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Le chantier d’égalité des genres écarté du PLF 2022

L’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a suivi de très près le débat au Parlement sur le projet de loi de Finances (PLF) 2022 et sur les projets de budgets sectoriels. Des textes qui n’ont pas alloué de budget à l’activation des principes de l’égalité des genres ni à l’autonomisation des femmes, regrette l'ADFM. Khadija Errebbah, membre fondatrice de l’association revient pour LeBrief sur ces lacunes et les recommandations de l’ADFM pour y remédier.

Par Nora Jaafar, Publié le 23/11/2021 à 13:30, mis à jour le 23/11/2021 à 15:10
         Temps de lecture 5 min.
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ADFM : le chantier d’égalité des genres écarté du PLF 2022

L’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) soulève plusieurs lacunes au niveau du projet de loi de Finances (PLF) 2022 et des projets de budgets sectoriels. Selon l'association, ces textes ne consacrent pas de budget à l’activation des principes de l’égalité ni à l’autonomisation de la femme. Dans un communiqué de presse, l’ADFM déplore ainsi le faible accès des femmes aux droits économiques et sociaux fondamentaux. L’association cite aussi une récente note du Haut-Commissariat au Plan (HCP), qui souligne que le taux de chômage des femmes a augmenté plus que celui des hommes, passant de 11,1 % à 15,9 % entre le deuxième trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2021, contre une hausse de 7,2 à 11,9% chez les hommes au cours de cette même période.

Lire aussi : Le PLF 2022 atterrit à la Chambre des conseillers

Khadija Errebbah, membre fondatrice de l’ADFM, a expliqué à notre rédaction que «malgré l’arrivée d’un nouveau gouvernement, il y a un manque, voire-même une absence, d’échanges sur l’amélioration de la situation des catégories pauvres et vulnérables de la société, notamment celle des femmes. Une situation qui a été aggravée par la crise de la Covid-19». Notre interlocutrice a souligné que «le taux de chômage croissant des femmes doit alerter l’exécutif sur l’urgence de mettre en place de nouveaux dispositifs pour assurer l’autonomisation économique de cette catégorie de citoyens». Elle affirme que «le programme gouvernemental actuel ne comporte qu’un petit chapitre sur ce sujet, mais qu’il ne fait aucunement allusion aux outils, au budget prévisionnel, ni aux programmes à adopter pour offrir davantage d’opportunités de travail aux femmes, pour lutter contre l’instabilité de leur emploi et contre leur précarité. Aussi, il ne présente pas de priorités ni d’objectifs chiffrés en termes d’autonomisation économique des femmes». Pour Errebbah, afin de protéger les femmes en situation de vulnérabilité, dont celles qui travaillent dans l’informel, des effets de la crise socio-économique actuelle, il est important de revoir «les jalons du développement national».

Lire aussi : Le PLF 2022 adopté à la majorité par la Chambre des représentants

 

Les lacunes enregistrées par l’ADFM

Le communiqué de l’ADFM avance aussi qu’il y a une absence d’approche intégrée de la promotion des droits humains des femmes dans le PLF 2022 ainsi qu’un manque d’indicateurs et de mécanismes clairs pour améliorer l’accès des femmes à un travail décent et à des opportunités de promotions professionnelles. Khadija Errebbah précise pour sa part qu’il y a «un manque criant de référence juridique en termes d’égalité entre les hommes et les femmes dans la réforme fiscale». De plus, poursuit-elle, dans ladite réforme, «la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) des produits, machines et appareils ménagers (tels que réfrigérateurs, congélateurs et lave-vaisselle) a été revue à la hausse. Une augmentation qui, bien qu’elle vise à atténuer les effets du changement climatiques, risque d’affecter fortement les bourses des femmes, surtout les ménagères».

En outre, l’ADFM a constaté que le PLF 2022 n’a pas placé l’autonomisation économique et sociale des femmes «dans le cadre d’une réforme globale du Code de la famille, du régime successoral, de l’accès à la terre et à la propriété, et de la réduction des violences et des discriminations dans les sphères privée et publique et dans l’espace numérique». L’association dénonce également l’absence de fonds et de mesures financières pour améliorer la situation des femmes chefs de famille, des femmes qui ont perdu leur emploi, des travailleuses du secteur informel et des travailleuses agricoles.

 

Les revendications de l’ADFM

«L’ADFM appelle le gouvernement à accélérer le chantier de l’autonomisation économique des femmes, ainsi que celui des réformes budgétaires pour assurer l’effectivité de la budgétisation sensible au genre. L’association exige aussi l’ouverture d’un débat sérieux sur l’accessibilité des femmes à l’emploi, surtout quand on sait que 12% des ménages marocains ont à leur tête une femme», souligne Khadija Errebbah. Pour l’ADFM, il est urgent de combler les écarts existants entre les hommes et les femmes, car ces derniers entravent la réalisation des objectifs de développement durable. L’association appelle aussi à la valorisation du travail reproductif/domestique non marchand et à la reconnaissance de l’étendue de sa contribution au produit intérieur brut (PIB) et aux richesses nationales.

Le communiqué exhorte en plus à fixer des indicateurs clairs et mesurables concernant l’accès des femmes à l’emploi, aux postes contractuels, à la propriété de la terre, aux moyens de production et de l’immobilier, de manière à leur assurer un développement économique intégré et équitable. Il s’agit également de déterminer les mécanismes appropriés pour la généralisation de la couverture sociale pour toutes les femmes, en prenant en considération les travailleuses agricoles, les chefs de famille et les femmes rurales qui vivent dans la précarité et la pauvreté.

Par ailleurs, l’ADFM réclame : «la mise en place d’une réforme fiscale basée sur le genre qui garantit l’égalité homme-femme et la justice sociale, tout en reconnaissant l’impact de la taxe sur les femmes et sur les groupes sociaux vulnérables ; de la transparence dans la gestion du Fonds d’Appui à la Cohésion sociale ; et l’amélioration de l’accès des femmes aux différents postes de décision administrative et leur implication dans la réforme du secteur public et dans la lutte contre les déséquilibres structurels des institutions publiques et de la contractualisation».

Enfin, à Khadija Errebbah de conclure : «Quand on améliore la situation économique d’une femme, cette dernière à son tour contribue à l’amélioration de la situation de sa famille et de son foyer et par extension elle contribue à l’amélioration de la situation de sa communauté et de la société. D’où la nécessité de prioriser les chantiers de l’autonomisation économique de la femme et de la budgétisation sensible au genre, car les impacts socio-économiques de ces derniers pourraient assurer un meilleur développement du Maroc».

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