1er trimestre 2022 : l’économie en berne

Avatar de Rédaction LeBrief

Temps de lecture :

La pandémie Covid-19, l’inflation et la sècheresse ont impacté les ménages marocainsIllustration ©

A
A
A
A
A

Le Haut-Commissariat au plan (HCP) a dévoilé vendredi les comptes nationaux du premier trimestre 2022. Il en ressort que la croissance de l’économie nationale se situe à 0,3% et la demande intérieure a affiché un net ralentissement à 0,7%. Aussi, l’épargne nationale s’est située à 25,7% du PIB au lieu de 26,3%. Détails.

«L’arrêté des comptes nationaux du premier trimestre 2022 fait ressortir un net ralentissement de la croissance de l’économie nationale se situant à 0,3% au lieu de 2% durant le même trimestre de l’année précédente», prévient d’emblée le Haut-Commissariat au plan (HCP). Dans le détail, les activités non agricoles ont affiché une augmentation de 2,5% et celles du secteur agricole une baisse de 14,3%. Les statisticiens de l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi soulignent que cette croissance, tirée par la demande intérieure, a été réalisée dans un contexte de forte inflation et d’aggravation du besoin de financement de l’économie nationale.

Lire aussi : Politique monétaire : le statu quo justifié ?

Situation par secteur

Zoom tout d’abord sur le secteur primaire puisque le taux de croissance du Maroc est fortement corrélé à celui de la production agricole. Le HCP a noté que la valeur ajoutée du secteur primaire en volume s’est contractée de 13,9% au premier trimestre 2022, après avoir enregistré un accroissement de 18,7% le même trimestre de l’année précédente. Aussi, la valeur ajoutée de l’agriculture s’est repliée de 14,3% au lieu d’une hausse de 19,4% tandis que celle de la pêche a baissé de 7,3% au lieu d’une hausse de 4,5%.

Le repli concerne aussi le secteur des activités de transformation. La valeur ajoutée du secteur secondaire, en volume, a connu un recul de 0,9% au premier trimestre 2022 au lieu d’une hausse de 1,1% le même trimestre de l’année précédente. Ce repli résulte de la baisse de la valeur ajoutée de l’industrie d’extraction de 4,8% au lieu d’une hausse de 3%, mais aussi de la dépréciation des industries manufacturières de 2,4% au lieu d’une baisse de 0,8%. La casse a été limitée dans la branche du bâtiment et travaux publics avec une progression de 1,8% de la valeur ajoutée au lieu d’une hausse de 5,7% lors du premier trimestre 2021. En revanche, la valeur ajoutée de la branche « Électricité, gaz, eau, assainissement et déchets » s’est bonifiée de 3,7% au lieu de 1,4%.

Concernant la valeur ajoutée du secteur tertiaire, elle a affiché une hausse de 4,4% au cours du premier trimestre 2022 après une baisse de 0,8% durant la même période de l’année précédente. La valeur ajoutée du secteur des services a été marquée par la hausse des activités de l’ »Hébergement et restauration » (+25,3% au lieu d’une forte baisse de 27,9%). Le secteur tertiaire avait le vent en poupe lors des trois premiers mois de l’année 2022 puisque la valeur ajoutée de la branche « Transports et entreposage » a enregistré une hausse de +5,7% au lieu d’un recul de 15,5%. Idem pour les valeurs ajoutées des branches  »Commerce et réparation véhicules » (+5% au lieu de +0,5%), « Services rendus par l’Administration publique générale et la sécurité sociale »  (+4,8% au lieu de +4,5%) et « Services de l’éducation, de la santé et de l’action sociale » (+4% au lieu de +2,3%). Les seuls ralentissements relevés par le HCP concernent les branches « Services financiers et assurances » à +2,1% au lieu de +2,7% et « Services immobiliers » à +1,9% au lieu de +2,5%.

Au total, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu, ainsi, une hausse de 2,5% au lieu d’une baisse de 0,1% le même trimestre de l’année précédente. «Dans ces conditions, et tenant compte de la baisse de 0,2% des impôts sur les produits nets des subventions au lieu d’une hausse de 2,4%, le PIB en volume s’est accru de 0,3% durant le premier trimestre 2022 au lieu de 2% l’année précédente», conclut le HCP.

Lire aussi : Secteur tertiaire : stagnation de l’activité et hausse des prix

Autres points saillants

  • Inflation galopante : aux prix courants, le PIB a connu une hausse de 4,3% au lieu de 3,7% une année auparavant, dégageant ainsi une augmentation du niveau général des prix de 4% au lieu de 1,7%, estime le HCP.
  • Fort recul de la demande intérieure : cette dernière est passée de 6,8% durant le même trimestre de l’année précédente à 0,7%, contribuant ainsi pour 0,8 point à la croissance économique nationale au lieu de 6,8 points.
  • Contribution négative des échanges extérieurs : les importations et exportations de biens et services ont dégagé une contribution négative à la croissance, se situant à 0,5 point au lieu d’une contribution négative de 4,8 points durant le premier trimestre 2021.

Lire aussi : 2021 : le HCP publie l’arrêté des comptes provisoires

Enfin, faut-il le souligner, le besoin en financement s’est aggravé lors du premier trimestre 2022 passant de 1,2% du PIB à 4,1%. «Avec une augmentation, aux prix courants, de 4,3% du PIB au lieu de 3,7% au premier trimestre de l’année passée et un net ralentissement à 4,6% du taux d’accroissement des revenus nets reçus du reste du monde au lieu de 50,2%, la croissance du revenu national brut disponible a connu un ralentissement passant de 5,8% la même période de l’année écoulée à 4,3% au premier trimestre 2022», ajoute le HCP. Enfin, compte tenu de l’accroissement de 5,1% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 8,2% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 25,7% du PIB au lieu de 26,3%. L’arrêté des comptes nationaux au premier trimestre nous renseigne sur la conjoncture économique des trois premiers mois de l’année. Avec l’inflation galopante, les consommateurs s’endettent de plus en plus et risquent de se retrouver en fâcheuse posture lors des prochains mois. À suivre…

Dernier articles
Les articles les plus lu
Transport maritime : le Maroc propulse la croissance internationale de Balearia

Economie - En 2025, le Maroc devient le marché clé pour Balearia, boostant son expansion internationale. Découvrez les enjeux et perspectives.

Mouna Aghlal - 26 février 2026
Marché obligataire : le Maroc renforce ses avoirs en bons du Trésor américains, 4,1 milliards de dollars à fin 2025

Économie - Le Maroc a porté ses avoirs en bons du Trésor américains à 4,1 milliards de dollars fin 2025 (+28%).

El Mehdi El Azhary - 26 février 2026
Investissements et projets stratégiques : le secteur énergétique marocain en pleine redéfinition en 2026

Économie - En 2026, le Maroc accélère la transformation de son secteur énergétique à travers de grands projets dans le gaz, les renouvelables, l’hydrogène vert et l’industrie des batteries, selon une plateforme spécialisée.

El Mehdi El Azhary - 26 février 2026
Déclarations fiscales annuelles : plusieurs catégories de contribuables ont jusqu’au 2 mars

Économie - La Direction générale des impôts rappelle que le 2 mars est la date limite de dépôt de plusieurs déclarations fiscales annuelles via SIMPL-IR.

El Mehdi El Azhary - 25 février 2026
GITEX AFRICA Morocco 2026 du 7 au 9 avril à Marrakech

Économie - Marrakech s’apprête à accueillir en avril 2026 la quatrième édition GITEX AFRICA. Intelligence artificielle, coopération arabo-africaine et souveraineté numérique seront au centre des débats et des annonces stratégiques.

Ilyasse Rhamir - 25 février 2026
Forsa : 28 février, dernier délai des demandes de report des prêts d’honneur

Économie – Le ministère rappelle aux bénéficiaires la date limite du 28 février pour demander le report d'un an des prêts d’honneur.

Mouna Aghlal - 24 février 2026
Voir plus
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
BTP : le Maroc bétonne ses règles

Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !

Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Régions : qui profite vraiment du Maroc des grands chantiers ?

Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…

Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire