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COP26 : la montagne a-t-elle accouché d'une souris ?

La 26e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) a pris fin samedi 13 novembre. Lors de ce sommet de deux semaines, le Maroc a une nouvelle fois confirmé sa détermination pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour les leaders africains, les travaux de cette COP26 n’ont pas répondu à leurs attentes, surtout en termes de financement. De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a estimé que les différentes mesures convenues lors de ce sommet restent insuffisantes pour lutter contre les effets du changement du climat.

Par Nora Jaafar, Publié le 15/11/2021 à 13:14, mis à jour le 15/11/2021 à 17:00
         Temps de lecture 8 min.
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COP 26 : la déception des pays africains

Les travaux de la 26e Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP26) ont débouché sur «des mesures bienvenues, mais insuffisantes». C'est en ces termes qu'Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies (ONU), a qualifié la COP26, une COP qui était pourtant celle de tous les espoirs. En tout cas, lors de ce sommet de haut niveau, le Maroc a une nouvelle fois brillé par ses engagements. Il a assuré sa volonté de contribuer à l’amélioration du climat et a présenté les deux objectifs de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN). Il s’agit d’un objectif inconditionnel qui consiste à atténuer de 18,3% en 2030 les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays et d’un autre, conditionnel, qui vise une réduction de 45,5% en 2030. Pour cela, le Royaume a mobilisé un budget de 40 milliards de dollars, nécessaires à la réalisation de ses ambitions climatiques.

Lire aussi : COP26 : Aziz Akhannouch met en exergue les réalisations du Maroc

 

Les engagements du Maroc lors de la COP26

Au cours des travaux du sommet sur le climat, le Royaume s’est engagé en faveur de transports moins polluants. Il a approuvé trois initiatives visant à contrôler les émissions de ce secteur, qui représente près de 30% des émissions mondiales de CO2.

Aviation :

Avec 18 autres pays, le Royaume a ainsi signé, le 10 novembre, une déclaration commune qui a pour objectif la promotion des investissements et de la recherche dans les carburants durables d’aviation. Ce premier texte, paraphé par la direction générale de l’aviation civile, relevant du ministère des Transports, vise à «promouvoir le développement et le déploiement, par le biais de mesures internationales et nationales, de nouvelles technologies aéronautiques innovantes à faible et zéro carbone qui peuvent réduire les émissions de CO2 de l’aviation». La Royal Air Maroc ainsi que 295 autres compagnies aériennes se sont déjà engagées à atteindre zéro émission carbone d’ici 2050. Un objectif difficile à atteindre, et qui devrait reposer sur le recours à un carburant d’aviation plus durable, notamment à base d’huiles végétales ou de plantes, ou à des avions à motorisation alternative (électrique ou hydrogène).

Selon l’International Council on Clean Transportation (ICCT), 785 millions de tonnes de CO2 ont été émises en 2019 par le transport de passagers par des avions commerciaux, soit une hausse de 192 millions de tonnes de CO2 par rapport à 2013.
 

Transport maritime :

En termes de transport maritime, le Maroc a signé la déclaration de Clydebank, qui regroupe jusqu’à présent 22 pays signataires, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Danemark, le Canada et le Royaume-Uni. Il est le seul pays africain à avoir acté cette initiative. Cette dernière vise la réalisation d’«au moins six corridors verts d’ici le milieu de cette décennie». Elle cherche aussi à soutenir les routes maritimes à zéro émission à travers la mise en place de partenariats entre les ports et les opérateurs ainsi que l’accélération de la décarbonisation du secteur et de son approvisionnement en carburant durable.

D’après TelQuel, une étude de l’Organisation maritime internationale remontant à août 2020 a révélé que les émissions du transport maritime «représentaient 2,89% des émissions mondiales de CO2 en 2018, contre 2,76% en 2012», soit près d’un milliard de tonnes de CO2.
 

Automobile :

La troisième initiative approuvée "partiellement" par le Royaume lors de cette COP26 porte sur le volet automobile. Le pays ne s’est en effet engagé que sur l’un des points de ce texte, soulignant qu’il multiplie ses efforts pour accélérer l’adoption de véhicules à zéro émission. Une trentaine de pays et une dizaine de constructeurs automobiles ont aussi signé cet accord afin de mettre progressivement fin à la production de véhicules thermiques dans le monde d’ici 2040. Cependant, la Chine, les États-Unis, la France, l’Allemagne et la Corée du Sud, qui représentent les plus grands pays de production mondiale d’automobile, n’ont pas apposé leur signature. Ces derniers ont d’ailleurs été appelés à revoir leur position afin de renforcer la collaboration et l’offre de soutien international «pour faciliter une transition mondiale, équitable et juste».

Lire aussi : COP26 : le sommet de la dernière chance

 

Le Maroc, un bon élève

Lors de la première semaine de la COP26, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement, a précisé que le Maroc s’est engagé depuis plusieurs années dans une dynamique de transition énergétique, qui comprend, entre autres, le plan solaire, le programme intégré éolien et la Stratégie nationale de développement durable (SNDD). Pour réussir cette transition, qui concerne tous les secteurs et tous les départements du pays, le Royaume s’est doté d’infrastructures de recherche et d’innovation à la pointe de la technologie dans le domaine des énergies propres, a expliqué Akhannouch.

La ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a pour sa part avancé que le Maroc ambitionne de se positionner comme «une base industrielle sobre en carbone et circulaire». Elle a indiqué que le pays vise à «assurer une transition vers une économie verte d’ici 2030 à travers une myriade de réformes politiques, institutionnelles, règlementaires et financières». Au cours des dix prochaines années, le Maroc ambitionne de faciliter les financements destinés au développement des énergies renouvelables et d’améliorer l’efficacité énergétique, la gestion durable des déchets et la résilience face aux impacts des changements climatiques. «J’aime penser que nous arriverons à faire cela en impulsant un choc de compétitivité dans certains secteurs stratégiques (...), mais également en réduisant le coût de la facture énergétique marocaine pour les ménages, les industriels, les services et tout le tissu économique marocain», a précisé la ministre à la MAP, en marge de la COP26.

Lire aussi : COP26 : ce qu’il faut retenir de la première semaine

 

Grande déception des pays africains

Pour les pays africains, le Pacte de Glasgow pour le climat, adopté ce samedi, n’a pas été à la hauteur de leurs attentes. En effet, des engagements importants sur l’élimination progressive des centrales à charbon ont été retirés du texte final. L’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde et d’autres pays ont plaidé avec succès en faveur d’un engagement plus souple et d’un calendrier plus long pour «la réduction progressive des centrales à charbon». Un engagement moins important que prévu, et qui ne rassure pas les pays d’Afrique. Ces derniers ont d’ailleurs rappelé que bien que leur continent ne soit responsable que de 4% des émissions mondiales de CO2, il est parmi les principales victimes de leurs effets négatifs (avancée du désert, sécheresse, économie côtière menacée, pays insulaires risquant la disparition de leurs zones terrestres par la remontée des eaux).

Aussi, les leaders africains ont déploré le report une nouvelle fois de la mobilisation des 100 milliards de dollars promis en 2015 par les pays développés pour financer la lutte contre la détérioration du climat dans les pays les plus pauvres. Ils ont également dénoncé le refus des États-Unis, de l’Union européenne et d’autres nations riches, de la mise en place d’un nouveau fonds de compensation pour les nations vulnérables à la détérioration du climat. La Guinée a en plus exprimé son «extrême déception» face à la décision de ne lancer qu’un «dialogue» annuel pour discuter des «dispositions relatives au financement des activités visant à éviter, minimiser et traiter les pertes et les dommages» induits par le réchauffement climatique.

Par ailleurs, les petites nations insulaires de faible altitude qui craignent de perdre une grande partie de leurs territoires en raison de l’élévation du niveau de la mer, dont les îles Marshall, Fidji et l’Antigua-et-Barbuda, se sont dites mécontentes que le fonds de soutien qu’elles avaient réclamé n’ait pas été créé.

Lire aussi : COP26 : pour les Africains, le compte n'y est pas

 

«Des mesures bienvenues, mais insuffisantes»

Pour le secrétaire général (SG) des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, les mesures et les engagements convenus lors de la COP26 étaient «bienvenus, mais insuffisants». Il a indiqué que «notre planète fragile ne tient qu’à un fil et que la catastrophe climatique frappe toujours à notre porte». Pour lui, les textes adoptés ne sont qu’un compromis et ne font que refléter «les intérêts, la situation, les contradictions et l’état de la volonté politique actuelle dans le monde». Une volonté politique collective, qui selon lui, reste «insuffisante pour surmonter les profondes contradictions existantes». Le SG de l’ONU a souligné que «la priorité absolue doit être une réduction rapide, profonde et durable des émissions au cours de cette décennie», déplorant qu’en dépit de «la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national, les émissions continueront d’augmenter (...) ce qui nous mènera clairement à un niveau bien supérieur à 2 degrés d’ici la fin du siècle». Antonio Guterres a enfin appelé à déclencher le mode «urgence» pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, à savoir «contenir le réchauffement “ bien en deçà ” de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, voir atteindre l’objectif idéal de +1,5°C».

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