pour le processus de médiation entre les factions libyennes rivales. Ce lundi 2 mars, l’émissaire des Nations Unies (ONU) en Libye, Ghassan Salamé, a annoncé sur son compte Twitter sa démission «pour des raisons de santé», rapporte Al Jazeera«Je dois reconnaître que ma santé ne me permet plus de subir autant de stress, j’ai donc demandé au secrétaire général de l’ONU de me libérer de mes fonctions», a-t-il précisé. La décision de Salamé a été confirmée par la suite par le porte-parole de l’ONU à New York, Stéphane Dujarric, indique Le Point«Le secrétaire général a reçu un message de M. Salamé exprimant son intention de quitter son poste de représentant spécial pour la Libye», affirme Dujarric. Et d’ajouter : «Le secrétaire général a toujours fait pleinement confiance au travail de M. Salamé et aux grands efforts qu’il a déployés pour ramener la paix en Libye. Le secrétaire général discutera avec M. Salamé de la manière d’assurer une transition en douceur afin de ne pas perdre les acquis déjà atteints».

Médiation de Salamé

Désigné par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, Salamé a occupé depuis 2017 les fonctions de médiateur onusien entre les parties en conflit en Libye, explique Jeune Afrique. Le pays nord-africain, l’un des plus importants producteurs de pétrole au monde, avait plongé dans un chaos politico-économique après le renversement et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Depuis, aucun gouvernement n’a réussi à reconstruire le pays déchiré par une guerre civile. Puis en avril 2019, la crise libyenne s’est intensifiée quand l’Armée nationale (ANL) du général Khalifa Haftar a jeté son dévolu sur la capitale Tripoli, siège du Gouvernement d’entente nationale, qui est dirigée par Fayez Al Sarraj et qui est reconnu par la majorité des puissances mondiales, rappelle la même source.

Échec des négociations

Salamé a tenté à plusieurs reprises de ramener les deux camps ennemis à la table des négociations pour mettre fin à cette guerre meurtrière. Il a exhorté les pays présents en Libye à ne plus intervenir dans les affaires internes du pays. De plus, il a souligné qu’il a travaillé d’arrache-pied «pendant plus de deux ans pour unir les Libyens et pour restreindre l’ingérence étrangère afin de préserver l’intégrité de la Libye». L’émissaire onusien fait ainsi référence au Sommet de Berlin sur la Libye, qui a eu lieu le 19 janvier 2020, ainsi qu’aux pourparlers interlibyens de Genève. D’ailleurs, le samedi 29 février, à l’issue de ces derniers rounds de négociations, portant sur les volets, politique, militaire et économique, Salamé a dénoncé le manque de soutien des pays étrangers dans la résolution de cette crise. Il avait martelé : «Ai-je obtenu le type de soutien dont j’avais besoin... ? ... Ma réponse est non». Le Point souligne pour sa part que les discussions en Suisse, qui ont opposé 5 officiers de l’ANL et 5 représentants du GEN, ont été un échec cuisant pour Salamé. En effet, les deux camps ont suspendu leur participation et ont poursuivi les échanges d’hostilités aux portes de Tripoli.

Pour rappel, la démission de Salamé intervient après que la Turquie ait commencé à déployer des troupes en Libye, dont des mercenaires syriens. Ce soutien militaire visait à contrer la progression de l’ANL, soutenue par les forces armées russes, vers la capitale libyenne. En outre, malgré leurs engagements à ne plus s’ingérer dans la crise du pays nord-africain, plusieurs pays n’ont pas respecté l’embargo sur les armes instauré par l’ONU. Ils ont ainsi continué à fournir clandestinement des équipements militaires aux deux factions rivales.


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