HCP : l’économie nationale résiste en 2022

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HCP : très légère baisse de l'IPPIEM en aoûtSiège du Haut-Commissariat au plan © DR

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Le Haut-Commissariat au plan (HCP) vient de publier une note de conjoncture assez fournie avec un triple exercice : l’observation des principaux indicateurs économiques pour le 4e trimestre 2021, l’estimation pour le 1er trimestre 2022 et la prévision pour le 2e trimestre 2022. À la lecture de ces indicateurs, une idée générale se dégage par rapport à l’évolution de l’économie nationale.

La note de conjoncture trimestrielle publiée par le Haut-Commissariat au plan (HCP) ce mardi est intéressante à plus d’un titre. Tout d’abord, elle met au diapason l’évolution de l’économie nationale même si pour les deux premiers trimestres de l’année 2022 ce ne sont que des estimations et des prévisions. Et puis, cette note démontre comment l’économie marocaine réagit face aux différents aléas (météorologiques, conjoncture internationale…). De façon générale, l’économie nationale a été résiliente. Elle aurait progressé de 1,2% au premier trimestre 2022, sous l’effet d’une hausse de 3,3% de la valeur ajoutée hors agriculture et d’un repli de 12,1% des activités agricoles. Au deuxième trimestre 2022, la croissance de l’économie nationale se situerait à 1,8%.

Lire aussi :HCP : hausse des indicateurs du commerce extérieur en 2021

Casse limitée au premier trimestre 2022

Les trois premiers mois de l’année 2022 auraient été difficiles. Selon les statisticiens du HCP, l’activité économique aurait affiché une progression de 1,2% à cause de l’activité agricole qui a pâti du manque de précipitation. L’activité économique a ététirée principalement par un accroissement de 3,3% de la valeur ajoutée hors agriculture. C’est le secteur des services et notamment le tourisme qui aurait sauvé la mise. «Les branches tertiaires, qui auraient continué de profiter d’un effet d’ajustement de base favorable, auraient contribué pour +1,9 point à l’évolution du PIB, portées par la poursuite du rétablissement des activités touristiques», note le HCP. En variation annuelle, la valeur ajoutée de l’hébergement et de la restauration aurait augmenté de 53,4%, au premier trimestre 2022, dans le sillage de l’amélioration de la situation épidémiologique au Maroc et de la réouverture des frontières aériennes à partir du 7 février 2022, poursuit le HCP.

Pour ce qui est de l’industrie, la croissance se serait légèrement accélérée, portant sa contribution à la croissance globale du PIB à +0,5 point (+0,4 lors du T1-2021). Si la valeur ajoutée minière aurait reculé de 4,2%, l’activité des industries manufacturières aurait poursuivi sa reprise au rythme de 2,7% au premier trimestre 2022, au lieu de 1,6% pendant la même période de 2021. On peut dire que le secteur secondaire s’en sort plutôt bien au vu de la hausse générale des coûts (matières premières, transport…). Et c’est le textile et la métallurgie qui ont tiré le secteur vers le haut alors que les industries chimiquesauraient connu une réduction de 2,2% de leur valeur ajoutée. Normal quand on sait queles quantités exportées de dérivés de phosphates ont diminué. Fort heureusement, cette diminution a été largement compensée par la hausse de leur prix de vente à l’export.

Autre bonne nouvelle, le volume des exportations nationales de biens et services aurait affiché une croissance de 5,6% au premier trimestre 2022. Hors phosphates et dérivés, les exportations auraient augmenté de +19,3%, profitant du redressement des ventes extérieures de l’industrie aéronautique de 61,5 % au lieu de -17,3% au premier trimestre 2021, et des ventes du secteur de textile qui auraient affiché une augmentation de 28,2% au cours de la même période. Mais attention à la hausse de la valeur des importations. Cette dernière aurait accentué le déficit de la balance commerciale des biens et engendré un repli de 3,5 points du taux de couverture des importations par les exportations au premier trimestre 2022, par rapport à la même période de 2021.

Lire aussi :Le HCP dévoile le budget économique prévisionnel de l’année 2022

Incertitude pour ledeuxième trimestre

Pour le HCP, le comportement de l’activité économique au Maroc au T2-2022, dépendra de l’évolution de l’économie mondiale. L’institutions’inquiète dela situation épidémiologique notamment en Chine ainsi que des répercussions du conflit russo-ukrainien, sans oublierle renchérissement des cours des matières premières et les perturbations que connaissent les chaines d’approvisionnement mondiales. Ainsi,«la demande étrangère adressée à l’économie nationale afficherait une hausse de 3,1% au deuxième trimestre 2022, en variation annuelle, au lieu de 20,7% au cours de la même période de l’année passée», prévoitle HCP qui table sur une légère accélération de la demande intérieure. Cette dernière contribuant de 3,3 points à la croissance économique globale. L’institution dirigée par Ahmed Lahlimi compte sur la poursuite de l’affermissement des dépenses publiques, alors que les dépenses des ménages resteraient affectées par le maintien des fortes pressions inflationnistes.

Lire aussi :Note spéciale du HCP : la pression inflationniste confirmée

Quantau pivot de l’économie nationale, l’année 2022 est à oublier. Pour le deuxième trimestre, le HCPprédit une baisse de 12,9% de la valeur ajoutée agricole tandis que la valeur ajoutée hors agriculture afficherait un accroissement de 4,1%. Encore fois, ce sont les branches tertiaires qui performeraient avec unecontribution à la croissance économique globale de +2,4 points. Le secteur secondaire croîtraitde 2,8% grâce à un redressement des activités minières.

Lire aussi :Moral des Marocains : le bilan sombre du quatrième trimestre 2021 (HCP)

1,2% de croissance estimé au premier trimestre 2022,1,8% de croissance projeté pour le deuxième trimestre. Les chiffres estimés ou projetés du HCP sont à prendre avec des pincettes en attendant qu’ils soient réellement comptabilisés. Ceci étant, la variation à la hausse ou à la baisse ne dépasse guère les deux décimales. A suivre…

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