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Le Top 10 des mouvements de protestations de 2019

L’année 2019 a été principalement marquée par des manifestations populaires massives. Dans certains pays, ces mouvements de protestations ont même réussi à renverser des dirigeants de longue date qui semblaient autrefois invulnérables. Ces contestations ont mis la lumière sur les souffrances des citoyens ainsi qu’à leurs frustrations vis-à-vis de l’économie, la politique ou le social de leurs pays.

Par H.L.B, Publié le 31/12/2019, mis à jour le 31/12/2019
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protestations

Les manifestations de rue ont secoué plusieurs villes du monde en 2019. Certaines ont entrainé la chute de plusieurs dirigeants, tandis que d’autres ont souligné un mécontentement féroce vis-à-vis des gouvernements de leurs pays. Partout dans le monde les militants et activistes ont réclamé le départ des gouvernements corrompus, un meilleur niveau de vie, plus de libertés et plus de droits.

Voici le Top 10 des mouvements de protestations les plus violents qu’a connu le monde en 2019.

 

1. L’Algérie met fin aux 20 ans de règne du président Abedelaziz Bouteflika :

Le mouvement Hirak en Algérie a fait son apparition en février 2019, lorsqu’une coalition de dirigeants de partis d’opposition a appelé à la démission du président, Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier, encore très malade, ne s’était pas pleinement remis de l’AVC dont il a souffert en 2013. Les jeunes Algériens, qui n’avaient connu que ce seul dirigeant, ont envahi les rues du pays refusant le 5e mandat de Bouteflika et exigeant le départ de toute son administration. Face à ce large soulèvement, l’Armée Nationale Populaire algérienne a retiré son soutien au leader et l’a exhorté à abandonner son projet de reprendre pour la 5e fois les reines du pays. Ainsi, Bouteflika a fini par démissionner le 2 avril 2019. Aujourd’hui, après les dernières élections de décembre 2019, les Algériens ont à nouveau organisé des manifestations, cette fois pour réclamer de « vraies réformes sociales, économiques et politiques ».

 

2. Après 30 ans, le Soudan évince le président Omar Al-Bachir :

Les protestations qui ont été enclenchées pour dénoncer l’augmentation du prix du pain se sont rapidement transformées en appels au renversement du régime du président Omar Al-Bachir. Ce leader avait gouverné le Soudan pendant plus de trois décennies et était recherché pour crimes de guerre pour son rôle dans le génocide du Darfour. Dans ce pays, où près de 60 % de la population a moins de 30 ans, les étudiants — et surtout les jeunes femmes — ont été les principaux acteurs de cette révolution. Bachir a finalement été évincé le 11 avril 2019, après des mois de manifestations, de marches et de protestations meurtrières. Le Soudan a maintenant entamé une phase de transition politique, qui durera trois ans, afin d’offrir au pays un régime plus démocratique. Pour sa part, le président déchu a été condamné à deux de prison pour corruption, et compte faire appel pour atténuer sa peine.

 

3. Hariri se retire au Liban :

Alors que l’année 2019 touche à sa fin, les rues de Beyrouth sont encore en ébullition. Les manifestants s’affrontant aux forces de l’État et aux partisans du Hezbollah. Fin octobre 2019, le projet de « taxe WhatsApp » a déclenché la colère des Libanais qui ont organisé par la suite des protestations antigouvernementales de plus grande envergure. Frustrés par l’incompétence de leur gouvernement, qu’ils accusent d’avoir ruiné l’économie du pays, les militants ont appelé à la fin de la corruption endémique et de l’élitisme politique. Afin d’apaiser les citoyens de son pays, le Premier ministre Saad Hariri a cédé à leur revendication et a présenté la démission de sa coalition le 29 octobre 2019. Suite à ces contestions massives et à la fermeture de plusieurs banques et entreprises libanaises, le pays est actuellement confronté à une profonde crise financière.


4. Le Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi démissionne :

L’Irak a connu des troubles similaires, menés par des jeunes et des personnes à faible revenu. Ces derniers exigent la fin de la corruption, du chômage et la reconstruction des infrastructures du pays. La Commission des droits de l’homme des Nations Unies a fustigé et condamné les autorités irakiennes qui ont utilisé des munitions réelles pour disperser les militants. Le bilan des victimes de ces interventions serait estimé à 354 décès, mais l’ONU affirme que le chiffre réel est probablement plus élevé. En réponse aux revendications de son peuple, le Premier ministre, Adel Abdul Mahdi, a démissionné fin novembre.

 

5. En France la taxe sur l’essence n’est que la partie visible de l’iceberg :

En janvier 2019, les manifestants du mouvement des « Gilets Jaunes » ont protesté contre l’augmentation des impôts du gouvernement. Après 11 samedis consécutifs de rassemblement antigouvernementaux violents, le président français, Emmanuel Macron, a promis une série de débats pour calmer la dissidence. Mais en décembre 2019, l’économie de la France a de nouveau été paralysée. En effet, le projet de réforme des retraites de Macron a provoqué l’ire des fonctionnaires, qui observent depuis plus de 25 jours une grève générale.


6. Le peuple iranien n’a plus confiance en son gouvernement :

Les troubles ont commencé le 15 novembre en Iran lorsque le gouvernement a brusquement augmenté le prix du carburant de 300 %. Des protestations ont spontanément éclaté dans plus de 100 villes et villages, menées par des jeunes et des fonctionnaires qui exigeaient la démission de leurs chefs religieux. Le gouvernement a par la suite bloqué internet dans tout le pays afin d’empêcher toutes couvertures médiatiques des rassemblements de militants iraniens. Il a été révélé plus tard que ces manifestations ont été étouffées par une répression sécuritaire, et l’État a admis avoir tué des « rebelles semeurs de troubles qui menaçaient la stabilité du pays ».

 

7. L’état d’urgence déclenché à Hong Kong :

En avril 2019, la chef de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, a proposé un projet de loi sur l’extradition permettant de transférer des prisonniers vers la Chine. En juin, des milliers de Hongkongais sont descendus dans la rue pour dénoncer l’ingérence de Pékin dans la politique de leur territoire. Les protestations sont devenues brutales lorsque les étudiants ont occupé l’Université de la ville et que les forces de l’ordre ont commencé à s’en prendre aux manifestants. La violence s’intensifiait avec la multiplication et la poursuite des contestations pro-démocratiques. Les militants de Hong Kong affirment qu’ils ne comptent pas abandonner leur combat et qu’ils sont prêts à défendre à tout prix leur liberté.

 

8. "Coup d’État" au Venezuela :

En janvier 2019, le monde a tourné son attention vers le Venezuela, où le chef de l’opposition, Juan Guaidó, s’était déclaré président au lieu du président sortant Nicolas Maduro. Alors que les pays étrangers exprimaient leurs soutiens à Guaido ou à Maduro, la crise politique déchirait la nation en provoquant un vaste mouvement de protestation. L’instabilité du pays a forcé plusieurs milliers de Vénézuéliens à quitter leurs foyers et à chercher refuge dans les pays voisins. Entre-temps, les protestations prenaient davantage d’ampleur et se poursuivaient dans les principales villes du pays. Toutefois, aujourd’hui, Maduro est toujours au pouvoir, l’inflation continue de grimper en flèche et la qualité de vie s’effondre.

 

9. Morales quitte la présidence de la Bolivie :

Evo Morales soutient que c’était un coup d’État américain, d’autres y voient la volonté du peuple qui s’exprime après une élection sous hautes tensions. Quoi qu’il en soit, l’armée et la police bolivienne ont contraint le président à démissionner en novembre, à la suite d’une vague de protestations contestant les résultats des dernières présidentielles. Morales s’était déclaré vainqueur du scrutin d’octobre 2019, mais l’opposition a dénoncé une fraude électorale. L’élection a par la suite été annulée, car des experts internationaux ont constaté diverses irrégularités. Le président renversé, qui a demandé l’asile politique à l’Argentine, rejette tout acte répréhensible et affirme qu’il sera de retour chez lui d’ici la fin de l’année prochaine.

 

10. Plus de retour en arrière possible pour les Chiliens :

Depuis octobre 2019, le Chili est en proie à des vagues de troubles sociaux sans précédent. Pour cause, les tentatives entamées en 1990 pour assurer la transition du pays vers un gouvernement démocratique. Pendant plusieurs années, le pays était considéré comme une oasis de stabilité en Amérique latine. Cependant, lorsque le gouvernement a augmenté en octobre les tarifs du métro, la descente en enfer a commencé. Les militants chiliens, qui ont manifesté pour la restauration de la dignité et de l’équité du pays, ont été confrontés à une répression brutale. L’État a ensuite décrété l’état d’urgence, qui a duré une semaine. De nouvelles réformes ont été introduites, mais les manifestations hebdomadaires se poursuivent avec de nouveaux espoirs d’amendements constitutionnels à l’horizon.

 

(Sources : NBC News, Reuters, France 24 et le New Yorker)


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