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Crise algérienne : origine et perspectives

Ce vendredi 12 juillet, des dizaines de milliers de militants sont encore une fois attendues dans les rues d’Algérie. Depuis février dernier, la contestation populaire a réussi le 2 avril 2019 à renverser le président Abdelaziz Bouteflika.

Par Nora Jaafar, Publié le 12/07/2019, mis à jour le 30/12/2019
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La mobilisation des Algériens se poursuit encore et ne se contente plus de la démission de Bouteflika ni des arrestations des hommes d’affaires, des ex-ministres et des généraux qui sont restés fidèles au président déchu.

 

Vendredi dernier, les manifestants ont catégoriquement refusé l’« instance de dialogue » proposée par le président par intérim, Abdelkader Bensalah, après le report de la présidentielle prévue le 4 juillet. Ils exigent le départ de tout le « régime », qui se compose d’une alliance entre le FLN et les militaires qui dirigent le pays depuis l’indépendance de 1962.

 

Les foudres des citoyens s’abattent désormais sur le général Ahmed Gaïd Salah, chef de l’armée accusé d’orchestrer la transition pour la manipuler en sa faveur.

 

Le mouvement populaire 

Depuis le 22 février, les Algériens descendent dans les rues de leur pays réclamant la destitution du « régime militaire » et le rétablissement de la démocratie. Cette colère a été provoquée par la présentation du président Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat. Le peuple a usé d’une arme à la fois simple et efficace : la lutte pacifique.

 

Les manifestants ont rejeté les porte-parole autoproclamés, qui ont tenté de les amadouer sur les réseaux sociaux.

 

Malgré ses nombreuses tentatives, le général Gaïd Salah n’a pas réussi à diviser ni à contrôler le mouvement protestataire. Il a interdit le drapeau berbère dans les défilés le 18 juin dernier. Les manifestants ont répondu en scandant : « Kabyles, Arabes, frères ».

 

Ces dix derniers jours, la répression a connu une escalade vertigineuse. Une quarantaine de manifestants ont été arrêtés à Alger et inculpés pour « atteinte à l’unité nationale ».

 

Les solutions proposées 

Pour l’organisation d’une présidentielle « dans les plus brefs délais », les islamistes modérés, les anciens ministres et les micro-partis proches du pouvoir se sont ralliés, le samedi 6 juillet, pour mettre en place l'éventuelle feuille de route militaire à suivre. 

 

La direction de l’Assemblée nationale a ainsi été offerte, ce mercredi, à Slimane Chenine, chef d’un parti islamiste. Mais cette nomination est boycottée par les poids lourds politiques et rejetée par le mouvement populaire.

 

En effet, le pôle démocratique, soutenu par les partis historiques d’opposition (FFS, RCD et PT), propose une période de transition et l’élection d’une assemblée avant la présidentielle.

 

Toutefois, les représentants de ce pôle peinent à prendre la tête du mouvement populaire et sont dans la ligne de mire de l’armée.

 

Où en est la crise algérienne aujourd’hui ? 

Initiateurs de la contestation et soutenus par la majorité parce qu’ils sont « apolitiques », les étudiants et les avocats sont aujourd’hui les principaux dirigeants de la lutte pour un « État civil et non militaire ».

 

Les magistrats, qui avaient refusé en mars dernier de condamner des manifestants ou de superviser la présidentielle, se sont également ralliés à leur cause.

 

Alors que le mandat du chef d’État par intérim, Ahmed Bensalalh, successeur de Bouteflika, est arrivé à terme, un vide juridique est en train de se développer dans le pays. Un vide qui fait face à une hiérarchie militaire plus désespérée que jamais à garder le pouvoir ainsi qu’à des millions de manifestants frustrés et en colère. Le champ politique algérien ne dispose plus d’intermédiaires ni de partis politiques représentatifs crédibles susceptibles de négocier un compromis acceptable.

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