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Militantisme : 9e anniversaire du "Mouvement du 20 février"

Ce jeudi marque le 9e anniversaire du "Mouvement du 20 février" au Maroc. Ce mouvement a vu le jour en marge de la révolution du printemps arabe de 2011, qui a renversé plusieurs chefs d'État, notamment le président Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, le président Libyen Mouammar Kadhafi et le président égyptien Housni Moubarak. Au Maroc, cette fronde sociale composée principalement de jeunes et d'étudiants est descendue dans la rue pour exiger des réformes sociales radicales. Où en est ce mouvement aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a changé depuis 2011 ?

Par Nora Jaafar, Publié le 20/02/2020 à 16:17, mis à jour le 06/01/2021 à 10:51          Temps de lecture 4 min.
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9e anniversaire du "Mouvement du 20 février"

En 2011, le monde arabe a été ébranlé par une révolution sociale de grande envergure et sans précédent. En effet, le printemps arabe qui a été déclenché en premier lieu en Tunisie avant d’arriver en Égypte, en Libye, en Algérie, en Syrie... etc, a été nourri par le ras-le-bol des peuples arabes, qui sont descendus dans les rues pour exiger la fin de la dictature, le départ des politiques corrompus et l’amélioration de leurs conditions de vie. Le Maroc a également été touché par ce vent de révolte.

Hespress FR rappelle que le royaume a connu en 2011 la naissance du "Mouvement du 20 février". Des milliers de jeunes, mais aussi des personnes âgées, ont envahi les villes du pays pour réclamer de véritables réformes sociales. En réponse, le roi Mohammed VI avait annoncé le 9 mars de la même année une refonte de la Loi fondamentale. Cette révision avait par la suite été votée lors d’un référendum le 1er juillet 2011. La même année, des législatives anticipées ont été organisées en novembre et remportées par le parti de la justice et du développement (PJD).

Que devient le Mouvement 20 février aujourd’hui ?

«Le mouvement du 20 février est toujours là parmi nous, il existe toujours», affirme Khadija Ryadi, lauréate 2013 du Prix de l’ONU pour les droits de l’Homme et ex-présidente de l’AMDH. Elle explique que certes, la structure, les réunions et les rassemblements du mouvement n’existent plus, toutefois ce dernier a inspiré d’autres courants comme le Hirak du rif ou encore celui de Jerrada. Selon Ryadi, aujourd’hui les militants marocains utilisent encore les mêmes slogans du 20 février, bien que la majorité d’entre eux n’aient jamais participé au mouvement de 2011.

Lui faisant écho, Hassan Bennajeh, membre de la puissante association Justice et Bienfaisance (Adl wal Ihssane), affirme au quotidien Akhbar Al Yaoum que «l’esprit du 20 février perdure». Outre Ryadi et Bennajeh, l’ex-président de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), Ahmed El Hayej juge que malgré la disparition du mouvement, ce dernier «inspire encore les jeunes et les nouvelles générations à réclamer leurs libertés, le respect de leur dignité et une meilleure justice sociale».

De son côté, Mohammed Mesbah, directeur de l’Institut marocain d’analyse des politiques (MIPA), souligne que le «20 février est bel et bien mort». Il précise que «la dynamique interne du mouvement manquait, depuis le début de ses manifestations, d’un objectif clair et d’une vision longtermiste». Et d’ajouter : «le mouvement n’a pas réussi à former une élite dirigeante qui lui aurai permis d’avoir davantage de crédibilité et de poursuivre sa lutte».

Qu’est-ce qui a changé depuis 2011 ?

Selon Bennajeh et Ryadi le principal changement qu’a apporté le mouvement 20 février est que les Marocains n’ont plus peur aujourd’hui de réclamer leurs droits. «Les gens sont conscients aujourd’hui que pour améliorer leur situation et avoir ce qu’ils souhaitent, il faut bouger, il faut revendiquer. Le mouvement du 20 février a servi de leçon aux citoyens pour revendiquer, crier leurs doléances et occuper la place publique pour faire entendre leur voix», précise Ryadi. «La chose la plus importante qu’a réalisée le mouvement du 20 février est qu’il a cassé le mur de la peur qu’avaient les Marocains. Le 20 février a libéré la voix et donné lieu à une vague de protestation et de manifestation au Maroc», affirme le président de l’AMDH, Aziz Ghali.

Ghali déplore toutefois que la sphère politique n’ait pas pu suivre la relance du 20 février. Il estime que «le mouvement du 20 février a apporté une nouvelle constitution, mais les partis politiques n’ont pas cherché à savoir si elle a répondu ou pas aux doléances du mouvement». Il explique que le mouvement «a apporté une nouvelle constitution, mais qui comprend énormément de lois organiques qui devaient organiser les acquis du mouvement du 20 février. Malheureusement, les lois sont sorties, mais elles ne répondaient pas aux normes exigées». Selon le président de l’AMDH la question qui se pose, est : «doit-on attendre encore une fois que la jeunesse descende à la rue pour commencer à remédier aux différents problèmes sociaux et commencer à chercher comment régler le problème ?».

Triste célébration pour le 9e anniversaire du Mouvement du 20 février

En effet, dans le cadre du neuvième anniversaire du mouvement du 20 février, des militants des droits de l’Homme se préparent à descendre à nouveau dans la rue pour protester contre le déclin des libertés individuelles et la répression que subie les activistes dans le pays. Selon Akhbar Al Yaoum, une manifestation massive est prévue dans ce sens ce dimanche 23 février, à Casablanca, ainsi que dans une dizaine de villes du royaume. Selon les organisateurs de cette protestation, l’objectif de leur rassemblement n’est ni syndical ni politique, mais c’est plutôt une initiative sociale visant à mettre l’accent sur les doléances des associations, des activistes quant aux droits et libertés des citoyens.

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