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Pourquoi les Farc menacent de rompre l'accord de paix avec la Colombie

De hauts responsables des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (Farc) ont annoncé qu’ils étaient prêts à reprendre la guerre après trois ans de paix.

Par Nora Jaafar, Publié le 30/08/2019 à 17:00, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Le Daily Telegraph rapporte que le pays d’Amérique du Sud était « sur le qui-vive » jeudi après que le « principal négociateur de paix » de l’insurrection marxiste a exhorté ses disciples à prendre les armes pour reprendre le plus long conflit de guérilla dans l’hémisphère ouest.

 

Luciano Marin, plus connu sous le nom d’Ivan Marquez, a fait cette annonce dans une vidéo YouTube de 32 minutes dans laquelle il apparaît avec une vingtaine de guérilleros lourdement armés devant un panneau sur lequel on peut lire : « Tant qu’il y aura une volonté de se battre, il y aura un espoir de victoire ».

 

Comment le conflit a-t-il pris fin ?

Un accord de paix a été signé à La Havane en 2016 qui « a cherché à mettre officiellement fin à 52 ans de guerre qui ont fait plus de 260 000 morts et forcé sept millions de personnes à quitter leur foyer, dans un conflit amer entre rebelles de gauche, forces gouvernementales et paramilitaires d’État », indique The Guardian.

 

Le président colombien de l’époque, Juan Manuel Santos, a reçu le prix Nobel de la paix pour avoir négocié le traité, le premier projet ayant été rejeté par les électeurs colombiens dans un référendum. Une version révisée de l’accord a ensuite été approuvée par le Sénat, mettant officiellement fin à l’insurrection.

 

Pourquoi les Farc veulent-ils reprendre les armes ?

L’ancien commandant des Farc Marquez affirme que l’actuel président colombien, Ivan Duque, n’a pas réussi à arrêter le massacre des militants de gauche et des rebelles depuis la signature de l’accord de paix.

 

« En deux ans, plus de 500 dirigeants sociaux ont été tués et 150 guérilleros sont morts dans l’indifférence et l’indolence de l’État », a déclaré Marquez dans la vidéo YouTube. « C’est la poursuite de la lutte des rebelles en réponse à la trahison de l’état des accords de paix de La Havane. Nous n’avons jamais été battus ou vaincus idéologiquement, alors la lutte continue ».

 

Il a ajouté : « Lorsque nous avons signé l’accord de La Havane, nous l’avons fait avec la conviction qu’il était possible de changer la vie des plus humbles et des démunis.

 

“Mais l’État n’a pas rempli sa plus importante obligation, qui est de garantir la vie de ses citoyens et surtout d’éviter les assassinats à caractère politique”.

 

Bien que Marquez n’ait pas donné d’autres raisons pour la reprise du conflit, le New York Times affirme que le retour à la violence serait la culmination de nombreux facteurs, dont le manque de soutien politique à Washington et Bogota pour l’accord de paix de 2016 depuis l’élection de Donald Trump en 2017, puis celle d’Ivan Duque en 2018 ».

 

« Les deux dirigeants, par leurs actes et leurs omissions, ont compromis les perspectives de succès du pacte », affirme le journal.

 

Est-il donc certain que d’autres effusions de sang vont se produire ?

Dans la nouvelle vidéo, Marquez signale que le groupe poursuivra une stratégie moins impitoyable qu’auparavant et qu’il ne fera que « répondre aux offensives » et « chercher le dialogue ».

 

Néanmoins, le président Duque a réagi à la menace en offrant 882 000 de dollars de récompense pour la « capture de chacun des rebelles » qui figuraient sur les images.

 

« Nous ne sommes pas confrontés à la naissance d’une nouvelle force de guérilla, mais aux menaces criminelles d’une bande de narcoterroristes qui ont l’abri et le soutien de la dictature de Nicolas Maduro (président du Venezuela) », a déploré Duque.

 

« Ne tombons pas dans le piège de ceux qui aujourd’hui ont l’intention de se cacher derrière de faux déguisements idéologiques pour soutenir leurs structures criminelles ».

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