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Afghanistan Papers : le nouveau scandale des politiques américaines

Des centaines d’entretiens confidentiels de personnalités clés impliquées dans la prolongation de la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan ont été révélés ce lundi 9 décembre par le quotidien américain le Washington Post. Le journal dénonce que Washington a menti au sujet de ce conflit qui dure depuis 18 ans et qui a couté la vie à plus de 2300 soldats américains.

Par H.L.B, Publié le 10/12/2019, mis à jour le 30/12/2019
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« Afghanistan Papers » révélés ce lundi par le Washington Post, mettent en lumière les mensonges et manipulations américains pour couvrir les raisons de la prolongation de la guerre en Afghanistan. Les transcriptions des entrevues publiées par le journal, après trois ans de bataille juridique, ont été recueillies dans le cadre du projet « Lessons Learned » par le Bureau de l’Inspecteur général spécial pour la reconstruction de l’Afghanistan (Sigar). Cet organisme fédéral est chargé d’abolir la corruption et l’inefficacité de l’effort de guerre américain, rapporte le quotidien américain.

 

Le rapport de 2 000 pages dévoile les opinions sans vergogne de plusieurs personnes impliquées dans cette guerre qui a coûté 1 000 milliard de dollars américains, tué plus de 2300 militaires américains et grièvement blessés plus de 20 000 autres. Des dizaines de milliers de civils afghans sont également morts à cause de ce conflit, souligne The Guardian. Le journal ajoute que ces transcriptions font écho à l’affaire des « Pentagone Papers » (l’histoire secrète de l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam) qui ont fuité en 1971 et qui ont dévoilé l’histoire troublante de la couverture de l’échec militaire des États-Unis. Sigar a entamé son enquête en 2014, afin d’identifier les raisons des échecs successifs des politiques en Afghanistan. Le chef de l’organisme, John Sopko, a confié au Washington Post que les entretiens collectés confirment que « le peuple américain a été constamment dupé ».

 

Par ailleurs, la publication de ces transcriptions, indique The Guardian, apporte deux affirmations majeures : les responsables ont manipulé les statistiques pour assurer au public américain qu’ils sont en train de gagner cette guerre ; les administrations successives ont fermé les yeux sur la corruption des responsables afghans, permettant ainsi le vol de l’aide américaine en toute impunité. Sous le couvert de l’anonymat, un haut fonctionnaire du Conseil de sécurité nationale a déclaré en 2016 : « Il était impossible de créer de bons paramètres de mesure. Nous avons exploité le grand nombre de soldats formés, des niveaux de violence élevés, le contrôle du territoire et rien de tout cela n’a brossé un tableau clair ». Et d’ajouter : « Les mesures ont été manipulées pendant toute la durée de cette guerre ».

 

« Afghanistan Papers » mettent l’accent sur le point de vue de nombreuses personnes sur un conflit, dont les objectifs de guerre sont vagues et irréalisables, poursuivi et défendu par trois présidents américains : George W Bush, Barack Obama et Donald Trump. Dans une déclaration poignante, Douglas Lute, que le Washington Post décrit comme le "tsar de la guerre en Afghanistan de la Maison Blanche" sous Bush et Obama, a indiqué en 2015 : « Nous étions dépourvus d’une compréhension fondamentale de l’Afghanistan - nous ne savions pas ce que nous faisions ».

 

Ces documents ont été obtenus après que les responsables du Washington Post se soient présentés à deux reprises devant les tribunaux fédéraux pour réclamer la publication des transcriptions des entrevues. Seules les identités de 62 des personnes interrogées ont été révélées. Au total, 366 autres noms ont été expurgés après que Sigar ait insisté pour qu’ils soient considérés comme des dénonciateurs et des informateurs.

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