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Banques : Les crédits malsains polluent les bilans

Les créances en souffrance dans les portefeuilles des banques atteignent 68 milliards de DH. Ce chiffre a beaucoup augmenté ces dernières années à cause de la détérioration de la conjoncture. Mais, Bank Al-Maghrib et Fitch se disputent sur le niveau des créances en souffrance. L’agence de notation estime que les banques minorent le poids des impayés dans leur bilan.

Par J.R.Y, Publié le 15/07/2019, mis à jour le 30/12/2019
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Les banques portent au bilan 68 milliards de DH de créances en souffrance. Cela représente 7,8 % de l’encours des prêts. Pour Fitch, ces chiffres ne reflèteraient pas la réalité. Les pratiques de provisionnement sous-estiment l’ampleur des mauvaises créances dans les bilans avaient dénoncé les analystes de l’agence de notation financière. Ces déclarations avaient suscité le courroux de la Banque centrale qui avait exigé des explications auprès de l’agence de notation. Bank Al-Maghrib lui reproche de fonder son analyse sur des données qui ne seraient pas fiables.

 

Jusqu’aujourd’hui, Fitch maintient sa position sur le sujet en faisant une nuance entre les banques à capitaux marocains et les filiales des groupes françaises. Celles-ci ont des politiques de provisionnement plus rigoureuses parce qu’elles sont calquées sur celles de leur maison mère. Toujours est-il que les règles de provisionnement des créances vont connaître de profonds changements à court terme.

 

Une augmentation significative des défauts de paiement des sociétés

Les impayés des entreprises totalisent 39 milliards de DH. Leur augmentation ces dernières années est la conséquence du ralentissement de l’activité économique et de la dégradation des délais de paiement. Avec une trésorerie sous pression, beaucoup d’entreprises ont du mal à honorer les échéances de fin de mois. Cela concerne aussi bien les crédits bancaires que les salaires dans certains cas. Les entreprises opérant dans les secteurs comme la construction ou l’immobilier donnent plus de migraine aux banquiers que d’autres. La détérioration du risque dans ces branches d’activité amène les banques à resserrer le robinet du crédit ou bien à relever la prime de risque. Les acteurs les moins vulnérables en font aussi les frais.

 

Ce qui change aujourd’hui aussi, c’est que le resserrement de la réglementation bancaire pousse les banques à être plus sélectives. Depuis le 1er janvier 2018, elles doivent aussi provisionner les crédits sains. C’est un changement total de philosophie qui ne sera pas neutre sur les conditions d’octroi. Évidemment, il y aura une prime pour les entreprises les mieux notées alors que celles qui sont davantage porteuses de risques devront supporter un surcoût non négligeable. Aujourd’hui, l’hôtellerie, les industries manufacturières et le Commerce composent le podium des secteurs dans lesquels la sinistralité est forte. Le taux d’impayé dépasse 20 % dans l’hôtellerie par exemple et 15 % dans les industries manufacturières.

 

Quid des ménages ?

Pour beaucoup de ménages, la gymnastique pour boucler les fins de mois est devenue structurelle. Cela impacte le remboursement des traites. C’est le signe d’une conjoncture peu propice. Les difficultés des entreprises rattrapent tôt ou tard les ménages. Par ailleurs, la facilité d’accès au crédit notamment pour l’achat de biens de consommation entraine des dépenses impulsives qui sont difficilement remboursables par la suite.

 

Les impayés des ménages dépassent 28 milliards de DH. Ils ont augmenté de près de 3 milliards de DH depuis le début de l’année. Les crédits à l’habitat se remboursent mieux que les crédits à la consommation. Avec le premier, le risque est de se voir déposséder de sa maison en cas d’accumulations des impayés et se retrouver à la rue, ce qu’aucune famille ne souhaite. 

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