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Maroc-Espagne : vers une réouverture du Gazoduc Maghreb-Europe ?

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Fermé depuis le 31 octobre dernier sur décision de l’Algérie, le gazoduc Maghreb-Europe pourrait reprendre du service, selon la presse ibérique. L’Espagne et le Maroc auraient d’ores et déjà trouvé un accord pour acheminer du gaz naturel liquéfié via le GME.

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Fermé par l’Algérie depuis le 31 octobre dernier en raison de la crise diplomatique avecle Maroc, le Gazoduc Maghreb-Europe (GME), qui transite d’Alger vers l’Espagne en passant par le royaume, pourrait reprendre du service, si l’on en croit des informations rapportées par le quotidien espagnol La Razon. Madrid et Rabat «seraient parvenusà un accord pour réutiliser le GME», ont affirmé des sources officielles auprès dujournal espagnol.

Le gaz qui sera acheminé ne proviendra pasd’Algérie, mais concernera du gaz naturel liquéfié (GNL) acheté par le Maroc sur les marchés internationaux. «En toute transparence, le Maroc pourra acquérir du GNL sur les marchés internationaux, le décharger dans l’une des usines de regazéification en Espagne, et utiliser le GME pour le transfert du produit vers le territoire marocain», précise le média ibérique.

L’acheminement du gaz de l’Espagne vers le Maroc nécessiterait «une adaptation technique mineure», souligneLa Razon,ajoutant qu’un accord entre l’opérateur gazier espagnol Enagas et l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) sera nécessaire pour «établir les règles d’exploitation technique du gazoduc».

L’Espagne compte six installations de regazéification du GNL. L’arrivée du gaz au Maroc permettra le redémarrage des centrales à cycle combiné de Tahaddart (dans la région de Tanger) et d’Ain Beni Mathar (à Oujda, dans l’est du pays), selon La Razon. Toutes deux couvrent environ 10% de la production électrique marocaine et sont respectivement gérées par les firmes espagnoles Endesa (elle détient 20% de Tahaddart) et Abengoa.

La réutilisation du GME avait déjà été mis sur la table le 30 novembre dernier par la société britannique Sound Energy, qui avait alors annoncé avoir«conclu un accord de vente et d’achat de gaz»avec l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE), afin d’acheminer du gaz de la concession gazière de Tendrara, propriété de Sound Energy,vers les centrales de l’ONEEpendant une période de dix ans.

Des discussions de longue date

Cet accord va dans le sens de l’annonce faite par le gouvernement espagnol le 2 février dernier, qui avait alors déclaré qu’il aiderait Rabat à garantir sa sécurité énergétique en lui permettant d’acheminer du gaz à travers le GME. «Le Maroc a demandé un soutien pour garantir sa sécurité énergétique sur la base de nos relations commerciales, et l’Espagne y a répondu favorablement comme elle l’aurait fait pour tout partenaire ou tout voisin», avait alors indiqué le ministère espagnol de la Transition écologique via un communiqué relayé par l’AFP.

«Le Maroc pourra acquérir du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux, le faire livrer dans une usine de regazéification de l’Espagne péninsulaire et utiliser le gazoduc du Maghreb (GME) pour l’acheminer vers son territoire», avait précisé le ministère, sans donner plus de précisions sur le calendrier ou les volumes de gaz concernés. Une annonce qui a suscité, selon des médias à Madrid, la colère des responsables algériens.

Avant même la décision d’Alger de fermer le robinet du GME en octobre, un haut responsable marocain, ayant alors requis l’anonymat, avait confié Reuters que Rabat était en discussion avec Madrid sur la possibilité d’inverser le flux du gazoduc. «Pour le Maroc, l’oléoduc est davantage un outil de coopération régionale et nous ne le laisserons pas rouiller», avait-il ajouté, précisant que le GNL acheté par le Maroc «ne fera pas concurrence à l’approvisionnement en gaz espagnol» et qu’il «s’agira d’un achat supplémentaire commandé par le Maroc, qui paiera le coût du transit par les terminaux espagnols».

Lire aussi :Fermeture du Gazoduc Maghreb-Europe : «le Maroc dispose de plusieurs alternatives»

Le GMEest un gazoduc international, qui part du gisementalgérienHassi R’Melet rejointCordoueenEspagnevia leMarocet ledétroit de Gibraltar. Le 31 octobre 2021, l’Algérie avait officiellement décidé de ne pas renouveler le contrat du gazoduc Maghreb-Europe. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait alors justifié cet acte comme une réponse aux «pratiques à caractère hostile» du Maroc selon la diplomatie algérienne.

Depuis la fermeture du gazoduc, l’Algérie subirait de lourdes pertes financières, selon des informations rapportées lundi par l’agence de presse fédérale russe RIA FAN. Selon la même source, Madrid reprocherait à Alger de ne pas avoir respecté sa promesse de lui fournir du gaz en quantités suffisantes suite à la fermeture du GME.

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