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Crise des semi-conducteurs : quel impact sur l'industrie automobile marocaine ?

La crise mondiale de semi-conducteurs continue de faire des ravages. Le ralentissement de la production est réel et paralyse une bonne partie des industries. Qu’en est-il du Maroc ? Quel est l’impact de cette crise sur l’industrie automobile ? Décryptage avec Ahmed Darouiche, expert dans le secteur automobile.

Par Mohamed Laabi, Publié le 19/11/2021 à 16:20, mis à jour le 19/11/2021 à 18:10
         Temps de lecture 3 min.
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La crise des semi-conducteurs à impacté l'industrie automobile marocaine

La production mondiale de voitures, d'ordinateurs, de consoles et de smartphones est au ralenti depuis plus d’un an en raison de la pénurie de semi-conducteurs. Ce matériau qui a pour spécificité d’être plus ou moins conducteur du courant électrique est essentiellement produit dans quelques pays dans le monde dont la Chine, Taiwan mais aussi les Etats-Unis et les Pays-Bas. 

Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, juge que la crise de semi-conducteurs ne disparaîtra pas avant “plusieurs trimestres”. De son côté, le cabinet AlixPartners affirme que ces pénuries pourraient empêcher la production de 7,7 millions de véhicules dans le monde en 2021, soit un manque à gagner de 180 milliards d’euros.

Face à cette problématique, l’Europe ne compte pas rester les bras croisés. La Commission européenne a ouvert la porte aux aides d’État pour le développement de la production de semi-conducteurs sur le Vieux continent. Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne, estime qu’il y a un réel besoin pour le lancement d’une production européenne de microprocesseurs. L’idée est donc abordée au sein de l’instance européenne, mais aucune signature de contrats entre les pays de l’UE n’a été effectuée pour le moment.

 

L’industrie automobile impactée

 

Comme partout dans le monde, les répercussions de cette pénurie ont touché également le Maroc. Joint par LeBrief, Ahmed Darouiche, expert du secteur automobile, nous a livré quelques informations sur l’étendue de l’impact de cette pénurie sur l’industrie automobile au Maroc. «Il y a un fait très parlant. En août dernier, Renault s’est fait dépasser en termes de ventes par Hyundai. Cela ne s’était plus produit depuis une quinzaine d’années. Voir Hyundai devant Renault au classement a été un choc pour tous et un symbole de la crise de semi-conducteurs», précise Darouiche. Il explique que Hyundai avait à ce moment-là reçu une cargaison de voitures à livrer, alors que Renault était en rupture de stock.

AIVAM

Ahmed Darouiche note que la demande est importante au Maroc, mais que la production ne suit pas. «Les constructeurs livrent immédiatement leurs arrivages puisque la demande est là. La prévente gagne aussi de plus en plus de terrain», souligne-t-il.

Il ajoute qu’une guerre mondiale s’est installée entre la Chine et les États-Unis. «Pour montrer leur suprématie, ces pays font ce que l’on appelle du Soft-Power. Le monde est aujourd’hui dépendant de la Chine, car si les pays souhaitent produire eux-mêmes des composants électroniques, non seulement, ils ne seront pas compétitifs, mais ils perdront beaucoup de temps et d’argent», souligne notre expert.

Lire aussi : Marché automobile : la pénurie des semi-conducteurs inquiète

Ahmed Darouiche souligne également que l’automobile n’est pas la priorité en termes de livraisons des semi-conducteurs dans le monde. «La priorité est accordée aux constructeurs de téléphones mobiles, de télévisions (Smart TV) et d’électroménagers. L’automobile vient seulement en 4e position», indique notre intervenant.

Enfin, Darouiche estime qu’une reprise normale de la production n’est pas d’actualité. «Je pense que ça durera au moins jusqu’à l’été 2022 parce qu’il n’y a pas que la crise de semi-conducteurs. Il y a aussi la crise des composants électroniques qui deviennent de plus en plus chers. A cause de la Covid-19, le coût des matières premières tels que l’acier ou l’aluminium a nettement flambé au niveau mondial. Cela aura un impact retentissant sur la production normale des usines», conclut notre intervenant.

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